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À 24h de l’ouverture des salles, les restaurateurs commencent à retrouver le sourire

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Des ours en peluche pour respecter la distanciation en neutralisant un certain nombre de places
Des ours en peluche pour respecter la distanciation en neutralisant un certain nombre de places
© Radio France - Philippe Lefebvre

Hausse spectaculaire des réservations, augmentation du ticket moyen dans les restaurants, à 24h de l’ouverture des salles, les restaurateurs retrouvent le sourire même si ouvrir une salle avec 50% de la clientèle est loin d’être rentable.

C’est peu dire que la réouverture des salles de restaurants est attendue par les clients, mais surtout par les propriétaires des établissements, car même avec une capacité réduite de 50% tous y voient le signe de la fin proche des restrictions et des fermetures administratives, voire la renaissance de certains restaurants qui demeuraient fermés ces dernières semaines faute de pouvoir disposer d’un espace pour créer une terrasse provisoire.

Dans le 6e arrondissement de Paris, Benjamin Artis le propriétaire de la brasserie "Le Choupinet" n’est pas dans cette dernière catégorie car lui bénéficie d’une large terrasse sur le trottoir où il a pu réaliser, lors d’un récent week-end, 950 couverts en deux jours. Une performance pour ce restaurant qui, en période normale, réalise 600 couverts durant les week-ends ordinaires. Malgré tout, l’ouverture de la salle est importante, car symbolique, même s’il sait que l’ouverture à 40 convives au lieu de 80 ne lui fera pas gagner beaucoup d’argent. 

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Redessiner les salles pour neutraliser une place sur deux

Durant ces derniers jours, tous les restaurateurs ont travaillé sur plans pour repenser la disposition de leurs tables afin de tenir compte du protocole sanitaire en vigueur dans la restauration. Mais au "Choupinet" pas question de déménager les tables, le propriétaire a eu une idée pour le moins originale : des ours en peluche haut de 1m50 et pesant 15 kilos installés sur les chaises des espaces neutralisés. Au total Benjamin Artis dispose de 40 ours qui affichent un large sourire et qui permettront de faire la séparation entre les tables "c’est nettement plus sympathique que des plaques en plexiglass" explique le restaurateur.

Côté du personnel, là aussi l’heure est à la préparation car le rythme de 200 à 300 couverts par jour sera soutenu "ce sera un véritable marathon" reconnait Antoine Colteau le chef de rang "mais ce n’est pas grave car nous avons été en vacances trop longtemps" ajoute-t-il avec humour en faisant référence à la longue période de chômage partiel qui a touché la profession. 

Les réservations et les additions montrent l'envie d'aller au restaurant des Français

Et si de la salle à la cuisine les 22 collaborateurs de la brasserie affichent un large sourire, c’est que l’on sent bien ici que l’heure de la reprise a sonné. Une reprise confirmée par la récente étude du site de réservation en ligne The Fork – La Fourchette selon laquelle, depuis la réouverture des terrasses, les réservations dans les restaurants ont progressé de 88% par rapport à la période de sortie du premier confinement en 2020. Par ailleurs les réservations pour les déjeuners progressent de 20%. Quant au prix moyen, il tourne entre 24 et 40 euros, de quoi redonner le moral à une des corporations qui a été la plus durement touchée par la crise sanitaire.

Quant aux ours en peluche qui feront dès mercredi office de protecteurs contre le Covid, il n’est pas certain que Benjamin Artis leur fasse prendre leur retraite fin juin et l’ouverture totale des salles, car ils sont devenus un symbole souriant de la reprise, un symbole repris depuis par d’autres restaurateurs parisiens.