Publicité

Avec la BAC de Rouen, le goût de l'action et de l'adrénaline

Par
Une semaine dans la vie des "baqueux" de Rouen, avec l'équipe de Tony.
Une semaine dans la vie des "baqueux" de Rouen, avec l'équipe de Tony.
© Radio France - Sophie Parmentier

Ils sont 47 policiers à la brigade anti-criminalité de Rouen. Le "chef BAC" s'appelle Tony, vingt-ans de terrain, "à courir après le bandit". Yannick est le commandant de police qui dirige cette unité. Les "baqueux" de Rouen se voient "comme une famille".

Chaque jour, à la BAC de Rouen, c'est le même rituel dans le grand bureau de la brigade, où sont accrochés des gyrophares et alignés des talkies-walkies. L'équipe de Tony se salue chaleureusement, blague, échange, prend un café, fait un point sur la vacation qui va commencer : une vacation de onze heures, sur le terrain. Onze heures rythmées par les appels radio et l'inconnu. Au début de chaque journée, les policiers en civil  enfilent leurs gilets pare-balles, souvent dissimulés sous un tee-shirt. Puis, ils s'arment. Chacun a son pistolet Sig Sauer à la ceinture. Mais la brigade s'équipe aussi avec des tasers, des lanceurs de balles de défense, des grenades, et il y a désormais des fusils d'assaut pour chaque patrouille, depuis 2015.

Episode 1 : "Ça peut basculer en une seconde !"

Anthony, le "chef BAC", que tout le monde appelle Tony, Yannick, le commandant de police, et Laurent, un des 47 "baqueux" de l'équipe, entrent dans la salle qui renferme tous les armes, les vérifient, et les chargent dans l'une des voitures banalisées, avant de partir en patrouille. Sur les ondes radio, premier appel d'urgence : on recherche des voleurs de collier...

Publicité

Avec la BAC de Rouen / EPISODE 1

4 min

Tony et son équipe de la BAC de Rouen, préparant l'armement qu'ils chargent dans leurs voitures banalisées pour chaque patrouille.
Tony et son équipe de la BAC de Rouen, préparant l'armement qu'ils chargent dans leurs voitures banalisées pour chaque patrouille.
© Radio France - Sophie Parmentier

Episode 2 : "À 17 heures, place Saint-Vivien, on interpelle"

Au volant d'une des voitures banalisées, François. Dans un autre véhicule, Tony, conduit par Jean-Luc. En équipe, la BAC cherche à repérer dans les rues de Rouen un homme qui vient de tenter de voler un téléphone dans le sac d'une jeune mère de famille. L'homme est décrit sur les ondes radio. Les policiers pensent l'avoir repéré et l'interpellent, sur le trottoir.

Avec la BAC de Rouen / EPISODE 2

4 min

Un policier de la BAC de Rouen, face à un homme qu'il vient d'interpeller, pour un vol présumé.
Un policier de la BAC de Rouen, face à un homme qu'il vient d'interpeller, pour un vol présumé.
© Radio France - Sophie Parmentier

Episode 3 : "Dans le jargon, c'est une planque"

Il est 20 heures, ce soir-là, quand la BAC de Rouen part en planque. Douze hommes et femmes sont mobilisés, effectifs de la BAC jour et de la BAC nuit mêlés. L'un des "baqueux" a eu une information qui semble précieuse : un trafiquant de drogue que la brigade connaît bien et qui leur échappe sans cesse, se ferait livrer des stupéfiants après la tombée de la nuit. Les policiers ont entendu parler d'une heure approximative, et de deux lieux possibles, où la remise de drogue pourrait avoir lieu. Il leur faut quadriller une vaste zone, avec des dédales de ruelles. Ils décident de mettre plusieurs véhicules en planque, certains discrètement stationnés, d'autres en mouvement. D'autres policiers sont dissimulés en piétons. Tous sont reliés par talkies-walkies. La planque démarre, une longue attente, des poussées d'adrénaline, et finalement pas d'interpellation ce soir-là. "Il n'y a pas toujours de l'action, à la BAC, aussi de la patience", conclut Tony.

Avec la BAC de Rouen / EPISODE 3

4 min

Yannick, commandant de police, dirige la brigade anti-criminalité, ainsi que d'autres unités, à Rouen. Il était dans la même voiture que Tony, le soir de la planque visant un trafiquant de drogue.
Yannick, commandant de police, dirige la brigade anti-criminalité, ainsi que d'autres unités, à Rouen. Il était dans la même voiture que Tony, le soir de la planque visant un trafiquant de drogue.
© Radio France - Sophie Parmentier

Episode 4 : "J'ai été pris en grippe avec mon nom tagué sur les murs."

A la BAC de Rouen, les effectifs sont surtout masculins. Tony, le "chef BAC", a dans son équipe quarante-deux hommes et quatre femmes. La benjamine a 28 ans, et se sent parfois "protégée" par ses collègues, mais a l'impression de "devoir prouver deux fois plus". Elle s'insurge contre les violences policières, affirme qu'elle ne s'est jamais dit "on a fait une connerie", voudrait que la population ait en tête que la police fait face à des situations souvent très tendues. Amadou, lui, est "le seul black de la BAC". Il en rigole. Et explique que souvent, sa couleur de peau lui vaut d'être encore plus ciblé que certains de ses collègues, dans certains quartiers populaires, comme sur "Les hauts de Rouen", dit "Les hauts". Là-bas, il s'est plusieurs fois entendu dire qu'il était un "traître", et son nom a été tagué sur les murs. Dans ces quartiers, Amadou, comme François, ont déjà été visés par des tirs de mortiers. 

Avec la BAC de Rouen / EPISODE 4

4 min

Jean-Luc, un des policiers de la BAC de Rouen, s'équipant avec le LBD, le lanceur de balles de défense, utilisé pour faire face aux violences urbaines, ou dans des manifestations de gilets jaunes.
Jean-Luc, un des policiers de la BAC de Rouen, s'équipant avec le LBD, le lanceur de balles de défense, utilisé pour faire face aux violences urbaines, ou dans des manifestations de gilets jaunes.
© Radio France - Sophie Parmentier

Episode 5 : "On est une petite famille."

Les "baqueux" de Rouen sont sur le terrain onze heures par jour. Certaines semaines, ils travaillent cinq jours, et donc cinquante-cinq heures hebdomadaires, sans compter les heures supplémentaires. D'autres semaines, ils ne sont là que deux jours. Mais les "grosses semaines, on est plus avec les collègues qu'avec nos familles", constate François. Pour lui, d'ailleurs, la BAC de Rouen est "comme une petite famille". Soudée. Par des liens très forts, noués dans la noirceur du quotidien, et avec l'adrénaline qui anime tous les policiers de cette brigade parfois montrée du doigt. A Rouen, les "baqueux" jurent qu'ils ne se prennent pas pour des cow-boys. Ils disent qu'ils font "avec humilité" leur métier de policiers de terrain, aimant plus que tout, rattraper le bandit en flagrant délit.

Avec la BAC de Rouen / EPISODE 5

4 min

La porte du bureau des "baqueux" de Rouen. Ils ont revisité l'emblème officiel des BAC, en y ajoutant un scorpion.
La porte du bureau des "baqueux" de Rouen. Ils ont revisité l'emblème officiel des BAC, en y ajoutant un scorpion.
© Radio France - Sophie Parmentier