Avec la réforme des retraites, les femmes vont devoir en moyenne travailler plus longtemps que les hommes

Publicité

Avec la réforme des retraites, les femmes vont devoir en moyenne travailler plus longtemps que les hommes

Par
Olivier Dussopt, ministre du Travail, après la présentation de la réforme des retraites lundi
Olivier Dussopt, ministre du Travail, après la présentation de la réforme des retraites lundi
© AFP - Ludovic Marin

Le texte de la réforme des retraites, dans la version qui a été présentée ce lundi matin en conseil des ministres, est accompagné d'une étude d'impact que France Inter a pu se procurer. Celle-ci confirme notamment que les femmes seront davantage touchées par le recul de l'âge de départ.

Le document très dense – plus de 110 pages – accompagne le projet de réforme des retraites qui a été présenté ce lundi au conseil des ministres, celui qui sera donc présenté au Conseil d'État et examiné au Parlement à partir du 30 janvier. L'étude d'impact revient à la fois sur le constat actuel sur le système de retraites et sur les conséquences possibles de la réforme, qui prévoit à la fois un décalage de l'âge légal de départ et une augmentation du nombre de trimestres travaillés.

Jusqu'à quatre mois de différence entre les hommes et les femmes

Parmi ces conséquences, celles sur les inégalités entre les hommes et les femmes dans l'accès à la retraite. Selon le rapport, "au total, la réforme des retraites conduit à un relèvement de l'âge moyen de départ à la retraite de 1 mois en moyenne pour la génération 1962 et de 6 mois pour la génération 1966", ceci prenant en compte des statistiques comme l'âge moyen auquel on commence à travailler.

Publicité

Mais "cette hausse moyenne est plus marquée pour les femmes (+7 mois) que pour les hommes (+5 mois)", explique aussi le rapport.

Au maximum, sous l'effet de la réforme, on peut voir par exemple que les femmes nées en 1972 devront travailler en moyenne 9 mois de plus que ce qu'elles auraient dû sans la réforme… alors que dans la même génération, les hommes devront travailler cinq mois de plus, soit une différence de quatre mois entre les hommes et les femmes. Pour la génération 1962, cet écart n'était "que" d'un mois.

"Cela rétablit un certain nombre de choses"

Par la suite, sur la génération 1980, cet écart ne se réduit pas : les hommes nés en 1980 devront travailler avec la réforme 4 mois de plus que sans la réforme, contre 8 mois pour les femmes. Le  ministre du Travail Olivier Dussopt s'est exprimé sur cette question lundi à la sortie du conseil des ministres : "Ce décalage s'explique par le fait qu'aujourd'hui, il y a un certain nombre d'assurées femmes qui partent à la retraite de façon anticipée par rapport aux hommes, parce qu'elles tirent bénéfice des majorations de durée de cotisation au titre de la maternité".

Autrement dit, décaler l'âge de départ compenserait ce déséquilibre, ce qui ferait que les femmes, qui aujourd'hui partent en moyenne un peu plus tôt, auraient plus de mois de travail en plus… "Cela rétablit même un certain nombre de choses", selon Olivier Dussopt.

Des hausses de pension un peu plus fortes pour les femmes

En revanche, toujours selon l'étude d'impact, sur le montant des pensions, la hausse devrait être "nettement plus marquée" pour les femmes. Les pensions augmenteraient de 1% pour la génération 1966 (contre 0,2% pour les hommes) et 2,2% pour la génération 1972 (contre 0,9% pour les hommes). Cela découle en réalité du constat précédent : comme les femmes vont en moyenne plus rallonger leur durée de travail que les hommes, elles vont plus cotiser.

Toutefois, même si la réforme réduit les écarts de pensions entre femmes et hommes, ceux-ci restent forts : en 2020, la pension moyenne des femmes équivaut à 75% de celle des hommes.