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À Paris, une femme soupçonnée d'injections esthétiques illégales interpellée après un banal contrôle routier

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Les spécialistes mettent en garde contre les injections clandestines d'acide hyaluronique
Les spécialistes mettent en garde contre les injections clandestines d'acide hyaluronique
© Maxppp - CARO LAURENT

INFO FRANCE INTER - Une jeune femme a été interpellée mardi 4 janvier dans le 15ème arrondissement de Paris. Alors qu'ils menaient, à l'origine, un contrôle routier classique, les policiers ont découvert ce qui ressemble à un cabinet clandestin où étaient pratiquées des interventions esthétiques.

[MISE A JOUR] La jeune femme a été mise en examen vendredi 7 janvier pour "exercice illégal de la médecine, travail dissimulé, trafic de substances classées comme psychotrope et blanchiment". Elle a été placée sous contrôle judiciaire.

Le soir du mardi 4 janvier, les policiers du 15ème arrondissement de Paris voient leur attention captée par ce qui ressemble avant tout à une automobiliste peu prudente : une jeune femme est train de téléphoner en conduisant. Mais ce qui s'annonce comme un banal contrôle routier prend une tout autre tournure lorsque les fonctionnaires jettent un œil dans la voiture. Une quantité importante de boîtes de seringues et quelques billets de banque traînent dans l'habitacle. À tel point qu'un billet de 500 euros s'échappe du sac de la conductrice lorsqu'elle saisit ses papiers d'identité. L'inventaire est dressé, les calculs faits : la conductrice transporte environ 5.000 euros en liquide. 

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Boîtes d'acide hyaluronique

Face à ces ressources qu'elle semble avoir du mal à justifier, la jeune femme, âgée de 22 ans, est placée en garde à vue. Les policiers sont ensuite intrigués par l'intense activité de son téléphone portable, qui ne cesse de recevoir des notifications. Toutes sont en lien avec un même compte Instagram aux plus de 30.000 abonnés, dont le nom et les lèvres pulpeuses en guise de photo de profil laissent peu de doute quant à l'activité qui y est liée : des injections esthétiques. Tarifs à l'appui : 170 euros l'injection antiride, 130 euros le lifting des sourcils (pour un tarif affiché autour de 250 euros sur les sites de médecins déclarés), entre autres.

La suite des investigations conduit les enquêteurs jusqu'à un appartement dont le mobilier et les accessoires ressemblent fort au contenu d'un cabinet clandestin. Des boîtes d'acide hyaluronique (produit utilisé en médecine esthétique pour combler les rides) ainsi que leurs factures, au nom de la jeune femme, y sont découvertes. Les documents les plus anciens datent de juin 2020, laissant supposer que les actes ont été opérés depuis plus d'un an et demi.

Mise en garde des professionnels

L'automobiliste, qui se présente comme étant infirmière libérale, conteste les faits devant les enquêteurs. Son train de vie semble cependant très éloigné des revenus de sa profession déclarée : des accessoires de luxe, dont une montre d'une valeur de plus de 50.000 euros, ont été découverts à son domicile, et d'importante sommes d'argent en liquide ont été versées sur son compte en banque.

Cette interpellation intervient alors que le Syndicat national de chirurgie plastique reconstructrice et esthétique met en garde contre ces injections clandestines, et les graves conséquences qu'elles peuvent avoir, lorsqu'elles sont mal pratiquées, ou que les conditions d'hygiène nécessaires ne sont pas respectées. L'acide hyaluronique ne devrait être fourni qu'à des médecins, mais se trouve facilement sur Internet. 

La peine encourue pour exercice illégal de la médecine est de deux ans de prison et 30.000 euros d'amende.