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Amazon pourrait ne payer qu'une partie du nouvel impôt mondial sur les multinationales

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Le géant Amazon pourrait échapper à une partie du futur impôt mondial sur les géants de la tech
Le géant Amazon pourrait échapper à une partie du futur impôt mondial sur les géants de la tech
© Getty - Patrick Pleul/picture alliance

Les ministres des Finances du G7 ont annoncé samedi un accord "sans précédent" sur un impôt mondial minimum et une meilleure répartition des recettes fiscales provenant des multinationales, particulièrement les géants du numérique. Pourtant l'un d'eux, Amazon, pourrait réussir à y échapper...

Le G7 Finances, qui s'est tenu à Londres samedi, s'est engagé sur l'objectif d'un taux d'impôt mondial sur les sociétés d'au moins 15% d'après la déclaration commune de fin de Sommet. Cet accord du groupe des sept grandes puissances mondiales que sont le Royaume-Uni, les États-Unis, la France, l'Italie, le Canada, le Japon et l'Allemagne est un grand pas vers une réforme ambitieuse visant les grandes entreprises de technologie, souvent américaines, qui paient des impôts dérisoires malgré des énormes profits, en se domiciliant dans des pays où le taux d'impôt sur les sociétés est très faible, voire nul. Objectif : mettre fin aux disparités fiscales entre les pays. Il faut donc que les multinationales payent leurs impôts dans le pays où sont réalisés les bénéfices.

Les pays où opèrent les grandes multinationales, sans avoir une présence physique, devraient se voir attribuer des droits d'imposition sur au moins 20 % des bénéfices dépassant une marge de 10 % pour les entreprises multinationales les plus grandes et les plus rentables.

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Certaines ONG dénoncent un futur taux d'imposition trop faible, alors que des pays comme l'Irlande le trouvent trop élevé (en Irlande en effet, le taux est actuellement de 12,5%).

Le modèle d'Amazon : des marges faibles mais un gros volume

Mais l'aspect le plus controversé de cet impôt pourrait bien venir d'Amazon, géant mondial dont le patron, Jeff Bezos, est aussi la première fortune mondiale, avec plus de 200 milliards de dollars d'actifs. C'est du moins ce qu'a révélé The Guardian.

En 2020, la marge bénéficiaire du groupe américain n'était que de 6,3 %, selon The Guardian. Or, la conclusion du Sommet stipule bien que ce nouvel impôt s'appliquerait sur les bénéfices dépassant une marge de 10%. Et même si de janvier à mars 2020, le bénéfice net du groupe a plus que triplé par rapport à la même période en 2019 (8,1 milliards de dollars) et que le chiffre d'affaires a lui aussi explosé (108,5 milliards de dollars), les marges bénéficiaires restent faibles. 

"Amazon gère son activité de vente au détail en ligne avec des marges bénéficiaires très faibles, en partie parce qu'elle réinvestit massivement et en partie pour gagner des parts de marché" selon The Guardian.  

Les décideurs mondiaux s'engagent 

Pourtant, la secrétaire au Trésor américain, Janet Yellen, avait assuré samedi à la sortie du G7 Finances que Facebook et Amazon seraient visés par la proposition. 

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Le ministre des Finances français, Bruno Le Maire, a lui aussi déclaré que les Gafa seraient concernés. Il a affirmé qu'il "se battra pour que ce taux d'imposition soit le plus élevé possible".

Ce lundi, le secrétaire général de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) Mathias Cormann, a aussi dit qu'il s'attendait à ce qu'Amazon figure parmi les entreprises concernées par cette réforme. L'OCDE est justement l'organisation chargée de préparer l'accord final.

Nouvelle étape fin juin pour de nouvelles discussions impliquant les 140 pays de l'OCDE puis les 9 et 10 juillet avec la réunion des ministres des finances du G20 et des gouverneurs de banques centrales à Venise avant le Sommet du G20 mi-octobre en Italie, où l'accord final pourrait être adopté.