Publicité

Biathlon : la transformation d'Anaïs Chevalier-Bouchet

Par
Anaïs Chevalier-Bouchet a remporté deux médailles aux Championnats du monde de biathlon, après une pause de plus d’un an consacrée à la naissance de sa fille.
Anaïs Chevalier-Bouchet a remporté deux médailles aux Championnats du monde de biathlon, après une pause de plus d’un an consacrée à la naissance de sa fille.
© AFP - Joe KLAMAR

Les Championnats du monde de biathlon à Pokljuka, en Slovénie, vont se conclure ce week-end. L’équipe de France compte six médailles dont deux pour la seule Anaïs Chevalier-Bouchet. L’Iséroise est revenue sur le circuit cette saison après une pause de plus d’un an consacrée à sa grossesse et à la naissance de sa fille.

Quand on demande à Anaïs Chevalier-Bouchet ce qui a changé chez elle depuis sa seule victoire en Coupe du Monde il y a quatre ans (à Nove Mesto en République Tchèque en 2017), la jeune femme fait la liste : "mon âge, l’expérience, la maturité, mon statut et la maternité évidemment qui m’a beaucoup changé.

Sa grossesse et la naissance de sa fille en octobre 2019 : voilà la tournant dans la carrière de la biathlète de 28 ans. Elle a fait une croix sur toute la saison 2019-2020. Elle est revenue à la compétition à la fin de l’automne dernier après un an d’arrêt. "J’ai rencontré deux sages-femmes qui m’ont très bien accompagnée, autant mentalement que physiologiquement", raconte-t-elle. Mais sur le plan personnel également, son entourage a joué un rôle clé dans son retour au haut niveau. "C’était notre décision, avec mon mari, et on a été très bien entourés avec nos familles, explique Anaïs Chevalier-Bouchet. C’est grâce à lui et grâce à eux que je peux faire ça aujourd’hui parce que toute seule, je n’aurais pas réussi. C’est un projet personnel et je n’avais pas envie de m’entourer de trop de personnes, c’était notre truc à nous."

Publicité
"C’est comme si on avait reprogrammé le moteur d’une voiture en lui mettant 30 chevaux de plus" dit d'elle son entraineur
"C’est comme si on avait reprogrammé le moteur d’une voiture en lui mettant 30 chevaux de plus" dit d'elle son entraineur
© Maxppp - Newscom / dpa picture-alliance / Sven Hoppe

"Il s'est passé quelque chose dans mon corps" 

Cette longue pause lui a donné un nouvel état d’esprit mais aussi un nouveau corps. "Par exemple, je fais beaucoup moins d’acide lactique qu’avant, rigole la biathlète_. C’est assez impressionnant et je pense que physiologiquement, il s’est passé quelque chose dans mon corps." Un constat que confirme son entraîneur. "Elle se déplace plus vite et elle consomme moins d’énergie, détaille Frédéric Jean. Elle a perdu pas mal de poids aussi et sa morphologie a changé après la grossesse. Son rapport poids-puissance est meilleur._ C’est comme si on avait reprogrammé le moteur d’une voiture en lui mettant 30 chevaux de plus__."  

Le résultat est visible : Anaïs Chevalier-Bouchet a glané le week-end dernier en Slovénie l’argent sur le sprint, et le bronze sur la poursuite, pour l’instant les seules médailles pour les Françaises dans ces mondiaux. Et pourtant au moment de rechausser les skis et de reprendre la carabine, l’Iséroise ne savait pas trop à quoi s’attendre. "On a vu plein de retours de maternité plutôt bons mais après me concernant, je n’en savais rien, se rappelle-t-elle pour France Inter_. Je vous parle de ça maintenant mais_ il y a un an, j’étais tellement loin de ce niveau-là et je me disais qu’il y avait un boulot monstre à faire. Il fallait que je me laisse le temps. Honnêtement, je ne pensais pas être aussi rapide sur les skis aussi rapidement. Mais tant mieux."

"C'est plus dur pour moi que pour ma fille" 

Revenue à son meilleur niveau, le plus dur pour elle n’est de gérer les compétitions mais les absences et l’éloignement de sa fille. "Je fais quelques visio avec elle mais pas beaucoup, je n’ai pas envie que ça la perturbe. On fait plus des vidéos. Après, c’est plus dur pour moi que pour elle, je en sais pas si elle s’en rend vraiment compte. C’est terrible : je pense que je suis une maman gaga, une maman poule et tout ce qu’on veut mais j’essaie de me détacher de tout ça. Sinon, je n’avance pas." 

Anaïs Chevalier-Bouchet a l’occasion ce week-end de gonfler encore sa collection de médailles et de confirmer que la jeune maman est bien une championne.