Une habitante de Vysokopillia qui rentre chez elle pour la première fois depuis des mois en ignorant les bombardements autour d'elle. - BENJAMIN ILLY / RADIO FRANCE
Une habitante de Vysokopillia qui rentre chez elle pour la première fois depuis des mois en ignorant les bombardements autour d'elle. - BENJAMIN ILLY / RADIO FRANCE
Une habitante de Vysokopillia qui rentre chez elle pour la première fois depuis des mois en ignorant les bombardements autour d'elle. - BENJAMIN ILLY / RADIO FRANCE
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Résumé

200 jours se sont écoulés depuis le début de la guerre en Ukraine, et le conflit semble arriver à un tournant avec la contre-offensive ukrainienne à l'est et au sud du pays. Près de 3 000 kilomètres carrés de territoires occupés ont été repris aux Russes.

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La vie quotidienne en Ukraine tente de suivre son cours, malgré le conflit. Chacun essaye de vivre normalement, comme cet agriculteur dans la région de Kherson qui laboure son champ au son des bombardements, ou ces enfants qui s'amusent sur des balançoires alors que les sirènes retentissent à Zaporijjia.

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Il y a aussi "Mamie Valia", qui vend sa crème et son fromage sur le marché d'Odessa, qui adresse un message aux soldats russes : "On se tient debout, on n'a pas peur de vous !" Elle pense à ses deux fils qui font leur service militaire dans l'armée ukrainienne.

Mamie Valia essaye de vivre normalement à Odessa, en vendant sa crème et son fromage sur le marché.
Mamie Valia essaye de vivre normalement à Odessa, en vendant sa crème et son fromage sur le marché.
- BENJAMIN THUAU / RADIO FRANCE

Car les combats font rage ces derniers jours : la contre-offensive éclair des forces ukrainiennes dans la région de Kharkiv a permis de reprendre près de 3 000 kilomètres carrés de territoires occupés par l'armée russe. Le drapeau ukrainien flotte à nouveau dans des villes stratégiques comme Koupiansk. La contre-offensive se poursuit également au sud du pays, dans la région de Kherson.

Des frappes "toutes les cinq minutes, parfois toutes les heures"

"Gloire à l'Ukraine, gloire aux héros !", ces messages sont diffusés à la radio alors que les bombardements ne sont qu'à quelques kilomètres du village de Vysokopillia, qui se trouve à cinq kilomètres de la ligne de front. Les impacts sont tout proches, et pourtant sur une route de campagne déserte, une vieille dame roule sur son vélo. Elle explique qu'elle habitait avant près de Vysokopillia, et qu'elle est partie à cause de la guerre. Même si le danger reste présent, elle a décidé d'ignorer le bruit sourd des explosions car elle veut revoir sa maison. "On m'a dit qu'elle avait échappé au pire, quelques dommages par éclats d'obus, explique-t-elle. Alors j'ai pris du sable pour aller réparer un peu !"

Elle dit ne pas avoir peur, alors qu'elle est seule sur cette route, avec son petit vélo : "Je ne suis pas encore allée là-bas, on dit qu'il y a beaucoup de destructions, raconte-t-elle. J'avais peur avant d'y aller, c'était terrible mais j'ai décidé d'aller voir."

<p>Elina, 55 ans, habitante d'un hameau près de Vysokopillia. Elle vit quotidiennement avec le bruit des explosions et voit la contre-offensive ukrainienne avec soulagement.</p>
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<p>Elina, 55 ans, habitante d'un hameau près de Vysokopillia. Elle vit quotidiennement avec le bruit des explosions et voit la contre-offensive ukrainienne avec soulagement.</p> <p></p>
- BENJAMIN ILLY / RADIO FRANCE

Dans un hameau, pas très loin du champ de bataille vit Elina, une agricultrice de 55 ans. "Psychologiquement c'est difficile, reconnaît-elle, mais nous sommes tellement heureux de voir les soldats ukrainiens ! Quand ils passent, nous faisons le signe de croix pour les protéger. Mais on s'inquiète de tous ces tirs, ces explosions. Juste avant votre arrivée nous étions au sous-sol pour nous protéger, on vient juste de sortir." Sur son portail, on voit des traces d'éclats.

"Il y a beaucoup de tirs : certains jours, des frappes toutes les 5 minutes, parfois chaque heure. Parfois, c'est le silence le jour et des frappes la nuit. Mais souvent c'est très intense."

"Un morceau de roquette est tombé dans notre jardin, décrit-elle. On a été bombardés aussi : regardez, le toit du magasin est détruit." Cette contre-offensive, elle l'attendait avec impatience.

"Les Russes cherchaient en particulier des jeunes filles, ils fouillaient les maisons"

Igor, pasteur dans une église protestante, s'est rendue à Vysokopillia et dans les environs pour distribuer de l'aide humanitaire, une centaine de repas et de l'eau potable. "La ville est détruite, on a vu tomber des missiles Grad dans la rue d'à côté, raconte-t-il. Dieu merci nous sommes vivants ! Les habitants sont très heureux d'être libérés, certains pleuraient de joie." Il montre une vidéo qu'il a tourné avec un habitant de Vysokopillia : "Il restait seulement les gens qui ont connu l'occupation, les gens fondent en larmes, développe-t-il. Ils disent que les Russes cherchaient en particulier des jeunes filles, ils fouillaient les maisons, ils pillaient, ils vérifiaient qu'il n'y avait pas de soldats blessés. Les gens étaient épuisés mais heureux d'être libres."

"Un habitant nous a raconté qu'une famille avait été fusillée, et que les Russes sont revenus s'assurer qu'ils étaient morts en leur tirant une balle dans la tête. Ils ont fait beaucoup de mal ici."

"Une habitante nous a montré une maison, où les Russes avaient creusé un trou dans le jardin, pour y mettre les corps des civils, selon elle", ajoute-t-il. Il exhorte les troupes à ne pas abandonner : "Quand on a commencé à quitter la ville, il y avait des frappes, les combats se poursuivent. On doit continuer la contre-offensive !"

La police finit par arriver car des tirs de l'armée ukrainienne se font entendre. "Cette zone continue d'être dangereuse, car la ligne de front n'est pas loin, explique un policier. Il y a des roquettes, elles tombent aussi dans les champs, le système anti-aérien est en marche, il ne faut pas rester là." A Vysokopillia, le bruit de la guerre est encore très proche.