Agriculture, présence française au Mali, cannabis, vote blanc : sur Twitch, Jean-Luc Mélenchon ouvre le débat

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Agriculture, présence française au Mali, cannabis, vote blanc : sur Twitch, Jean-Luc Mélenchon ouvre le débat

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Jean-Luc Mélenchon était sur Twitch mercredi soir.
Jean-Luc Mélenchon était sur Twitch mercredi soir.
- Capture d'écran #AlloMelenchon

L'équipe du candidat de la France insoumise développe sa chaîne sur la plateforme Twitch avec un nouveau rendez-vous, appelé #AlloMelenchon. Une émission qui permet au candidat de discuter pendant près de deux heures avec des internautes, sans contrainte.

Loin des matinales radio, des journaux télévisés et des articles de presse écrite, Jean-Luc Mélenchon a trouvé un nouveau moyen de s'adresser à ses électeurs. L'équipe du candidat de la France insoumise développe sa chaîne sur la plateforme Twitch, avec notamment une émission : #AlloMelenchon. Lors de cette émission, dont le deuxième épisode a eu lieu mercredi soir, Jean-Luc Mélenchon converse pendant plus d'1 h 30 avec entre 3.000 et 4.000 "viewers" via le chat mais aussi près de 2.000 personnes via Twitter Space, les conversations audio de Twitter.

La plateforme représente pour lui un espace de parole sans contrainte. "Aller sur Twitch nous permet de faire face à deux problèmes que nous avons avec le système médiatique", explique le responsable numérique de la campagne, Antoine Léaument. "Il y a premièrement la limite temporelle, parce que quand on va sur des émissions qui durent huit minutes, on n'a pas le temps de développer sur le fond un sujet." Sur Twitch, il n'y a pas de limite de temps, la plupart des émissions durent plusieurs heures.  

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L'autre intérêt de la plateforme est de ne pas avoir de contrainte thématique, "parce que quand on va sur un média, il y a des sujets d'actualité auxquels on doit répondre et en général il est beaucoup question de sécurité et d'immigration et ça ne permet pas forcément d'aborder les thèmes qui sont les nôtres", souligne Antoine Léaument.

Catogan, titularisation des contractuels et nucléaire

Mais alors de quoi parle Jean-Luc Mélenchon pendant près de deux heures, en direct ?

Les thèmes abordés dépendent des questions posées par les internautes, et sont sélectionnés par Clémence Guetté, co-responsable du programme l'Avenir en commun, et Antoine Léaument. En deux émissions, ils ont discuté de légalisation du cannabis, de chasse, des conditions de travail dans le domaine de la santé, d'agriculture, de nucléaire, de formation professionnelle, liberté de genre, de plats végétariens à la cantine ou encore des conditions de vie des étudiants et professeurs d'université. Le tout saupoudré par des anecdotes sur la coupe de cheveux avec catogan de Jean-Luc Mélenchon pendant le premier confinement, ses recommandations lecture ou encore sur les "cuvées France insoumise" de 2017.

Lors du premier stream, il a beaucoup été question d'éducation. Pour un orateur comme Jean-Luc Mélenchon, Twitch est une aubaine puisqu'il a pu parler pendant plus de 15 minutes, sans interruption, du développement de la recherche fondamentale, de la titularisation des personnels contractuels de l’Éducation nationale, de l'allocation d'autonomie pour les jeunes ou encore du dédoublement des classes.

PAC, abstention et Mali

Lors du deuxième stream #AlloMelenchon, le candidat a été interrogé à deux reprises sur l'agriculture. L'occasion pour lui de détailler son programme à ce sujet, notamment la réforme agraire qu'il ambitionne de réaliser en France pour partager les terres et retrouver ainsi "une agriculture vivrière" et "une souveraineté alimentaire". Jean-Luc Mélenchon a aussi abordé des questions liées à la vie des agriculteurs, à améliorer, le blocage des prix financé par les distributeurs, une réorientation des objectifs de la Politique agricole commune (PAC) ou encore la question de la qualité de notre alimentation, "parce que l'épidémie de diabète, on la paye tous, parce que l'épidémie d'obésité, on la paye tous, parce que les cancers qui résultent des pesticides, on les paye tous, donc tout le monde est concerné". C'est ce thème qui a été le plus développé.

Il a aussi été question de la formation professionnelle, de l'abstention, de la liberté de genre et des aides pour les sans-abri. Magie d'internet, Jean-Luc Mélenchon a aussi été interrogé par un internaute qui habite au Mali. L'intervention de la France dans le pays a donc été longuement abordée par le candidat. 

Cet exercice est l'occasion pour Jean-Luc Mélenchon de préciser son programme mais aussi d'en dévoiler davantage sur sa personnalité. Les viewers ont donc pu découvrir que oui, il compte légaliser le cannabis mais que non il n'en fume pas ; que oui il adore dessiner, mais que non il ne publiera pas ses dessins "parce que c'est intime" ; ou encore qu'il ne joue pas aux échecs, "parce qu'il est déjà occupé sur un autre échiquier" et parce qu'il a "horreur de perdre".

Développer la chaîne pour conquérir de nouveaux électeurs

Le nombre d'internautes a augmenté entre le premier et le deuxième stream, atteignant un pic à 6.000 personnes en direct mercredi soir. Parmi eux, beaucoup connaissent déjà le programme et font partie des Insoumis. Mais pas que, assure Antoine Léaument. "On a des profils très différents, probablement qu'il y a des gens déjà convaincus qui écoutent mais ça leur permet d'avoir des arguments", explique-t-il. Mais "l'idée pour nous est néanmoins de toucher un public nouveau". Il compte alors sur l'algorithme de Twitch pour proposer les vidéos de la chaîne à d'autres viewers afin de "toucher des gens qui n'étaient pas déjà convaincus". Sur la dernière émission, il a relevé que la chaîné a gagné environ 1.000 abonnés.

"On est plutôt satisfaits du résultat", note Antoine Léaument. "On va continuer à l'avenir parce que ça nous permet de développer notre programme et de donner des arguments de fond aux gens pour faire un choix en avril prochain qui soit un choix éclairé." Le responsable numérique de Jean-Luc Mélenchon estime par ailleurs que Twitch va "monter en puissance pendant la présidentielle". Le but pour l'équipe du candidat est alors "de commencer maintenant pour être très forts dans la fin de la campagne présidentielle".