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Astérix et Obélix : quatre excellentes raisons de se ruer à l’exposition Uderzo au Musée Maillol à Paris

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Affiche de l'exposition Uderzo au Musée Maillol
Affiche de l'exposition Uderzo au Musée Maillol
- Musée Maillol

Des dessins d’enfant aux dernières aventures d’Astérix et Obélix, l’exposition chronologique met en lumière un immense nom du dessin disparu en 2020 à travers une impressionnante collection d’originaux.

Daltonien, doté de six doigts, prénommé Albert comme son frère mort, fils d’un artisan luthier et d’une femme de ménage… Rien à la naissance d’Uderzo ne laissait envisager une carrière de dessinateur. Et pourtant malgré ses doigts de bûcheron, le deuxième papa d'Astérix dessinait comme un virtuose. Et il sut mettre en image, comme personne, le génie de Goscinny. 

Découvrir ses débuts précoces et son passage par la presse 

Très tôt, Albert Uderzo dessine et très bien. Au point que son instituteur le remarque et lui offre une boite de crayons de couleur, un premier encouragement à poursuivre dans cette voie. Comme le dessinateur gardait tout, on peut admirer dans l’exposition ses premiers dessins dont un exceptionnel et très touchant poisson. Marqué par les dessins animés de son idole Walt Disney (ne disait-il pas qu’il voulait être le "Walt Disney de la Rue de Montreuil" dans le 11e arrondissement à Paris où il résidait), son dessin va se rapprocher un temps, du style unique du géant de l’animation hollywoodienne. 

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A 13 ans, il abandonne l’école pour travailler et se former au dessin. Il place ses premiers croquis chez l’éditeur de Bibi Fricotin et des Pieds Nickelés. Puis pour gagner sa vie, il vend des dessins de presse aux rubriques judiciaires de grands journaux comme France-Soir. Son style n’est pas encore très affirmé, mais cette expérience lui permet de pratiquer son talent, avant de démarrer dans le 9e art avec Jehan Pistolet - le musée Maillol en expose des calques, où tout est déjà là, ou presque.  

Obtenir les clefs de son talent  

Dans l'exposition Uderzo, comme une potion magique, les premiers dessins
Dans l'exposition Uderzo, comme une potion magique, les premiers dessins
- FI

Outre ce don qu’il a pu cultiver, la discipline à laquelle il se tenait et le temps énorme passé à dessiner, Albert Uderzo maitrisait les codes du 9e art. Cet autodidacte curieux maniait, comme Franquin qu’il admirait, l’art du lettrage et des onomatopées. Il excellait dans la restitution de décors - et pas seulement antiques. 

Surtout, ce dessinateur marqué par le cinéma savait mettre en scène de façon magistrale. Ses planches sont immédiatement compréhensibles, et fluides, l’œil ne bute jamais. C’est "la ligne super claire", disait-il. 

Après Jehan Pistolet, suivra Belloy. Puis en 1951 à la World Press il fait la connaissance de René Goscinny. Une rencontre déterminante pour tous les deux. Les compères commencent par dessiner des pages de Sa majesté mon mari. Bien avant #metoo, il s’agissait de transmettre les règles de savoir-vivre aux femmes pour qu'elles deviennent bonnes épouses. Très vite, le duo s’arrange pour distiller de l’humour dans les petites scénettes. La même année, naît Oumpah-Pah. Ce personnage incroyable d’Indien mit du temps à trouver son public, mais finit par avoir du succès grâce au Journal de Tintin

Il excellait dans la restitution de décors - et pas seulement antiques.
Il excellait dans la restitution de décors - et pas seulement antiques.
- FI

Voir des planches originales exceptionnelles  

Admirer autant de planches mythiques n’arrive pas tous les jours. L’exposition au Musée Maillol est l’occasion de vérifier que chez Uderzo, les repentirs sont rares : le dessin coule avec une incroyable impression de facilité ! 

Parmi ces dessins originaux, on peut admirer les calques de Chirac apparaissant sous les traits du personnage Caius Saugrenus dans Obélix et compagnie (1976), ou l’apparition d’Idéfix dans les pages du Tour de Gaule d'Astérix (1963). 

Le petit chien est glissé au départ dans le scénario comme un détail d’une scène du début de l’album. Le dessinateur s’en empare. Il lui fait suivre les deux héros tout au long du récit sans qu’ils ne s’en émeuvent. Jusqu’à la fin, où le chien blanc aboie et où Obélix se penche vers lui. C’est gagné, Idéfix est adopté ! 

Chez Uderzo, les repentirs sont rares
Chez Uderzo, les repentirs sont rares
- FI

Savoir comment Obélix est tombé dans la marmite 

En 1959, Uderzo et Goscinny inventent les deux Gaulois les plus célèbres de la BD… L’un d’eux n’a pas le droit à la potion magique préparée par le druide pour combattre les Romains. L’origine de ce qui va devenir un running gag des aventures d'Astérix et Obélix n’est jamais donnée.

Dans l’exposition, on peut admirer les planches d’une petite histoire inventée en 1988 qui fournit l’explication - on vous laisse la surprise...

Rendre un hommage au dessinateur disparu en 2020 

Décédé au début de l’épidémie de Covid, Uderzo n’a peut-être pas reçu tous les honneurs dus à sa carrière. Pourtant, les dessins des auteurs de BD lui témoignant leur admiration sont nombreux. Au musée Maillol, on peut admirer ainsi des croquis de Zep, de Franquin… Ces dessins ornaient le bureau d'Albert Uderzo, une reconnaissance pour l’autodidacte qu’il était.  

Uderzo, comme une potion magique au Musée Maillol à Paris du 27 mai au 30 septembre.

=> ALLER PLUS LOIN : Blutch commente une planche de "La Grande Traversée" d'Astérix et Obélix

On vous laisse la surprise de l’origine de la chute d'Obélix dans la potion magique
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- FI

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