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Affaire Adrien Quatennens : le député du Nord poussé à siéger hors de la Nupes

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Certains membres de la Nupes sont favorables à ce que le député Adrien Quatennens soit exclu de l'alliance de gauche
Certains membres de la Nupes sont favorables à ce que le député Adrien Quatennens soit exclu de l'alliance de gauche
© AFP - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT

Les députés ont repris les débats dans l'hémicycle lundi. Adrien Quatennens, visé par une plainte de sa femme, n'était pas présent. L'élu LFI est poussé à siéger en dehors de la Nupes.

Après s'être mis en retrait de sa fonction de coordinateur de la France Insoumise, Adrien Quatennens va-t-il devoir quitter la Nupes ? La question se pose au sein de l'alliance de gauche, alors que les parlementaires ont fait leur rentrée ce lundi. Le député La France insoumise du Nord, qui ne s'est pas montré à l'Assemblée lundi, est visé par une enquête pour violences conjugales. Après deux mains courantes, son épouse, avec qui il est en instance de divorce, a déposé plainte au commissariat de Lille le 26 septembre, a-t-on appris ce lundi.

"Le mieux serait qu'il se mette en retrait"

Au sein de la Nupes, les élus ne sont pas tous d'accord sur la manière de gérer ces soupçons de violences. La députée écologiste Sandrine Rousseau confiait la semaine dernière sa gêne. Comment dénoncer la présence dans l'hémicycle du député Damien Abad, apparenté parti présidentiel et mis en cause par plusieurs femmes pour des affaires de viol en ayant à ses côtés un député qui reconnaît avoir giflé son épouse ? "Le mieux serait qu'il se mette lui-même en retrait du groupe", estime-t-elle.

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Olivier Faure, le patron du Parti socialiste, est sur la même ligne. Il juge qu'"un député n'est pas un ministre, il est élu et pas nommé, on ne peut l'obliger à démissionner, en revanche son parti peut l'exclure". Exclu de LFI, Adrien Quatennens de facto ne siègerait plus sur les bancs de la Nupes, et il serait considéré comme député non inscrit.

Jean-Luc Mélenchon opposé à une exclusion

Au sein de la France Insoumise, des militantes plaident pour une telle exclusion. Elles estiment qu'un homme sous le coup d'une enquête judiciaire pour violences ne peut porter la parole d'un parti qui a fait campagne en mettant en avant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes. Certains députés, qui sont dans les premiers cercles de la direction exécutive du mouvement, poussent en interne pour une exclusion temporaire.

Jean-Luc Mélenchon et son bras droit le député Manuel Bompard eux, s'y opposent fermement, convaincus que l'automne social va bientôt occuper l'espace médiatique. Cela laisserait d'après eux le temps à Adrien Quatennens de se consacrer à sa défense. "Les Français ont la mémoire courte", estime l'Insoumis en chef. "Jean-Luc se trompe", considère un élu insoumis. "En politique, il n'y a pas de droit immuable à porter la parole politique. Et quand il y a dichotomie entre ton comportement et ta cause politique, même si on est l'un des meilleurs, il faut savoir en tirer les conséquences", poursuit-il.