Eddy Mitchell à Paris en 2017
Eddy Mitchell à Paris en 2017 - PHILIPPE DE POULPIQUET / MAXPPP
Eddy Mitchell à Paris en 2017 - PHILIPPE DE POULPIQUET / MAXPPP
Eddy Mitchell à Paris en 2017 - PHILIPPE DE POULPIQUET / MAXPPP
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Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo. Aujourd’hui, le chanteur, parolier et acteur, Eddy Mitchell. Il vient de publier une bande dessinée autobiographique avec Ralph Meyer : "Des Lilas à Belleville" aux éditions Dargaud.

Eddy Mitchell est l'un des chanteurs français les plus emblématiques. Il est également parolier et acteur. Le public l'a découvert avec son premier groupe, Les Chaussettes Noires, en 1961. L'année d'après, celui qui s'appelait encore Claude Moine démarrait sa carrière solo avec un public au rendez-vous et de plus en plus nombreux. Du rock, de la country et ce style de crooner qui lui colle à la peau, ont séduit. Mais quand on pense à Eddy Mitchell, on pense aussi à l'émission La dernière séance, consacrée aux classiques du cinéma américain qu'il présentait sur France 3.

Celui qui fait désormais partie de la photo de famille vient de publier une bande dessinée autobiographique avec Ralph Meyer : Des Lilas à Belleville, aux éditions Dargaud.

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franceinfo : Votre carrière dans la musique aurait pu ne pas exister si vous aviez choisi votre première passion, le dessin. Elle ne vous a malgré tout jamais quitté. Des Lilas à Belleville est une nouvelle que vous avez écrite, illustrée par 20 aquarelles de Ralph Meyer. C'est lui qui avait déjà réalisé les deux pochettes des deux volumes, La même tribu. C'est ce qu'on appelle une équipe qui gagne, qui s'est trouvée ?

Eddy Mitchell : Je ne sais pas si elle gagne, mais en tout cas, j'admire énormément ce que fait Ralph, je trouve qu'il est un des meilleurs de sa génération. On est tombés d'accord, on s'entend bien et ça marche bien.

Cela raconte votre vie. C'est difficile de se raconter ? Parce que je sais que vous avez beaucoup de pudeur.

Dans le cas présent, ce n'était pas difficile parce que c'était un hommage à mon père. Donc, ce n'est pas que je sois en retrait, mais c'était beaucoup plus axé sur lui. Je garde un amour du cinéma et de la littérature qu'il m'a inculqué. Et puis de prendre la vie comme elle vient. C'est-à-dire que lui n'avait jamais beaucoup d'argent dans sa poche, mais il avait de quoi s'acheter son tabac, des cacahuètes, n'importe quoi ! Mais ce n'était pas un homme d'argent, du tout.

Quand on découvre cet ouvrage, on se rend compte à quel point vous étiez seul très souvent. Comment avez-vous vécu cette solitude ?

Je l'ai vécue plutôt bien parce que je m'occupais bien. J'allais énormément au cinéma. Je lisais beaucoup, aussi bien des BD que des bouquins. Et donc je n'avais pas l'impression d'être seul.

Parlons d'ailleurs de ces lectures. Elles vous ont formé, forgé, fait grandir ?

Je rêvais d'être dessinateur, de faire des BD. J'avais la chance d'habiter boulevard d'Algérie et au-dessus, il y avait le boulevard Sérurier. Jean-Claude Mézières résidait là et avait son petit atelier. Un jour j'ai frappé chez lui. J'ai dit : voilà, je vous présente mes dessins.

"En montrant mes dessins au dessinateur Jean-Claude Mézières, il m’a dit : 'C'est intéressant, mais il faut faire les Beaux-Arts'. Comme je n'avais pas les moyens, je me suis dit que j’allais essayer autre chose."

C****ette nouvelle, c'est l'histoire du petit Claude Moine, évidemment. Vous avez vécu dans le quartier du haut Belleville et grandi dans un milieu modeste. Qu'est-ce qui vous fait envie à cette époque ?

C'est le dessin. Les dessins que fait Jijé, qui a fait les Spirou, la série Jerry Spring. J'étais très impressionné par Jijé jusqu'au jour où je l'ai rencontré, ça a été une belle rencontre.

Vous rêviez d'entrer dans l'univers du dessin. Qu'est-ce qui fait du coup que vous lâchez, en dehors du fait qu'il fallait faire l'école Boulle ?

C'est une question de moyens, c'est tout. Ma mère voulait que je travaille. Moi je n'avais pas très envie de travailler, mais à l'époque, quand on avait son certificat d'études, on pouvait quitter l'école et partir travailler. Je l'ai eu en avance, à 13 ans et demi et j'ai tout de suite travaillé.

Le métier de chanteur vient à travers quoi ? À travers ces découvertes de juke-box que vous décrivez parfaitement ?

Oui, à travers ce que j'ai entendu. La première fois que j'ai entendu Rock around the clock, Bill Haley, ça m'a quand même bouleversé parce qu'à l'époque, la radio, c'était Tino Rossi, Mariano, ça ne m'intéressait pas.

Cela dit, on sent qu'à travers la musique, vous vous êtes trouvé. La musique vous a sauvé ?

Ah oui, oui, je ne sais pas ce que je serais devenu. Je ne pense pas que je serais devenu un voyou. Certainement pas, non, mais on ne sait pas ce qu'on peut devenir.

"La musique m'a sauvé, ça, c'est vrai."

La musique m'a apporté le côté indépendant, de faire ce que je voulais. Et ça, c'est formidable et ça ne s'arrête pas.

Dans cet ouvrage, vous vous appelez le petit Claude, Claude Moine. Ensuite vous déciderez de vous appeler Eddy Mitchell. C'est un clin d'œil à Eddie Constantine d'un côté, et Mitchell parce que ça faisait très américain.

C'est ce que la maison de disques voulait. Il était impossible qu'un chanteur de rock s'appelle Claude Moine !

L'équipe

Elodie Suigo
Production