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Bande dessinée - Que lire cet été ? Sélection de 15 BD inratables

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Couvertures des 15 BD de l'été 2021
Couvertures des 15 BD de l'été 2021
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Campagne napoléonienne, fusillade contre des ouvriers, relation vénéneuse dans le monde littéraire, fable néandertalienne, reportage mêlé de fiction en Algérie, cow-boy mythique face aux femmes, polar avec deux flics antagonistes … Quel(s) album(s) glisser dans sa valise ?

1 - "Le tambour de la Moskova" : l'innocence au milieu du chaos

1812, en pleine campagne de Russie, Vincent Bosse, jeune tambour dans l'armée impériale rencontre l'Empereur et il en est sûr, il lui a souri… Avec son visage d'ange, Vincent est la seule trace d'innocence qui subsiste dans l'univers absurde de la guerre. En 120 pages, Simon Spruyt tricote une histoire autour de ce personnage apparu dans Guerre et paix de Tolstoï. 

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Le tambour de la Moskova par Simon Spruyt Le Lombard

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2 - Mademoiselle Baudelaire : relation vénéneuse et féconde

200 ans après la naissance de l'auteur des Fleurs du mal, le dessinateur de Sambre fait revivre la vie du poète à travers les yeux de celle qui fut sa muse. Une Créole avec laquelle il entretint une relation sensuelle, puissante, mais destructrice.

Mademoiselle Baudelaire d'Yslaire chez Dupuis

3 - "Fourmies la rouge" : quand l'armée tire sur les travailleurs

Le dessinateur Alex W Inker (Panama al Brown, Servir le peuple, Un travail comme un autre...) est né dans une famille ouvrière à Fourmies (Nord). Marqué par les récits de son enfance, il revient sur un épisode sanglant de l'histoire de la ville. Le 1er mai 1881, des grévistes ont défilé malgré l'interdiction (ce n'est pas encore chômé) dans la ville pour demander la journée de huit heures.

Cette courageuse bravade, à une époque où les industriels d'usine textile règnent sur la population, coûtera neuf vies humaines, dont celles d'enfants, et 35 blessés ! 

A travers le parcours de Maria, Kléber, Louise, on assiste à la montée de la tension. Les troupes de gendarmes qui se massent autour de la ville… Pour emplir la ville du sang de ces pauvres hères qui ne demandaient qu'à avoir une vie un peu moins dure. 

C'est raconté avec tact dans un dessin tricolore noir, blanc, et rouge d'autant plus efficace que l'auteur est impliqué : sa propre famille y participa. Très bien raconté, ce récit est poignant, instructif, universel et fait écho à de très contemporaines violences policières.

Fourmies la rouge d'Alex W Inker est paru chez Sarbacane

4 - "Megafauna" : raconter les hommes

Et si Neandertal ne s'était pas éteint, supplanté par Sapiens ? Et si Neandertal vivait encore au Moyen-Âge, isolé derrière une grande muraille façon Game of Thrones ? Nicolas Puzenat imagine l'impossible et en fait une fable avec sa morale. 

ÉCOUTER | Mégafauna dans Bulles de BD

Megafauna par Nicolas Puzenat chez Sarbacane

5 - "Underground" : la musique hors des sentiers battus

36 hommes, femmes ou groupes inconnus du grand public mais avec des œuvres qui ont bousculé, modifié, cassé les codes de la musique. Au menu de cette bible de la musique méconnue : Moondog, SDF aveugle new-yorkais, la chanteuse française la plus engagée de sa génération Colette Magny, un certain Boris Vian, Patti Smith, le plus grand fan du Velvet Underground : Jonathan Richman, le collectif punk Crass, et une légende du Black Metal made in Brest.

ÉCOUTER | Underground dans Popopop et dans La chronique de Mélanie Bauer

Underground par Arnaud le Gouëfflec, illustré par Nicolas Moog chez Glénat

6 - "Suites algériennes" : l'histoire d'un pays proche

Le dessinateur Jacques Ferrandez poursuit son œuvre consacrée à l’histoire de cette partie de la Méditerranée. Et achève (pour l'instant) un récit entamé avec les "Carnets d’Orient (1830-1954)" et les "Carnets d’Algérie" (1854-1962). Cet opus s’intéresse aux années 1962 à 2019.

