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Attal accuse la mairie de Paris de camoufler une partie de sa dette, Hidalgo porte plainte

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La maire de Paris Anne Hidalgo et le ministre des Comptes publics Gabriel Attal
La maire de Paris Anne Hidalgo et le ministre des Comptes publics Gabriel Attal
© AFP

La maire de Paris annonce mercredi porter plainte pour "diffamation" contre le ministre des Comptes publics après que celui-ci a comparé sur France Inter un système dérogatoire pour compenser la préemption de logement au "système de Ponzi", à savoir un montage financier frauduleux.

Elle juge la comparaison "irresponsable". La maire de Paris Anne Hidalgo annonce mercredi que la ville qu'elle dirige porte plainte pour "diffamation" contre le ministre des Comptes publics, Gabriel Attal. Invité de France Inter le matin même, ce dernier a en effet qualifié un dispositif de loyers capitalisés mis en place entre 2015 et 2022 de "délirant" et l'a comparé à la fraude de "Ponzi", manœuvre notamment employée par l'escroc Bernard Madoff.

"Il s'agit à l'évidence d'un mensonge extrêmement grave qui met en cause la probité et l'image de la Ville, de ses élus et de ses fonctionnaires", accuse la maire de Paris dans un communiqué diffusé sur son compte Twitter, qui dénonce des "fake news énoncées en toute connaissance de cause" par le ministre.

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Système "absolument délirant" qui "relève du Ponzi", selon Attal

Derrière ce terme technique de "loyers capitalisés" se cache un système qui permet à la ville de préempter des logements, de les inclure dans le parc social, mais de réclamer au bailleur qui va les exploiter l'avance des loyers des prochaines décennies pour compenser l'endettement. Une astuce assumée par la gauche, tandis que la droite parisienne l'a déjà qualifiée de "filouterie".

Interrogé mercredi matin sur la hausse de 50% de la taxe foncière dans la capitale, Gabriel Attal a estimé qu'il y avait "par ailleurs un enjeu de réforme à la ville de Paris", évoquant de lui-même ce système "absolument délirant" selon lui, quoique "légal" car "mis en place de manière dérogatoire à l'époque de François Hollande".

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Le ministre des Comptes publics affirme ensuite avoir "mis fin à ce système" qui n'est "pas sain" en prenant ses fonctions au printemps 2022. "La vérité, c'est qu'il y a aujourd'hui un milliard d'euros d'endettement en plus pour la Ville de Paris lié à ce système. Honnêtement, ça relève du Ponzi", lâche-t-il finalement. "Vous endettez la ville sur des années, et vous récupérez les loyers de décennies à venir pour équilibrer un budget aujourd'hui."

"Propos outrageants", "fake news"

"Le ministre chargé des Comptes publics a, une nouvelle fois, asséné ce jour une série de mensonges qui portent préjudice à la réputation et à l'honneur de la ville de Paris", indique un communiqué partagé dans l'après-midi sur le compte Twitter d'Anne Hidalgo, indiquant son intention de poursuivre en diffamation le ministre pour les "propos outrageants" tenus sur France Inter.

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Le communiqué indique notamment que c'est la ville de Paris qui "a souhaité y mettre un terme" et n'a elle-même "pas demandé de nouvelle dérogation aux loyers capitalisés pour son budget 2023". Jusqu'ici, "les services du ministère des Finances ont formellement validé sa mise en œuvre chaque année jusqu'en 2022". Il insiste également sur la "très rigoureuse" élaboration des comptes de la ville, de dotations que le gouvernement "n'a eu de cesse de réduire" et de dispositifs d'aide dont la ville "ne bénéficie à ce stade".

"La ville de Paris demande aussi à la Premiere ministre de faire cesser la diffusion de ces fake news énoncées en toute connaissance de cause afin que le débat public retrouve sa sérénité et sa crédibilité", conclut le texte.

Y aurait-il un enjeu plus large et plus politique ? Ces dernières semaines, le ministre des Comptes publics s'en est pris régulièrement à la maire de Paris, notamment sur la hausse de la taxe foncière annoncée mi-novembre et la gestion des finances de la capitale.  Selon le Journal du dimanche, le nom du ministre reviendrait "sans cesse" dans les possibles candidats pour succéder à Anne Hidalgo dans quatre ans. Lui "s'interdit d'y penser", d'après son entourage cité par le JDD.