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Au Mexique, un robot va livrer des pilules abortives dans les États qui n'ont pas légalisé l'avortement

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Le robot "rAborta" distribue des pilules abortives dans des États où l'avortement est illégal au Mexiaque.
Le robot "rAborta" distribue des pilules abortives dans des États où l'avortement est illégal au Mexiaque.
- Women on Web

Des associations ont présenté, mercredi à Mexico, “rAborta”, un robot qui va distribuer des pilules abortives dans les États mexicains n’ayant pas encore légalisé l’avortement. Un dispositif qui exploite un vide juridique.

Le robot “rAborta” a été présenté mercredi, au lendemain de la Journée mondiale du droit à l'avortement, par un collectif d'associations féministes. À l'origine, il s'agit d'un robot "Dogness" utilisé par les propriétaires de chiens pour les surveiller, leur parler et leur distribuer des friandises. C'est un petit appareil, haut d'à peine 30 centimètres, avec des roues et une caméra intégrée. Géré via une application mobile depuis la capitale mexicaine, son objectif sera là de délivrer... des pilules pour interrompre la grossesse après une approbation médicale.

Cette initiative a été lancée à la suite de la décision du 7 septembre de la Cour suprême du Mexique qui a déclaré inconstitutionnelle la criminalisation de l'avortement, entrant en vigueur immédiatement dans l'État de Coahuila et ouvrant de facto la voie à la légalisation dans tout le pays, mais pas à une dépénalisation, puisque chaque État dispose de son propre code pénal.

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Des pilules abortives distribuées par un robot

À l'intérieur du robot se trouvent des pilules de Mifépristone and Misoprostol qui provoquent l'expulsion spontanée de la grossesse de l'utérus. La Mifépristone bloque l'hormone progestérone, qui est nécessaire au maintien de la grossesse. Le Misoprostol renforce les contractions et aide à expulser les produits de la conception de l'utérus. Le procédé consiste à prendre une pilule de Mifépristone puis, 24 heures plus tard, quatre pilules de Misoprostol. 

Prises seules, les pilules de Misoprostol, disponibles en pharmacie sans prescription y compris dans les États qui interdisent l'avortement, ne sont efficaces que dans huit cas sur dix, souligne Jennifer Gonzales, coordinatrice de l'une des associations participantes, Women on Web, interrogée par France Inter.

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Un dispositif qui exploite les failles juridiques

Sur les 32 États mexicains, seuls quatre, Mexico, Oaxaca, Hidalgo et Veracruz ont légalisé l'avortement jusqu'à 12 semaines de gestation, quelle qu'en soit la cause. Dans la plupart des régions du pays, il est donc illégal d'avorter, sauf en cas de viol et dans certaines régions, si la vie d'une femme était menacée. Onze robots ont déjà été lancés dans onze États du Mexique qui n’ont pas encore légalisé l’avortement : Baja California, Chihuahua, Coahuila, Sonora, Sinaloa, Guanajuato, État de Mexico, Chiapas, Morelos, Tamaulipas et Nuevo León. 

Si une femme souhaite avorter dans l'un de ces États, elle peut donc s'adresser à l'une des 85 associations locales féministes participantes. À l'aide du robot, elles pourront échanger au cours d'une consultation à distance avec un médecin spécialiste qui prescrira le médicament depuis la capitale mexicaine.

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La prescription des médicaments pour l'avortement est donc réalisée depuis en dehors de l'État où l'avortement est illégal. Ainsi le dispositif n’enfreint pas la loi, il en exploite les failles juridiques, explique Jennifer Gonzales : “Le robot est un moyen de transport, il est contrôlé et expédié depuis Mexico où l'avortement n'est pas pénalisé, respectant ainsi les codes pénaux des États.”