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Affaire des bébés sans bras : à Guidel, le comité d'experts n'a pas identifié de cause

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Le comité d'experts chargé de déterminer les causes possibles de cas groupés d'enfants nés avec un bras malformé n'a pas réussi à établir la cause de ces malformations
Le comité d'experts chargé de déterminer les causes possibles de cas groupés d'enfants nés avec un bras malformé n'a pas réussi à établir la cause de ces malformations
© Getty - Catherine Delahaye

Le comité d'experts mis en place début 2019 et chargé de déterminer les causes possibles de cas groupés d'enfants nés avec un bras malformé, n'a pas réussi à établir la cause des malformations identifiées à Guidel dans le Morbihan. Il recommandé de renforcer la surveillance de ces anomalies. Déception des familles.

Le comité d'experts sur l'affaire des bébés sans bras a rendu jeudi soir ses conclusions sur les quatre cas identifiés à Guidel dans le Morbihan entre 2009 et 2014. Il conclue à l'absence de causes identifiées. "Pas d'exposition identifiée à un facteur de risque commun aux quatre grossesses, ou à une surexposition à risque dans l'environnement de résidence des familles" dit le rapport. Le comité avait été mis en place début 2019, pour tenter de déterminer les causes des malformations. S'ils avaient conclu en juillet de la même année à "l'absence d'excès de cas" dans l'Ain, ils avaient voulu mener des investigations supplémentaires en Bretagne.

Une enquête qui arrive cinq ans trop tard

À Guidel dans le Morbihan, Samuel Bernard est le papa d'une petite fille née en 2013 avec une malformation du bras gauche. Son bras s'arrête en dessous du coude. Il est déçu bien sûr qu'on n'ait pas trouvé de cause commune aux différents cas identifié dans la région, mais il ne s'attendait pas finalement à grand-chose de ce comité d'experts. On a mis peu de moyens pour l'enquête, dit-il, et on s'est mis bien trop tard à investiguer. "On avait donné l'alerte en 2015. Quand on voit que la nouvelle enquête n'a eu lieu qu'en 2020, évidemment, dans les questions qu'ils ont pu poser aux exploitants agricoles,  ils se sont heurtés au fait qu'on fonctionne sur la mémoire des gens, regrette Samuel Bernard. "Il n'y avait plus de cahier d'épandage qui consignaient le traitement parce qu'ils étaient censés être conservés aussi longtemps. Donc, on savait bien que l'enquête aurait des limites." 

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"Pour autant on a ce cluster"

Déception aussi d'Emmanuelle Amar, lanceuse d'alerte sur ces cas de bébés sans bras. Pour elle, c'est la méthode qui pêche, la recherche des causes, dit-elle, a été trop sommaire. _"Ils partent de l'hypothèse qu'il faut que tous les cas aient été au contact de la même substance pour avoir cette malformation. Or, il se peut très bien que tous ces cas ne partagent pas la même exposition. Pour autant, on a ce cluster" r_appelle-t-elle. 

Les familles regrettent que le comité d'experts mentionne pour l'une des mères dans son rapport d'avoir fumé durant sa grossesse. C'est culpabilisant, disent-elles, et ça n'explique rien. 

Seul espoir : que ces clusters et cette enquête rendent les autorités à l'avenir plus vigilantes sur l'apparition de malformations congénitales en France et l'existence de facteurs de risque.