Maisons de retraite : l'avenir financier d'Orpea suspendu à ses créanciers

Le groupe Orpea doit trouver une solution d'ici la mi-février pour assurer son avenir financier.
Le groupe Orpea doit trouver une solution d'ici la mi-février pour assurer son avenir financier. - CLEMENTZ MICHEL / MAXPPP
Le groupe Orpea doit trouver une solution d'ici la mi-février pour assurer son avenir financier. - CLEMENTZ MICHEL / MAXPPP
Le groupe Orpea doit trouver une solution d'ici la mi-février pour assurer son avenir financier. - CLEMENTZ MICHEL / MAXPPP
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Un an après la publication du livre-enquête "Les Fossoyeurs", la situation financière du géant des maisons de retraite Orpea reste tendue. Ses créanciers et ses potentiels sauveteurs ne parviennent pas à se mettre d'accord.

Orpea reste dans la tempête. Après les révélations du livre Les Fossoyeurs, le géant des maisons de retraite est cette fois exposé à un risque de manque de liquidités dès ce premier trimestre. Le groupe est endetté à hauteur de neuf milliards d’euros et doit trouver de l’argent frais pour survivre. À ses problèmes financiers s’ajoute l’inflation des coûts alimentaires et énergétiques pour assurer le service à ses clients pensionnaires. La direction a jusqu’à mi-février pour trouver une solution.

Désaccord entre État et créanciers

Cette solution est recherchée dans le cadre d’une procédure amiable de conciliation entre les différentes parties. Mais la partie est loin d'être gagnée : dans la nuit de mercredi 18 à jeudi 19 janvier, les créanciers d’Orpea (les établissements qui détiennent sa dette – mutualistes, assureurs-vie ou retraites), et la Caisse des dépôts et consignations, se sont séparés sur un constat d’échec.

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La Caisse des dépôts, bras financier de l’État, propose d'apporter 1,3 milliard d’euros d’argent frais. Cela représente 80% de la somme totale dont Orpea a besoin pour poursuivre son activité et permettre à son nouveau directeur général, Laurent Guillot, de mettre en œuvre son plan de transformation.

L'éthique ou la finance

Les discussions butent sur la restructuration de la dette d’Orpea, notamment sur la valeur à laquelle une partie de cette dette sera transformée en capital – partie de dette détenue par des gérants et des fonds spéculatifs comme le français Carmignac ou l’australien Anchorage. Dans le même temps, la Caisse des dépôts demande le contrôle de la gouvernance d’Orpea pour s’assurer que les pratiques changent après les révélations du livre scandale de Victor Castanet. Une prise de contrôle que les autres parties prenantes lui refusent.

En résumé, nous avons d’un côté la Caisse des dépôts, organe public, qui clame l’éthique plutôt que la finance ; de l’autre, des créanciers privés qui estiment que l’offre de la CDC lèse les intérêts des épargnants qui ont des parts dans Orpea. Dans cette ambiance, tout le monde dit rester ouvert. En d’autres termes, les discussions vont se poursuivre… mais chacun va devoir céder un peu de terrain.

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