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Accès aux études de médecine : une réforme mal anticipée ?

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Amphithéâtre de la fac de médecine à Nantes, en septembre 2020
Amphithéâtre de la fac de médecine à Nantes, en septembre 2020
© Maxppp - Romain Boulanger

Depuis septembre, la très exigeante PACES a disparu pour laisser place à deux voies d'accès distinctes. Mais selon un rapport du Sénat publié ce vendredi, la mise en place de cette nouvelle formule s'est fait trop rapidement, dans un contexte rendu plus complexe encore par la crise sanitaire.

Pavée de bonnes intentions, mais mal ficelée. La refonte de l'accès aux études de santé a été insuffisamment préparée et trop vite appliquée, selon un rapport du Sénat publié ce vendredi. Décidée en 2019, la réforme visait à mettre fin à l'échec massif en première année de médecine et à changer le mode de sélection pour diversifier les profils en sortant de la logique des "bêtes à concours". Depuis la rentrée dernière, la très exigeante PACES (Première année commune aux études de santé) a disparu. Sauf que la nouvelle formule catalyse les critiques. 

Désormais, pour accéder aux études de santé, les étudiants ont le choix entre deux voies : un parcours spécifique accès santé (PASS) ou une licence avec option "accès santé" (L.AS). Avec le PASS, l'accès est plus direct, tandis qu'en choisissant la L.AS, les étudiants font une licence (de droit par exemple), en suivant à côté une mineure santé qui leur permettra de tenter leur chance.

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Réforme peu lisible

Mais selon les parlementaires, qui ont évalué ce nouveau système, le calendrier a été trop serré : votée en juillet 2019, la réforme a pris effet un an plus tard, en septembre 2020. Et ce malgré la crise sanitaire, qui a rendu encore plus complexe la mise en place de cette usine à gaz. "On a manqué de temps, de communication, de transparence, et de lisibilité de la réforme", constate la sénatrice centriste Sonia de La Provôté. "Il y a autant d'universités que d'interprétations de la réforme."

Faute de moyens, les filières proposées en L.AS ne sont pas toujours riches, et le nombre de places proposées pas toujours à la hauteur. D'autant que les redoublants de l'ancienne PACES prennent aussi des places. "Le sujet, c'est de ne pas rajouter de l'échec à l'échec", poursuit Sonia de La Provôté. "À la fois on ne réussit pas à accéder aux études de santé, et à la fois on ne réussit pas à être dans la licence qu'on aurait souhaitée."

Ces difficultés s'ajoutent à celles de la pandémie. Pour la sénatrice, il aurait été judicieux de reporter la réforme d'un an ou deux. Elle estime également que les étudiants qui ont essuyé les plâtres cette année mériteront une bienveillance et une indulgence toute particulières. 

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