Affaire McKinsey : Véran dit "ne pas savoir" ce que seraient les "dérives" ou "abus" dénoncés par Le Maire

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Affaire McKinsey : Véran dit "ne pas savoir" ce que seraient les "dérives" ou "abus" dénoncés par Le Maire

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Olivier Véran dans le studio du 7h/9h30 de France Inter
Olivier Véran dans le studio du 7h/9h30 de France Inter
© Radio France

Sur France Inter ce lundi, le porte-parole du gouvernement a pris le contrepied du ministre de l'Économie, qui reconnaissait une "dérive" dans l'utilisation de cabinets de conseil "depuis des années" par l'exécutif. Olivier Véran dit également "ne pas comprendre" l'accusation de favoritisme.

Après l'ouverture de deux informations judiciaires par le Parquet national financier pour "tenue non-conforme des comptes de campagne" et "favoritisme et recel de favoritisme", liées au cabinet de conseil McKinsey, les positions varient au sein du gouvernement. Sans commenter la décision du PNF, le ministre de l'Économie et des Finances avait ainsi estimé dimanche que "depuis des années, on avait pris, sans doute trop, l'habitude de dire que l'administration n'est pas capable de faire ce travail, on va externaliser et demander à des cabinets de conseil".

"Je pense qu'il y a eu effectivement une dérive, que cette dérive a été corrigée", estime également Bruno Le Maire. "Notamment par la circulaire de la Première ministre qui a demandé à toutes les administrations de réduire de 15% le recours aux cabinets de conseil."

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"Clair et transparent"

Une position que ne comprend pas bien Olivier Véran : interrogé sur France Inter ce lundi, le porte-parole du gouvernement a réfuté toute "dérive" ou tout "abus" dans l'utilisation de cabinets de conseil par l'exécutif ces dernières années. "Je ne sais pas ce que c'est qu'une dérive ou un abus, je sais que quand j'ai eu besoin de rattraper l'Allemagne dans la campagne vaccinale, j'ai fait appel à une entreprise qui venait de conseiller l'Allemagne dans l'élaboration des centres de vaccination."

"Quand j'étais ministre en charge de la Santé, j'ai passé des contrats publics avec un système d'appel d'offres", poursuit Olivier Véran lorsqu'on évoque les accusations de favoritisme. "On a un système de carrousel, qui fait qu'à tour de rôle les entreprises se voient attribuer des contrats. Tout est super clair et transparent."

L'invité de 7h50
10 min

Des entreprises privées pour pallier le manque de fonctionnaires

En deux ans et demi à ce ministère, 54 commandes ont été passées avec le cabinet McKinsey, pour 27 millions d'euros ("sur un montant total lié à la crise Covid qui se compte en milliards", précise-t-il). "On a l'impression que j'ai passé mes journées à signer des contrats, mais il y en a qui sont renouvelés régulièrement. Si vous regardez bien, les entreprises qui nous ont conseillés sur cette période ont conseillé l'Allemagne, ont conseillé la Suisse... Moi, je n'ai pas constaté d'abus, dans mon ministère."

Olivier Véran estime que cette affaire pose deux sujets sur la table : "Il y a une hyper concentration des entreprises de conseil, qui se sont rachetées les unes les autres et qui sont devenues prééminentes, ce qui fait probablement monter les prix. Et le deuxième sujet, c'est que si on fait appel à des boîtes privées pour conseiller l'État, c'est parce qu'on a moins de fonctionnaires ! Il y a eu les programmes de réduction des fonctionnaires, dont certains présidents se sont fait les hérauts. Si aujourd'hui, on considère que c’est à l'État de conserver ces compétences, très bien : qu'on réinternalise."