Publicité

5 ans de #MeToo : #Cuéntalo, #EnaZeda, #jagockså, ces hashtags devenus des points de ralliement à l'étranger

Par
Voici quelques exemples de la façon dont le mot-clé a essaimé à travers le monde avec des répercussions diverses.
Voici quelques exemples de la façon dont le mot-clé a essaimé à travers le monde avec des répercussions diverses.
© Getty - Richard Drury

En Espagne, Italie, Iran, Israël, en Tunisie ou encore au Vietnam, chaque pays s'est approprié le mouvement #MeToo, avec un hashtag. Voici quelques exemples de la façon dont le mot-clé a essaimé à travers le monde avec des répercussions diverses.

Il y a d’abord eu le mouvement mondial #MeToo, et #BalanceTonPorc en France, pour dénoncer les violences sexistes et sexuelles. Dix jours après la publication d'un article du New York Times -le 5 octobre 2017- mettant en cause le producteur Harvey Weinstein, l'actrice Alyssa Milano publie un tweet, qui donnera naissance au hashtag #MeToo. Partout dans le monde, la parole des femmes se libère, et des hashtags similaires, sous forme de variations nationales, se propagent un peu partout dans le monde à travers les réseaux sociaux. C'était il y a cinq ans.

D’après un centre de recherche américain, le Pew Research Center, un an après la première vague de tweets (le 15 octobre 2017) comprenant le hashtag #MeToo, plus de 19 millions de mentions en anglais ont été repérées sur Twitter. Cela représente une moyenne de 55.319 tweets chaque jour. L’étude révèle aussi que 29% des tweets avec le hashtags MeToo ont été écrits dans une autre langue que l’anglais, dans au moins 85 pays, comme en Espagne, en Croatie, en Tunisie, en Iran, au Vietnam, en Norvège. Petit tour des hashtags qui ont connu le plus de succès à l'étranger.

Publicité

En Espagne, #Cuéntalo

Des dizaines de milliers d’Espagnoles descendent dans la rue, en 2018, pour protester contre la condamnation pour "abus sexuels" de cinq auteurs d’un viol collectif à Pampelune. Ils avaient partagé la vidéo en ligne. Ils seront condamnés l’année suivante à 15 ans de prison. Sur les réseaux sociaux, des messages avec le hashtag #Cuéntalo ("Raconte-le!") fleurissent. Comme celui de Lucie Etxebarria, une romancière espagnole :

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

"J'ai 28 ans. Je viens de gagner le prix Nadal (prix littéraire espagnol prestigieux, ndlr). Un célèbre écrivain me fait des avances. Je lui dis non. Il me dit que je vais le payer cher. Et je l'ai payé. Mauvaises critiques, destructrices. 23 ans après, 'Béatrice et les corps célestes' est un classique". D’autres mots-clés apparaissent, #HermanaYoTeCreo ("Ma sœur, je te crois") et #NoEsNo ("Non c'est non"). En août 2022, l'Espagne intègre à son code pénal l'obligation du consentement sexuel explicite.

En Italie, #QuellaVoltaChe

Le 15 octobre 2017, l’actrice italienne Asia Argento écrit : "Un grand réalisateur Hollywoodien avec le complexe de Napoléon m'a donné du GHB et m'a violé inconsciente", en 1997, accompagné du hashtag #quellavoltache, "cette fois où". Elle est l’une des premières femmes à dénoncer les agissements du producteur Harvey Weinstein. C’est une journaliste italienne, Julia Blasi, qui a lancé dès le 12 octobre le mot-dièse sur les réseaux sociaux du pays. "#quellavoltache est né d'un groupe Facebook que j'ai co-fondé en septembre 2016 pour protester contre une initiative jugée sexiste du ministère italien de la santé", qui devait encourager les femmes à faire plus de bébé, comme elle le raconte dans un article de blog.

En Afrique du Sud, #AmINext

En Afrique du Sud, près de 3000 femmes sont assassinées par an, 110 plaintes pour viol sont enregistrées quotidiennement. Et une femme sur cinq a déjà été victime de violence de la part de son partenaire, rappelle RFI. En août 2019, une étudiante de 19 ans meurt dans un bureau de poste du Cap pour récupérer un colis. Elle est violée et assassinée. Une vague d’indignation déferle sur les réseaux sociaux, avec plusieurs mots-clef, #AmINext "Suis-je la prochaine?", #Iam1in3 ("Je suis une sur trois"), #MenAreTrash ("Les hommes sont des ordures")

En Tunisie, #EnaZeda

#EnaZeda, que l’on peut traduire par "Moi aussi", émerge en 2019 après la vidéo d'une jeune fille montrant l'ex-député Zouhair Makhlouf se masturbant dans sa voiture. Il a écopé, depuis, d'un an de prison. Le mot-clé entraîne une vague inédite de témoignages de victimes de harcèlement et d'agressions sexuelles. Entre 2019 et 2020, près de 400 affaires de harcèlement sexuel ont été traduites en justice selon le ministère de la justice, relayé par Le Monde. Des groupes Facebook sont crées

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

En Israël, גםאנחנו#

Quelques jours après l’apparition de #MeToo sur les réseaux sociaux, le plus grand quotidien du pays Yediot Aharonot publie en Une le témoignage de plusieurs femmes, écrit le Los Angeles Times. Six femmes prennent la parole, dont l'ancienne ministre de l'Éducation Limor Livnat, une ancienne rivale du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Elle raconte une tentative de viol par un "haut responsable politique" qu'elle avait rencontré pour rechercher un travail.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

En Iran, #tadjavoz

MeToo a pris de l’ampleur, même en Iran. Pourtant l’utilisation de Twitter et Facebook sont restreints. Mais des iraniennes ont réussi à contourner la censure. En 2020, au moins 20 femmes accusent un libraire de Téhéran de les avoir droguées et violées, déclenchant une vague de témoignages sous le mot-clé #tadjavoz ("viol"). La vice-présidente chargée des Femmes et de la Famille encourage les femmes à dénoncer de tels méfaits. De nouvelles accusations fleurissent sur Twitter touchant des universitaires et des artistes. En juillet 2022, le libraire est condamné à mort pour "corruption sur Terre".

En Suède, #jagockså

Le mouvement MeToo est un tremblement de terre en Suède, il ébranle jusqu'à la prestigieuse Académie suédoise qui décerne les prix Nobel. En 2017, le Nobel de littérature est reporté d'un an après les accusations de viols et d'agressions sexuelles portées par 18 femmes contre le Français Jean-Claude Arnault, époux d'une académicienne. La Suède est considérée  comme l’un des plus égalitaires du monde. Slate rappelle qu’un groupe de journalistes du magazine Göteborgdirekt ont signé une  tribune retentissante. Elles témoignent des agressions dont elles ont été victimes, et incitent leurs concitoyennes à faire de même. "Toutes les femmes journalistes de GöteborgDirekt ont à un moment donné été victimes d'abus sexuels, écrivent-elles en tête de l’article.

Et aussi #Nãoénão, #JaIsto, #TôiCũngVậy...

Le page Wikipedia consacrée au mouvement MeToo recense près d’une trentaine de hashtag utilisé à travers le monde, comme au Brésil (#Nãoénão, "Non c'est Non"), en Croatie (#JaIsto), au Vietnam (#TôiCũngVậy) en Suède (#JagOckså), en Russie (#МеняТоже) et au Japon ("#私も), que l’on peut traduire par "Nous aussi".