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À Lyon, un hôpital de jour accueille les femmes qui souffrent de règles abondantes

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Le premier hôpital de jour pour règles abondantes a ouvert au sein de l'hôpital de la Croix-Rousse à Lyon.
Le premier hôpital de jour pour règles abondantes a ouvert au sein de l'hôpital de la Croix-Rousse à Lyon.
© Radio France - Hospices Civils de Lyon

C'est une première en France et l'initiative devrait attirer de nombreuses patientes. Les règles abondantes, très peu diagnostiquées, peuvent être le signe de maladies gynécologiques ou héréditaires.

Depuis le 3 décembre dernier, un hôpital de jour accueille les femmes souffrant de règles abondantes à Lyon, au sein du service de gynécologie-obstétrique de l'hôpital de la Croix-Rousse. Objectif : lutter contre "l'errance diagnostique", explique la docteure Lucia Rugeri, spécialiste en hémostase clinique (gestion des troubles de la coagulation) et à l'origine du projet.  

Un syndrome mal diagnostiqué ...

20 à 30% des femmes en âge de procréer souffrent de ménorragies, c'est-à-dire de règles anormalement abondantes, selon le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Pourtant, ce syndrome reste largement tabou et beaucoup de femmes n'osent pas en parler à leur médecin ou à leur gynécologue. Pour celles qui le font, le diagnostic est souvent partiel et la prise en charge très limitée.

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Dans ma pratique, je me suis rendue compte que c'était un problème qui n'était pas bien identifié, il y a une méconnaissance des médecins en général sur les traitements à proposer.

Lucia Rugeri est spécialiste des troubles de la coagulation sanguine et praticienne à l'hôpital de la Croix-Rousse depuis vingt ans : "Les femmes essayent des traitements puis ce n'est pas suivi, elles sont souvent perdues de vue", précise-t-elle. 

... Qui chaque des pathologies réelles

Pourtant des règles abondantes peuvent être le signe de maladies gynécologiques ou d'autres pathologies : trouble de la thyroïde, de la coagulation sanguine, insuffisance hépatique ou rénale. 

Dans le cas des maladies gynécologiques, il s'agit le plus souvent de "polypes" ou "myomes" (tumeurs bénignes dans l'utérus) qui peuvent nécessiter une intervention chirurgicale. Les troubles de la coagulation peuvent eux, être liés à des maladies rares, comme la maladie de Willebrand, génétique et héréditaire, "une cousine de l'hémophilie" selon la docteure. Plus ces maladies sont diagnostiquées tôt, plus les traitements peuvent être efficaces. 

Depuis plusieurs années, les sociétés savantes telles que le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF) préconisent une prise en charge pluridisciplinaire, "mais dans la réalité, ça n'existe pas", ajoute encore la médecin "il y a une errance diagnostique pour ces femmes".

Une prise en charge multidisciplinaire

Pour remédier à cette prise en charge "décousue", Lucia Rugeri a eu l'idée de s'associer avec une collègue gynécologue, Gaëlle Duliège. Plusieurs fois par semaine, elles accueillent des patientes durant trois heures, pour un diagnostic complet.

Une consultation avec la gynécologue, une échographie pelvienne, une consultation d'hémostase et un bilan sanguin,

cite-t-elle. "À l'issue de ces quatre actes, on se réunit avec ma collègue et on propose une solution à la patiente". Il s'agit souvent en premier lieu d'un traitement symptomatique, voire d'une intervention chirurgicale si nécessaire.

On travaille ensemble pour trouver une solution rapidement

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Cette prise en charge est d'autant plus nécessaire, juge Lucia Rugeri, que les règles abondantes ont des répercussions "sur la santé mais aussi sur la vie professionnelle" et le quotidien des femmes. Elles affectent leur qualité de vie, ont un impact sur leurs sorties, leur pratique sportive, leur vie sexuelle. 

Selon un sondage réalisé par Opinium Research pour Hologic, entre juillet et août 2017, 87% des femmes souffrant de règles abondantes ressentent une extrême fatigue, 69% rapportent un épisode dépressif et une femme sur deux souffre d'anémie.

Plusieurs patientes ont déjà reçu un diagnostic au sein de ce nouvel hôpital de jour, et les rendez-vous se remplissent petit à petit pour le mois de janvier. Un second site devrait ouvrir au première trimestre 2022 à l'hôpital Femme Mère Enfant, qui appartient également au Hospices Civils de Lyon. L'objectif, dans un premier temps, est de recevoir 20 femmes par semaine

Comment savoir si je souffre de règles abondantes ?

Grâce au score de HIGHAM. Il se calcule en comptant le nombre de protections périodiques utilisées chaque jour de menstruations. "Si le score est supérieur à 100, on considère qu'il s'agit de règles abondantes ; au-delà de sept jours également. Le fait de prendre un traitement avec du fer est aussi un critère de sévérité des règles", explique Lucia Rugeri. 

Le score de HIGHAM permet de déterminer si vous souffrez de règles abondantes
Le score de HIGHAM permet de déterminer si vous souffrez de règles abondantes
- Hospices Civils de Lyon

Ce test est disponible sur la page d'informations que les docteurs ont créée pour informer les femmes. Le score est d'ailleurs demandé avant chaque rendez-vous. 

Pour aider les femmes à réaliser leur diagnostic et à s'informer sur les règles abondantes, un site internet très complet www.regles-abondantes.fr a été créé par la société Hologic, leader mondial dans le traitement chirurgical des règles anormalement abondantes. 

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