Des passagers débarquent d'un train à la gare de Waterloo à Londres, le 21 juin 2022, alors que la plus grande grève ferroviaire depuis plus de 30 ans frappe le Royaume-Uni.
Des passagers débarquent d'un train à la gare de Waterloo à Londres, le 21 juin 2022, alors que la plus grande grève ferroviaire depuis plus de 30 ans frappe le Royaume-Uni.
Des passagers débarquent d'un train à la gare de Waterloo à Londres, le 21 juin 2022, alors que la plus grande grève ferroviaire depuis plus de 30 ans frappe le Royaume-Uni. - BEN STANSALL / AFP
Des passagers débarquent d'un train à la gare de Waterloo à Londres, le 21 juin 2022, alors que la plus grande grève ferroviaire depuis plus de 30 ans frappe le Royaume-Uni. - BEN STANSALL / AFP
Des passagers débarquent d'un train à la gare de Waterloo à Londres, le 21 juin 2022, alors que la plus grande grève ferroviaire depuis plus de 30 ans frappe le Royaume-Uni. - BEN STANSALL / AFP
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Résumé

Au Royaume-uni, les cheminots se mobilisent jusqu'à samedi pour une hausse de leurs salaires. Un mouvement qui témoigne d'une grogne sociale beaucoup plus vaste.

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Cette grève a fait la une de tous les journaux télé mardi 21 juin. Les Britanniques, privés de transports, sont restés chez eux : 80% des trains à l'arrêt, des gares désertes... Le débrayage des 40 000 employés des chemins de fer a été massif et visible pour le mouvement le plus important dans le secteur ferroviaire depuis trente ans.

Le puissant syndicat majoritaire à l'origine de la grève, RMT, dénonce la dégradation des conditions de travail et "les milliers de licenciements" prévus par les compagnies privées du secteur. Il réclame surtout des salaires plus en phase avec l'inflation. Au Royaume-Uni, les prix ont bondi de 9% en 2021, le plus haut niveau depuis 40 ans. Et ce sont même 11% qui sont attendus cet automne selon la Banque d'Angleterre. L’institut de sondage Ipsos assure de son côté qu'un Britannique sur quatre saute déjà régulièrement des repas en raison du coût de la vie.

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Les prix de l'énergie en cause

Comparé à la France, par exemple, où le nucléaire assure une grand part de la production d'électricité, le Royaume-Uni est particulièrement dépendant au gaz, donc vulnérable à la flambée des cours. L'augmentation des prix de l'énergie pèse très lourd dans le budget des ménages. Or pendant plusieurs semaines le gouvernement a refusé de taxer les bénéfices des géants pétroliers pour se dégager du budget. Il s'y est résolu fin mai, mais c'était surtout pour faire oublier les déboires de Boris Johnson, très critiqué pour ses fêtes arrosées à Downing street pendant le confinement.

La grève pourrait s'étendre à d'autres domaines : l'enseignement, l'hôpital, la poste. La semaine prochaine des avocats vont débrayer en raison d'un conflit avec le gouvernement sur le montant de l'aide juridictionnelle.

Grèves dans le secteur aérien en Europe

Mais c'est l'aérien qui sera sans doute le plus touché. La reprise du trafic après la pandémie a pris tout le monde de court, les compagnies manquent de personnel, des centaines de vols sont annulés et là aussi les appels à la grève se multiplient pour les salaires et les conditions de travail. Phénomène d'ailleurs qui touche toute l'Europe. Ce week-end des pilotes et hôtesses de Ryanair seront en grève en France, en Espagne, en Belgique, au Portugal et en Italie. En juillet ce sont ceux d'EasyJet qui ont prévu de se mobiliser. Le mouvement est général.

Outre-Manche, un cousin du journal le Canard enchaîné, Private eye, affichait vendredi en couverture une carte météo avec ce titre : la grande dépression. Entre l'inflation, les grèves, les tensions en Irlande du Nord liées aux accords post-Brexit, la canicule et les déboires du Premier ministre (affaibli par une récente motion défiance) "les nuages s’accumulent" dans le ciel britannique. Les turbulences. Le magazine pronostique "un été de la colère" au Royaume-Uni.

Références

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