Publicité

BD, "Joe la pirate" de Virginie Augustin et Hubert, portrait de Barbara Carstairs, femme libre des années 1920

Par
Détail de la couverture de Joe la pirate par Hubert et Virginie Augustin
Détail de la couverture de Joe la pirate par Hubert et Virginie Augustin
- Glénat

Homosexuelle assumée, milliardaire, dingue de sport de vitesse… Cette garçonne qui ne se déplaçait jamais sans sa poupée a eu une vie incroyable. Et tellement moderne pour le début du XXe siècle ! Une trajectoire flamboyante racontée avec brio et élégance par le duo de "Monsieur désire".

Quel personnage ! Née au début du XXIe siècle dans une famille anglaise extrêmement riche (elle est la petite-fille d'un des fondateurs de la Standard Oil de Rockefeller) mais un peu déglinguée, Marion Barbara Carstairs décide très tôt qu'elle s'appellera Tuffy. 

Incapable de verser une larme alors que son entourage attend d'une fille qu'elle pleure, elle est envoyée aux Etats-Unis dans un pensionnat. Entourée uniquement de jeunes femmes, elle va s'épanouir, et décider de s'habiller et de se coiffer comme un garçon. Aujourd'hui, on dirait dans le vocabulaire LGBT, qu'elle est une "butch".  

Publicité

Plein de vies en une

Détail d'une planche de 'Joe la pirate' par Virginie Augustin et Hubert
Détail d'une planche de 'Joe la pirate' par Virginie Augustin et Hubert
- Glénat

Dingue de vitesse, elle devient championne de courses de bateaux. Elle crée une compagnie de taxis, "règne" sur une île, et collectionne les amantes dont une certaine Marlène Dietrich… Pleine d'énergie, cette femme au-dessus des conventions était bluffante, sa vie longue de 93 ans d'une richesse incroyable. 

Pas manichéenne, la biographie imaginée par Hubert ne cache rien des failles du personnage, qui resta toute sa vie très attachée à Lord Wardley, une poupée qu'elle portait sur l'épaule à qui elle parlait beaucoup au point de rendre ses maîtresses jalouses, et de vouloir être enterrée avec ! Pleine d'ambiguïtés, elle interdisait aux habitants de son île des Bahamas de boire de l'alcool ou de "forniquer"…  

Détail d'une planche de "Joe la pirate" d'Hubert et Virginie Augustin
Détail d'une planche de "Joe la pirate" d'Hubert et Virginie Augustin
- Glénat

Le scénariste Hubert (Peau d'homme...) décédé en février 2020, continuait avec ce personnage découvert par hasard d’interroger la question du genre et de la place de l’homosexualité. Le dessin en noir et blanc ultra sobre, et très élégant de Virginie Augustin rend hommage à un personnage hors-norme qui mérite d’être connu. En faisant de cette Joe, une sorte de Tintin aux mille aventures, la dessinatrice rend son parcours naturel. Que l'on soit homosexuel ou pas, la liberté de Marion Barbara Carstairs est inspirante. 

Comment dessiner "Joe la pirate", la leçon de dessin de Virginie Augustin 

Joe la pirate d’Hubert et Virginie Augustin est paru chez Glénat 

Et aussi :  

Détail d'une planche de "Joe la pirate" par Virginie Augustin et Hubert
Détail d'une planche de "Joe la pirate" par Virginie Augustin et Hubert
- Glénat

Une bande dessinée de Séverine Vidal et Kim Gonsigny rend hommage à Georges Sand (Aurore Dupin de son vrai nom). L_'_écrivaine du XIXe siècle, elle aussi, ultra libre, collectionna les amants (Chopin, Musset…), et mena sa vie comme elle l'entendait entre sa maison de Nohans et Paris. Très fouillée et pleine d'anecdotes, cette biographie rend un bel hommage à cette féministe très moderne pour son époque. 

George Sand, fille du siècle par Séverine Vidal et Kim Gonsigny est paru chez Delcourt/Encrages