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À Chinon, une unité psychiatrique exemplaire menacée par des suppressions de postes

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La prise en charge des patients à Chinon a été saluée par la CGLPL
La prise en charge des patients à Chinon a été saluée par la CGLPL
© AFP - Joël Saget

Près d'un tiers des postes infirmiers de l'unité psychiatrique de Chinon seront supprimés d'ici le mois de juin. Un service pourtant qualifié d'exemplaire par la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté. Elle a écrit au Ministre de la Santé pour l'alerter sur cette réorganisation.

Suppressions de lits, de postes de soignants… La psychiatrie française est en crise et le centre hospitalier de Chinon (Indre-et-Loire) n'échappe pas à la règle. Un tiers des effectifs d'infirmiers vont être supprimés d'ici deux mois, remplacés pour moitié par des aides-soignants. Une restructuration qui pourrait mettre en péril une prise en charge "exceptionnelle" des patients, alerte la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté dans un courrier adressé ces derniers jours au ministère de la Santé.

Prise en charge psychiatrique de grande qualité

Habituellement, quand la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté écrit en urgence à Olivier Véran, c'est pour signaler un dysfonctionnement. Là c'est tout l'inverse. La visite inopinée de ses agents dans le pôle psychiatrique de l'hôpital de Chinon (Indre-et-Loire) du 28 février au 4 mars a révélé une prise en charge psychiatrique de grande qualité et très respectueuses du droit des patients et de leur dignité, "contrairement aux constats effectués ces dix dernières années dans d'autres établissements en santé habilités à recevoir des personnes en soin sans consentement", peut-on lire dans le courrier.

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"Les collègues qui ont visité ce service sont revenus en me disant : les soins sont assurés de façon respectueuse, l'équipe fait attention aux patients, il n'y a jamais de contention, ni d'isolement", relate Dominique Simonnot. Les agents ont en effet constaté un taux d'isolement de 1,5% quand la moyenne nationale des établissements visités dépasse les 22%. De même, le courrier note qu'il y a très peu de violences et de fugues, comparativement aux autres établissements. "Pourquoi  dans un endroit qui va aussi bien, on supprime des postes ? Cela me désole", poursuit Dominique Simonnot.

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"Adaptation des métiers"

Car cet état des lieux exceptionnel est menacé par une réorganisation des postes : 9,68 équivalents temps plein d'infirmier (soit 26,7% des postes) seront remplacés par 6,1 ETP d'aide soignant. La direction de l'hôpital de Chinon se justifie par "une adaptation des métiers aux soins dispensés". Pour Alexandre Robert de Force Ouvrière, les 9 millions de déficit de l'hôpital en seraient plutôt la raison. Le syndicaliste déplore de nouvelles économies aux dépens de la prise en charge des patients : " Un infirmier a un cursus de psychiatrie qu'un aide soignant n'a pas. Un infirmier peut donner des médicaments alors qu'un aide soignant non. Forcément, on va vers une dégradation des soins".

Dans son courrier de réponse, Olivier Véran soutient la réorganisation décidée par la direction de l'hôpital de Chinon. Un poste d'infirmier sera finalement réattribué. La contrôleure générale des lieux de privation de liberté s'engage, elle, à retourner dans le pôle de psychiatrie pour constater si la prise en charge des patients a évolué.