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Après Google et Snapchat, Facebook tente le pari (perdu d'avance) des lunettes connectées

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Les Stories conçues avec Facebook ressemblent avant tout à des lunettes
Les Stories conçues avec Facebook ressemblent avant tout à des lunettes
© AFP - Joan Cros / NurPhoto

Jeudi, Meta, la maison mère de Facebook, lance en France les "Stories", des lunettes connectées co-imaginées avec la marque Ray Ban. Une nouvelle tentative de faire adopter au public des lunettes high-tech, après de nombreux essais jamais vraiment concluants.

Appelez-les "Stories", exactement comme ces petites séquences courtes qu’il est facile de partager sur Instagram ou Facebook. Et pour cause, ces lunettes ont pour vocation d’enregistrer des séquences jusqu’à une minute, facile à partager sur les réseaux sociaux. Ce jeudi, Meta, maison-mère de Facebook, rend disponibles en France ses lunettes connectées, conçues avec le fabricant Ray Ban - dont elles reprennent le design classique.

Pour Meta, le pari est de taille, car, jusqu’à présent, les lunettes connectées n’ont jamais trouvé leur public - depuis plus de dix ans, les tentatives se suivent et se ressemblent dans leurs échecs respectifs. En 2011, c’était Google qui avait lancé un projet révolutionnaire de lunettes sans verres mais munies d’un écran capable d’afficher des informations ou des notifications. Lancées en 2013 sous la forme d’un prototype en test grand public, elles n’ont jamais dépassé cette phase, et Google a abandonné le projet en 2015, avant de le réorienter quelques années plus tard vers les professionnels uniquement.

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Google, Bose, Amazon ou Snapchat n’ont pas réussi le défi

Sans écran, mais avec des verres solaires et de petites caméras, les Spectacles, fabriquées par Snap Inc, ont été lancées en 2016, avec un concept simple : en tapotant sur l’une des branches de la lunette, on lançait l’enregistrement d’une courte séquence vidéo facile à partager sur Snapchat. En un an, l’entreprise n’en a vendu que 150.000 exemplaires dans le monde. Elle a continué à mettre à jour et à actualiser ses lunettes, mais aujourd’hui, les Spectacles 4, les premières à intégrer la réalité augmentée, ne sont… pas accessibles au grand public mais seulement aux "créateurs de contenus".

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Sans écran ni caméra, la marque Bose, spécialisée dans les enceintes et haut-parleurs, a aussi lancé une gamme, nommée Frames, de lunettes capables de diffuser du son sans écouteurs. Initialement il s’agissait d’un concept innovant de lunettes de réalité augmentée audio : un système nommé BoseAR, qui promettait par exemple de vous en GPS uniquement avec la voix, ou de vous proposer l’audioguide d’un musée en fonction des tableaux que vous regardez. Mais mi-2020, Bose a annoncé la fermeture de sa branche BoseAR : depuis, les Frames, toujours vendues, sont donc devenues de simples écouteurs bluetooth innovants.

Amazon, qui a lancé ses "Echo Frames", mise sur le même concept : intégrer son assistant Alexa à une paire de lunettes… et c’est tout. Là aussi, les retours sont mitigés et l’appareil n’est pour l’instant pas disponible en Europe. Quant aux projets plus innovants, qui incluent l’affichage d’informations à l’écran, ils sont encore à l’état de concepts ou de prototypes : Samsung, dont un concept de lunettes de réalité augmentée a fuité en 2021, n’en a pour l’instant pas donné officiellement de nouvelles. Fin 2021, Xiaomi a présenté un modèle d’avant-garde, les Mi11T, tout en affirmant qu’il ne serait jamais commercialisé en l’état. Et Apple, toujours attendu sur le marché, semble selon les rumeurs se rapprocher de l’annonce d’un produit similaire.

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Des lunettes en retard de trois ans au moins ?

Alors qu’en est-il pour les lunettes Stories, de Facebook et Ray Ban ? La prise en main de l’objet nous a laissés dubitatifs : les Stories ont un fonctionnement très simple, d’une simple pression sur une branche, on lance l’enregistrement d’une vidéo grâce aux capteurs (de 5 mégapixels) posés sur les coins de la monture. Les lunettes sont aussi dotées d’un système sonore intégré au’ ’exécuter quelques actions sommaires.

Si tout cela fonctionne certes très bien, on a cherché la nouveauté dans ce produit… sans succès. Le produit se trouve à mi-chemin entre les Spectacles de Snap Inc. et les Frames de Bose, deux produits qui d’une part ont respectivement six ans et trois ans d’ancienneté, et dont le succès est tout relatif.

Créer un terrain favorable pour le metavers

Le véritable atout de Facebook avec ce modèle, c’est de s’être associé avec Ray-Ban. Avant d’être des lunettes connectées, ce sont donc avant tout des lunettes, que l’on peut porter même lorsqu’on n’utilise pas leurs fonctions connectées (les Spectacles ou les Google Glass sont par exemple bien moins faciles à porter). Le design très familier des lunettes rend leur aspect connecté presque invisible, et par conséquent très acceptable. Bien plus acceptable que n’importe quel casque de réalité virtuelle, par exemple.

Et si, après tout, c’était cela que cherchait Meta avec ses lunettes ? En proposant un modèle connecté qui offre des technologies en retard sur l’innovation, mais rodées et discrètes, Facebook habitue une partie des utilisateurs et des utilisatrices à porter des lunettes connectées, auxquelles ils vont, même une fois de temps en temps, parler ou qu’ils vont connecter à leur smartphone.

Un terrain parfait pour une transition en douceur, plus facilement acceptable par le public, vers de possibles futurs modèles plus connectés mais aussi plus intrusifs… en vue du fameux metavers, qui à n’en pas douter, devra passer d’une manière ou d’une autre par des lunettes connectées. Et une stratégie qui serait, ainsi, aussi habile que cynique.