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1987, un poing s'est levé

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Pialat_poing
Pialat_poing
© MaxPPP

Quelques jours en enfer, cela pourrait presque être le sous-titre du séjour cannois de Maurice Pialat en ce joli moi de mai 1987.

Pas question bien évidemment de remettre en cause le talent de Maurice Pialat, mais là, pour beaucoup, il est passé à côté de son sujet. C'est en tout cas les bruissements qui remontent de la Croisette. Que lui reproche-t-on exactement ? De s'être "pris pour Bresson" en voulant adapter l'inadaptable Bernanos qui, encore moins qu'un autre, ne supporte l'improvisation si chère au réalisateur d'A nos amours .Ecoutez l'analyse de Sophie Dumoulin, spécialiste cinéma sur France Inter à l'époque, dans le journal de 13h présenté par Claude Guillaumin

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Pialat - Sophie Dumoulin

2 min

Et c'est un Pialat extrèmement déçu que rencontre Sophie Dumoulin au lendemain des projections de Sous le soleil de Satan . Pialat dans son rôle de mal-aimé qui refuse quasiment toutes les interviews, sauf celle de France Inter

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1 min

Et qui ne répondra aux journalistes que lors d'une conférence de presse très houleuse.

Devant cet accueil calamiteux, Daniel Toscan du Plantier, le producteur du film conseille à Maurice Pialat de quitter Cannes. Il est pourtant bien là le soir du 19 mai pour la proclamation du festival dans la grande salle du Palais.

Un film français décroche donc la palme d'or 21 ans après Un homme et une femme de Claude Lelouch. Le président de l'époque, François Mitterrand, se fend d'un message :"Cette Palme d'or du quarantième Festival de Cannes a force de symbole. Elle récompense l'oeuvre d'un cinéaste qui a su s'inspirer d'un de nos grands écrivains. Elle désigne le cinéma comme terre d'écriture et de beauté. Elle montre la vitalité que peut et doit connaître le cinéma français. "

Mais Pialat ne décolère pas : "J'ai la Palme la plus merdique de l'histoire du cinéma, une palme au rabais comme d'habitude ".

Jérôme Garcin ne présidait pas encore aux destinées du Masque et la plume en 1987, mais il y participait déjà comme critique littéraire. Ce poing levé de Maurice Pialat symbolise à ses yeux une époque révolue.

Pialat_Garcin

3 min

"Yves Montand, président du Festival, était encore dans sa suite du Carlton alors que Cannes retentissait toujours des sifflets qui ont accueilli la Palme d'or de Maurice Pialat." Lisez cette interview d'Yves Montand qui explique qu'il a "l'habitude de se mouiller" et que le palmarès lui parait "un exemple de rigueur"

Pour lire l'interview parue dans le Quotidien de Paris le 21 mai 1987

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(en partenariat avec l' INA)

Le masque et la plume - 2 émissions spéciales à Cannes présentées par Pierre Bouteiller

Le téléphone sonne - Le palmarès et la santé du cinéma français, émission présentée par Alain Bédouet

Citizen Cannes - Gilles Jacob raconte les producteurs français : Toscan, Rassam, Bouygues, Karmitz, Dorfmann

Le festival en 18 palmes - Sous le soleil de Satan avec Danièle Heymann (membre du jury cette année là)

Cannes 1987

Le jury est donc présidé par Yves Montand. Il est entouré, entre autre, par les réalisateurs Jerzy Skolimowski et Theo Angelopoulos, l'écrivain Norman Mailer et le compositeur Nicola Piovani

Marcello Mastroianni
Marcello Mastroianni
© MaxPPP

Le palmarès

Palme d'Or : Sous le soleil de Satan de Maurice PialatGrand Prix Spécial du Jury : Le Repentir de Tengiz AbuladzePrix du 40ème anniversaire du Festival International du Film : Intervista de Federico FelliniPrix d'interprétation masculine : Marcello Mastroianni pour Les Yeux noirs de Nikita MikhalkovPrix d'interprétation féminine : Barbara Hershey pour Le Bayou d'Andrei Mikhalkov-KontchalovskiPrix de la mise en scène : Wim Wenders pour Les Ailes du désirPrix du jury (ex æquo) : Yeelen de Souleymane Cissé et Shinran ou la voix immaculée de Rentaro MikuniPrix de la meilleure contribution artistique au Festival International du Film : Prick Up Your Ears de Stephen FrearsPrix de la Critique Internationale - F.I.P.R.E.S.C.I. : Le Repentir de Tengiz AbuladzeGrand Prix de la Commission Supérieure Technique : Le cinéma dans les yeux de Laurent et Gilles JacobCaméra d'Or : Robinsonade ou mon grand-père anglais de Nana DzhordzhadzeEgalement en compétitionBarfly de Barbet SchroederChamp d'honneur de Jean-Pierre DenisChronique d'une mort annoncée de Francesco RosiLa Famille de Ettore ScolaLe Ventre de l'architecte de Peter GreenawayLa Ménagerie de verre de Paul NewmanUn homme amoureux de Diane Kurys