LIRE | Suites algériennes de Jacques Ferrandez, l’Algérie d’après la guerre d’indépendance

REGARDER | Comment dessiner Suites algériennes ? La leçon de dessin de Jacques Ferrandez

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Suites algériennes de Jacques Ferrandez chez Casterman

7- "Ludwig et Beethoven" : l'enfance d'un génie

1778, Ludwig n'est encore qu'un enfant surnommé "pet au vent" par ses camarades. Son père boit, et ne voit en son fils qu'un gagne-pain. Sa famille est à deux doigts d'être ruinée. Ludwig est sourd, pas vraiment éduqué. Mais dès qu'il joue, la couleur ravive sa vie et celle de son public. Mikael Ross (Apprendre à tomber…) fait du jeune musicien un garçon maladif très crédible, un peu différent et très attachant. Ses envolées colorées puissantes coulent sur les pages pour signifier la musique. Et c'est très beau.

Ludwig et Beethoven de Mikael Ross chez Dargaud

8 - "Pucelle" tome 2 : sexualité coupable

Florence Dupré La Tour nous avait ravis avec son formidable Pucelle. Elle racontait le tabou de la sexualité dans une famille catho-tradi : la sienne. Dans ce nouvel opus, elle poursuit sa description des séquelles sur le corps des adolescentes d'un discours violent et ultra-culpabilisateur sur l’avortement, et le plaisir. Toujours aussi juste, et personnel.

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LIRE | Sur le premier volume : Sexualité en bande dessinée : "Pucelle" de Florence Dupré la Tour, ou les ravages de l’ignorance

Pucelle, Tome 2 - Confirmée de Florence Dupré la tour 

9 - "Une vie d’huissier" : étrange métier

La BD s'ouvre sur une citation du philosophe Alain : "En tout homme, l'action éteint la conscience…" Dessinée à la façon d'un comics d'horreur en noir et blanc, elle raconte la vie d'un huissier cousin de l'auteur à la manière d'une autobiographie. Le récit alterne entre les souvenirs d'enfance et la pratique quotidienne de ce métier difficile qui souvent ajoute de la misère à la misère. Parce qu'il fait toucher de près la condition humaine dans ce qu'elle a de plus dure, il laisse des traces chez qui l'exerce. Fourmillant de trouvailles graphiques, sur un ton décalé et rappelant Moi ce que j'aime c'est les monstres d'Emil Ferris, cet album est très étonnant et fascinant.

Une vie d'huissier de Dav Guedin chez Actes Sud BD

10 - "George Sand" : féministe avant l'heure

La bande dessinée de Séverine Vidal et Kim Gonsigny rend hommage à Georges Sand (Aurore Dupin de son vrai nom). L'écrivaine du XIXe siècle, mit son énergie à se faire reconnaitre comme telle. Ultra libre, elle collectionna les amants (Chopin, Musset…), et mena sa vie comme elle l'entendait entre sa maison de Nohans et Paris. Très fouillée et pleine d'anecdotes, cette biographie rend un bel hommage à cette féministe très moderne pour son époque. Gros coup de cœur.

George Sand, fille du siècle de Séverine Vidal et Kim Gonsigny

11 - "Wanted Lucky Luke" : un cow boy confronté à l'amour

Après l'avoir "tué" dans "L'Homme qui tua Lucky Luke", Matthieu Bonhomme s'empare à nouveau du héros créé il y a 75 ans par Morris pour en faire un homme traqué, et le confronter à de sacrées héroïnes. Pour notre plus grand plaisir.

LIRE | Wanted Lucky Luke de Matthieu Bonhomme, un cow-boy solitaire confronté à l'amour

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Wanted Lucky Luke de Matthieu Bonhomme chez Dargaud

12 - Ceux qui brûlent : duo de flics

Alors qu'un malade asperge ses victimes d'acide, la policière Alix se voit obligée de coopérer avec Pouilloux : chauve, lunette, moustache, chemise ringarde, pas sûr de lui… Une enquête menée pied au plancher, sur des dialogues sans complaisance… Le polar BD de l'été.

