343.000 faux pass sanitaires identifiés depuis cet été, des cyber gangs arrêtés près de Lyon

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343.000 faux pass sanitaires identifiés depuis cet été, des cyber gangs arrêtés près de Lyon

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D'autres filières d'escroquerie de faux pass sanitaires seront bientôt démantelées.
D'autres filières d'escroquerie de faux pass sanitaires seront bientôt démantelées.
© AFP - Arnaud Paillard

INFO FRANCE INTER – Depuis l'apparition du pass sanitaire l'été dernier et les piratages de comptes de l'Assurance maladie de dizaines de médecins et personnels soignants, 470 enquêtes de police et de gendarmerie ont été ouvertes et 343.000 faux pass identifiés.

On connaissait les serveurs de restaurants qui revendaient des photos de vrais pass sanitaires de clients, des médecins et soignants qui délivraient des pass sans vacciner leurs patients... Au total, depuis l'apparition du pass sanitaire, 470 enquêtes de police et de gendarmerie ont été ouvertes et 343.000 faux pass identifiés, selon les informations recueillies par France Inter. 

Et les dernières opérations en date ont visé des réseaux plus structurés. Notamment dans la région lyonnaise, ces dernières semaines, au total une quinzaine de personnes ont été arrêtées lors des trois derniers coups de filet. Elles sont soupçonnées d'avoir écoulé 30.000 pass en quelques clics, soit 600.000 euros de chiffre d'affaires, à près de 200 euros le pass sanitaire ou vaccinal. 

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Un étudiant en informatique parmi les suspects 

La dernière affaire est partie d'une histoire de violences intrafamiliales dans la région de Thonon-les-Bains, près du Lac Léman, en Haute-Savoie. Dans le téléphone du conjoint violent, les gendarmes découvrent à la fin de l'été dernier un faux pass sanitaire. Près de six mois d'enquête permettent de retracer son chemin et des suspects qui se cachaient derrière des profils anonymes de rabatteurs, de revendeurs ou de pirates informatiques. C’est assez rare dans les dossiers de cybercriminalité, ils résidaient en France et plus particulièrement dans la région lyonnaise. 

C'est le troisième cyber gang lyonnais présumé qui est tombé la semaine dernière. Au sein de l'un de ces réseaux, un élève brillant d'une école d'ingénieur informatique de l'agglomération lyonnaise. Cela n'a pas surpris Sylvain Noyau, le chef de l'Oclaesp, l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique : "On a remonté des hackers qui étaient effectivement sur le territoire. Vu le niveau en informatique que l'on avait en face de nous, on n'est pas surpris d'être tombés sur des spécialistes. Il y a aussi des suspects qui étaient déjà connus de nos services. Là, on est désormais avec des réseaux bien structurés qui se sont créés en quelques semaines uniquement via des plateformes sur le web."

D'autres filières bientôt démantelées

"Ces personnes qui ont infiltré des serveurs passeront à une autre escroquerie dans quelques semaines", poursuit le général de gendarmerie. Pour ce qui est des 470 enquêtes ouvertes depuis l'été dernier, un tiers est déjà bouclée et résolu. "Nous avons bon espoir dans les semaines, les mois qui viennent de conclure ce qu'il reste." On verra alors si d'autres cyber gangs lyonnais étaient encore à la manœuvre. 

Selon nos informations, la particularité de ces petites mafias du faux pass sanitaire apparues ces derniers mois, c'est que leurs membres présumés et très hiérarchisés ne se sont jamais rencontrés, à part sur les réseaux sociaux et sur le darkweb. Ils ne savent a priori même pas qu'ils habitent parfois à quelques kilomètres seulement les uns des autres.