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Après 40 jours dans une grotte, les 15 volontaires de l'expérience "Deep Time" retrouvent la surface

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Ces 15 volontaires ont passé 40 jours dans l'une des plus grandes grottes d'Europe, dans l'Ariège
Ces 15 volontaires ont passé 40 jours dans l'une des plus grandes grottes d'Europe, dans l'Ariège
© Maxppp - Stéphanie Leborne

Ils s'étaient "confinés" volontairement dans une grotte de l'Ariège dans le cadre d'une expérience scientifique sur la manière notamment dont notre cerveau perçoit le temps. Les 15 volontaires sont finalement sortis ce samedi matin, fatigués, surpris qu'on soit déjà le 24 avril, et même... un peu déçus.

Les aventuriers souterrains sont "frustrés de sortir", assure Stéphane Besnard, coordinateur de l'expédition. Il faut dire qu'entre l'épidémie de Covid-19, le réchauffement climatique et la campagne présidentielle qui commence, il y a de quoi avoir envie de rester quelques mois de plus sous terre

Aucune manière de connaître l'heure

Une chose est sûre : les volontaires "se portent bien", même s'ils seront suivis médicalement à plus long terme pour être sûr qu'il n'y a aucune séquelle. "Physiologiquement, le soleil est nocif à grande dose, mais à petites doses, il est important, notamment pour fabriquer de la vitamine D, essentielle dans plein de choses dans le corps", rappelle ainsi Stéphane Besnard.

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"Ils devraient donc récupérer assez vite. Sur le long terme, en revanche, l'expérience pourrait bien avoir joué sur l'aspect émotionnel."

Pas de lumière naturelle, donc, mais aussi pas de montre ni de téléphone. Sortis ensemble, les uns derrière les autres, un peu hagards et fatigués, les participants à l'expérience semblaient toutefois heureux, ce samedi matin.

"J'ai eu besoin de demander deux ou trois fois la date"

Ils étaient surtout surpris : les volontaires ne pensaient pas que c'était déjà l'heure du retour. Pour eux, on n'en était qu'à 30 ou 33 jours. Maximum ! "Je suis la première à avoir vu [les deux responsables de l'expérience], je les ai signalés aux coéquipiers qui ne me croyaient pas", raconte Tiphaine. "C'était bien vrai. J'ai eu besoin de leur demander trois fois de me montrer leurs téléphones portables avec la date et l'heure !"

Elle raconte même qu'il y a eu, parmi les participants, "beaucoup de tristesse de se dire que c'était fini, un peu de regret de quitter cette belle grotte"

Au programme de leurs 40 jours pour s'occuper : jeux de cartes, lecture et exploration de la grotte, qui court sur des centaines de mètres. "Une autre façon d'apprécier la relativité du temps", confie un autre confiné volontaire.