Après les feux de forêt en Gironde, la chasse aux emplacements pour panneaux photovoltaïques

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Après les feux de forêt en Gironde, la chasse aux emplacements pour panneaux photovoltaïques

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A landiras, des promoteurs de parcs solaires cherchent des emplacements.
A landiras, des promoteurs de parcs solaires cherchent des emplacements.
© Maxppp - LP / Arnaud Journois

À Landiras, en Gironde, après les feux de forêts de l'été, des promoteurs de panneaux photovoltaïques lorgnent les parcelles brûlées pour implanter de nouveaux parcs solaires. Le maire s'inquiète d'un développement anarchique.

À Landiras (Gironde), à peine les braises éteintes, le maire a été approché par des promoteurs de parcs solaires. "Ils arrivent un peu tôt" commente Jean Marc Pelletan alors que la village se remet tout juste des incendies monstres de l'été qui ont ravagé 2000 hectares sur sa commune. Certains propriétaires forestiers sinistrés ont reçu des promesses commerciales alléchantes. "Je connais un propriétaire qui a eu 12 hectares de brûlés" raconte l'édile. "Le coût de la replantation des arbres est estimée à 18.000 euros. Il ne les mettra pas. Il sera peut-être tenté par le photovoltaïque."

Le maire de Landiras n'est pas contre le photovoltaïque, mais il s'inquiète d'un développement anarchique, d'un mitage de la forêt : "On ne va pas mettre 3 hectares de panneaux par-ci, 10 hectares par-là. À la limite je veux bien une ferme photovoltaïque sur le territoire et puis c'est tout. Alors pour l'instant, c'est circulez, il n'y a rien à voir."

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Avec 20.000 hectares de forêt incendiés, le potentiel est énorme en Gironde et la tentation est grande pour certains opérateurs en quête de foncier d'accélérer le déploiement du photovoltaïque.

"Il faut que l'État cadre les choses"

Vincent Vignon, le représentant régional du Syndicat des énergies renouvelables (SER) qui regroupe les acteurs économiques de la filière dénonce "des vilains petits canards dans la profession" et met en garde comme des sollicitations parfois trop belles pour être réalistes.

"C'est vraiment dommageable pour tout le monde que certains propriétaires forestiers soient séduits par l'approche commerciale de certains opérateurs. Ils vont croire que, après avoir tout perdu (parce que malheureusement certains n'étaient pas assurés), qu'ils peuvent tirer un revenu lié à l'énergie. Ça ne pas arriver !" Et de rappeler que tous les projets doivent se conformer au code forestier : "Le code forestier rappelle qu'une parcelle forestière, même si elle a été incendiée, ne peut pas accueillir une installation solaire." Pour cela, il faut faire une demande de changement de vocation administrative, qu'on appelle une demande de défrichement. Et aujourd'hui, ajoute Vincent Vignon, "une parcelle qui a été incendiée, c'est un motif de refus de défrichement".

Le SER n'est pas contre l'implantation de parcs solaires dans les forêts, il en promeut ailleurs, mais il demande à l'État de cadrer les choses sur les milliers d'hectares incendiés cet été. Le maire de Landiras espère aussi un schéma départemental pour toute la Gironde pour accompagner le déploiement du photovoltaïque, afin que les élus territoriaux ne se retrouvent pas seuls face à gérer les nombreuses sollicitations.