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Avec la pandémie, la galère pour trouver des toilettes en ville

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Toilettes publiques (sanisette) à Paris 16ème
Toilettes publiques (sanisette) à Paris 16ème
© Radio France - Stéphanie Berlu

La fermeture des bars, cafés et restaurants a nettement réduit l’offre sanitaire des villes. Depuis un an, trouver un endroit pour se soulager est devenu un vrai casse-tête.

"Je pense que c’est la première fois de ma vie, pourtant je suis parisienne !", s’exclame Emmanuelle, dans la queue devant les sanisettes de la place de la République à Paris, vendredi 23 avril. Depuis la fermeture des bars, cafés et restaurants, il ne reste guère d’autre option que les 750 toilettes publiques de la ville de Paris, alors elle s’est décidée et a franchi le pas. "J’y retournerai mais j’attends quand même que les bars rouvrent", espère-t-elle.

37 % de WC fermés avec la crise

Avec les bars, restaurants, cafés et centres commerciaux fermés, au total 37 % des toilettes publiques n’ont pas pu ouvrir pendant la crise, révèle une étude IFOP pour Diogène France rendue publique mercredi 28 avril. Et avec une offre aussi diminuée, 45 % des Français disent avoir souffert d’un manque d’accès à des toilettes en ville, selon cette même étude. 

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Venus à Paris rendre visite à leurs enfants, Jean-Marc et son épouse en profitent pour faire un peu de tourisme. Et quand le besoin de faire pipi arrive, il faut bien trouver une solution : "On veille à ne pas trop s’éloigner de chez nos enfants, comme ça dès qu’on a besoin d’aller aux toilettes, on peut vite rentrer", expliquent-ils.

750 toilettes à Paris

Avec un toilette pour 2 929 habitants, Paris se classe troisième des villes les mieux loties du pays, derrière Rennes et Grenoble. Par comparaison, Strasbourg ne compte qu’un sanitaire pour 14 736 habitants, selon une étude de l’Académie de l’Eau, publiée en mai 2020. Chaque année, les sanisettes de la capitale comptabilisent près de 15 millions d’entrées, c’est deux fois plus que la tour Eiffel ! 

Mais souvent considérées comme "trop sales", "odorantes" ou "peu adaptées aux claustrophobes", elles repoussent certains comme Sébastien, qui préfère rester à moins d’un kilomètre de chez lui pour pouvoir rentrer rapidement dès qu’une envie pressante se fait sentir. "Symboliquement, les toilettes publiques, et c’est bien dommage, me dégoûtent. Alors qu’elles sont nettoyées à chaque passage. Mais il suffit d’une mauvaise expérience", regrette le trentenaire.

La débrouille

Pour ceux qui préfèrent éviter les toilettes publiques, il faut donc trouver des subterfuges. Romane, 26 ans, mise sur le bon vouloir des commerçants : "Plusieurs fois, je me suis retrouvée à devoir aller dans des magasins tels que des librairies. Heureusement, il y a des gens sympa qui nous laissent aller aux toilettes". Vladimir préfère encore se cacher dans une ruelle peu passante pour uriner à l’abri des regards. Marc, quant à lui, a visité les toilettes de la plupart des mairies d’arrondissements.