Ceux qui brûlent de Nicolas Deghani chez Sarbacane

13 – J'ai tué le soleil : post-apocalyptique et brillant

Après la fin du monde un homme erre en tenue de combat, fusil à la main. Véritable boule de haine, cet enragé croise des loups, et un ours ... Et quand il croise un humain, pas question de solidarité. Mais cet odieux personnage a un secret, un trauma d'enfance violent. J'ai tué le soleil est raconté pied au plancher et le dessin restitue à merveille la tristesse, le glauque et la cruauté des situations. Pour son retour à la BD adulte, Winshluss frappe un très grand coup.

J'ai tué le soleil de Winschluss chez Gallimard BD

14 - L'envol : 

Un épais recueil d'une trentaine de nouvelles signées Kuniko Tsurita. Une très belle anthologie qui rend hommage à cette mangaka des années 1970 et 1980. Décédée prématurément à 37 ans, elle avait déjà beaucoup publié. Ses histoires au trait délicieux, sont variées. Mais le ton souvent noir, féministe, et plein d'autodérision, reste d'une grande modernité.

L'Envol de Kuniko Tsurita chez Atrabile

15 – Impact : polar superbement raconté

Un jeune en marge, un vieil homme malade. Deux trajectoires qui se croisent autour d'un drame. Tout deux ont vécu une nuit tragique faite de course-poursuites et d'échanges de coups de feu. Les deux auteurs racontent avec brio une histoire entre polar et drame social. 

Impact de Gilles Rochier et Deloupy chez Casterman

ET aussi 

  • Un ciel radieux, de Jiro Taniguchi, Habibi de Graig Thompson, Prendre refuge de Zeina Abirached et Mathias Enard, Blue de Kiriko Nananan, Une sœur de Bastien Vivès, ou Olympes de Gouges de Catel… Comme l'année passée l'éditeur Casterman republie des BD emblématiques de son catalogue en petit format à un petit prix. Même initiative du côté de L'Association : huit petits livres très sympathiques et drôles signés Lewis Trondheim (Richard, un personnage de Lapinot), ou Topéfi, Troubs, Olivier Texier... De son côté,  Futuropolis réédite La Déconfiture de Pascal Rabaté, Kongo de Tirabosco et Perrissin, et  Lulu, femme nue d'Etienne Davodeau en petit format. 
  • Un magnifique beau livre signé Lorenzo Mattotti : Rites, rivières, montagnes et châteaux chez Actes Sud BD : au crayon dans des couleurs chaudes, ou à l'encre en noir et blanc, une invitation à l'évasion à travers les mouvements des corps… Superbe.
  • Trois suites inratables : Les sept vies de l'Epervier : ce dernier tome de la série dessiné par Julliard, nous emmène sur les traces du fils enlevé à la belle Ariane de Troil… Chez Dargaud. Le 17e tome de Titeuf de Zep l'emmène en colo. Chez Riad Sattouf, Esther a 15 ans, c'est sa dernière année au collège et la voir évoluer d'année en année est passionnant, à lire dans le tome 6.
  • Du côté des indés : On commence par Francis en vacances de Claire et Jake paru chez Cornélius : ce chien vit des aventures trépidantes, le ton est décalé. Immanquable. Chez 2024 Uos de Benjamin Adam. Dans un décor d'apocalypse grand format, teinté de bleu et de vert, un homme, barbu, revenu à l'état presque primitif, erre au milieu des ruines. Pas un mot ne sort de sa bouche. A quoi bon ? Tout est dit dans ce labyrinthe de ruines. Saisissant ! Pour finir, Acacia 22, une BD du mexicain Edgar Camacho chez Ca et là. Quand votre "soi" d'il y a 50 ans vous écrit... Un récit très bien mené, servi par un dessin puissant. 
  • Un pavé trépidant à la Dumas : pour le bicentenaire de la mort de Napoléon, l'intégrale Double masque de Jean Dufaux et Martin Jamar ! 
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