63 pages de programme, peu de moyens et une mise en examen : Asselineau repart en campagne

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63 pages de programme, peu de moyens et une mise en examen : Asselineau repart en campagne

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François Asselineau lors de la conférence de presse de lancement de sa campagne le 19 octobre 2021 à Paris.
François Asselineau lors de la conférence de presse de lancement de sa campagne le 19 octobre 2021 à Paris.
© AFP - JULIEN DE ROSA

François Asselineau se porte à nouveau candidat à l'élection présidentielle. En 2017, ce candidat souverainiste de droite qui se distingue par sa volonté de quitter l'Union Européenne et l'OTAN avait recueilli moins de 1% des suffrages.

"Est-ce que tout le monde a bien un programme ?", s'enquiert François Asselineau en montrant un fascicule. Le candidat fait le tour de la salle pour serrer les mains des journalistes avant de commencer son discours. Pour le lancement officiel de sa campagne, François Asselineau a invité la presse dans un local du XIe arrondissement de Paris. Une poignée de militants sont présents, un mur est peint en bleu canard la couleur de l'UPR, le petit parti souverainiste de droite et, derrière la table qui sert de pupitre au candidat, son slogan de campagne "La France, notre Avenir !" s'affiche en grand.

Dans le programme qu'il dévoile, le candidat de l'UPR détaille sur 63 pages ses 27+1 propositions, une curieuse numérotation qui fait référence au Brexit (avec le Royaume-Uni l’Union européenne comptait 28 membres) et qui souligne, par le "+1", son ultime engagement : celui de respecter les 27 précédents. Des grandes lignes de son projet politique qu'il va aborder pendant près d'une heure (non sans avoir admis au préalable qu'on lui reprochait souvent d'être trop "bavard"), se trouve toujours la sortie de la France des 27 : "On veut que le débat ait lieu, comme il a eu lieu d'ailleurs au Royaume-Uni où il s'est terminé par le Brexit. Chez nous si vous voulez sortir de l'Union européenne c'est comme si vous lâchiez une flatulence devant un public choisi."

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Une mise en examen gênante

Le candidat souverainiste n'a pas pu y couper. La première question posée le ramène à l'enquête judiciaire qui le concerne : "Monsieur Asselineau ce n'est pas un problème d'être mis en examen pour être candidat à la présidence de la République ?" Depuis février 2021, il est en effet mis en examen pour "harcèlement moral", "harcèlement sexuel", "agressions sexuelles par personne ayant autorité" et "intimidation d'une victime", après le dépôt de plaintes de plusieurs anciens salariés de l'UPR que le candidat "réfute absolument".

Le programme de François Asselineau pour l'élection présidentielle de 2022.
Le programme de François Asselineau pour l'élection présidentielle de 2022.
© Radio France - Timour Ozturk

François Asselineau présente ces plaintes comme la manifestation d'un complot politique : "Vous savez que lorsque vous êtes candidat à l’élection présidentielle, il y a probablement des gens qui aiment bien essayer de trouver comment vous nuire", avant de digresser sur les casiers judiciaires des autres candidats et de se dire "confiant" dans l'issue de la procédure. 

Un concurrent nommé Florian Philippot

L'énarque admet avoir été "déçu" par son faible score de 0,92% des suffrages lors de sa première participation à l'élection présidentielle en 2017. Il reconnaît "peut-être des erreurs de communication" et veut atteindre un meilleur score. Mais cette fois, il doit faire face à une concurrence directe de Florian Philippot sur son créneau du Frexit. "Dix ans après que j'ai créé mon parti, il a jugé bon de créer le sien en reprenant 90% de ce que je disais", s'agace François Asselineau en faisant référence aux "Patriotes", la formation de Florian Philippot. 

En pleine traversée du désert après son départ du FN en 2017 alors qu'il était le plus proche conseiller de Marine Le Pen, Florian Philippot a retrouvé une relative popularité dans les manifestations anti-pass sanitaire de l'été dernier. De quoi menacer François Asselineau qui tente de se démarquer sur la question : "Je n'ai jamais été antivaccin, j'ai dit en revanche qu'il fallait une liberté de choix."

En manque d'audience médiatique et de moyens

François Asselineau répète à plusieurs reprises qu'il voit une corrélation entre la couverture médiatique d'un candidat et son résultat au soir du premier tour. "Mon programme n'est pas pour plaire aux plus grandes fortunes de France j'en conviens", glisse François Asselineau avant d'ajouter que ces fortunes "détiennent d'ailleurs des médias, j'en conviens aussi".

Il réclame un climat de "fairplay" dans les télévisions et les radios, et déplore que des rédactions donnent "25% à 30% du temps de parole" à un seul candidat "quand d'autres ont des miettes". Le candidat souverainiste dénonce aussi une faillite du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel en raison d’un traitement médiatique inéquitable des candidats en ce début de campagne. "Ce qui se passe d'ailleurs depuis deux ou trois mois montre qu'il y a un véritable problème en France sur cette question", dit François Asselineau dans une référence à peine voilée à la couverture d'Éric Zemmour par la presse.

Nous sommes obligés d’aller quémander des promesses de parrainage.

S'il n'a pas l'attention des journalistes qu'il désirerait, il lui manque aussi le nerf de la guerre : les financements. François Asselineau et son UPR n'ont que peu d'argent à mettre dans cette campagne. Il lance un site pour recueillir des dons auprès des électeurs avec comme objectif trois millions d'euros de budget pour la présidentielle et les législatives, contre un peu moins de deux millions d'euros de budget en 2017. 

Le candidat de l'UPR ne veut pas dire précisément où en est sa recherche des 500 parrainages d'élus nécessaires pour pouvoir participer à l'élection présidentielle. "J'ai suffisamment de promesses pour espérer être candidat [...] Mais pas assez pour en être certain", confie-t-il, sachant que l'UPR ne dispose que de très peu d'élus locaux. La collecte des parrainages sera en dernier ressort le juge de paix entre les petits candidats souverainistes de droite qui se concurrencent, estime François Asselineau.