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Burundi : dans les geôles du pouvoir

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Policiers lors d'une manifestation au Burundi
Policiers lors d'une manifestation au Burundi
© Reuters - Goran Tomasevic

Plusieurs semaines après le début du mouvement de contestation lourdement réprimé contre le président burundais Pierre Nkurunziza, notre envoyé spécial Antoine Giniaux a pu rencontrer des manifestants détenus dans une prison dans le centre du pays.

C'est un policier complice qui nous a permis d'accéder à cette prison où sont détenus des Burundais pour leur participation à des manifestations contre le pouvoir en place. Depuis plus d'un mois, le président Pierre Nkurunziza fait face à une vague de protestation (en plus d'une tentative ratée de coup d'État) après sa décision de briguer un nouveau mandat.

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► ► ► Écoutez le reportage intégral d'Antoine Giniaux

"C'était très violent. On te dit que si tu bouges, on va te tirer, on va te fusiller"

1 min

"La situation politique prime sur la justice"

C'est un cachot de dix mètres carrés, sans aucune ouverture, où s'entassent 23 manifestants arrêtés . Lorsque la porte en fer s'entrouvre, ils s'avancent en protégeant leurs yeux : trop de lumière. Parmi les silhouettes, Joseph raconte son arrestation il y a neuf jours.

C'était très violent. On te dit que si tu te déplaces, on va te tirer, on va te fusiller. On nous a amenés dans ce cachot, on ne nous donnait pas à manger, on est sans nouvelle de nos familles.

Nous avons parlé au magistrat, puis il a constaté que le dossier était vide. Puis il nous a dit qu'il ne pouvait pas prendre de décision, que c'était une situation politique qui prime sur la justice .

Pour nous, il n'y a aucune voie de sortie.

Les seuls à avoir quitté le cachot, ce sont trois lycéens de 15, 16 et 17 ans. Après sept jours d'obscurité totale, ils ont été transférés dans une cellule avec fenêtre , et interrogés brutalement. Ils expliquent qu'ils n'ont pas d'eau, et à peine un repas par jour.

Au Burundi, la période légale de détention préventive ne peut pas dépasser deux semaines. Mais le policier qui nous a ouvert les portes explique qu'ici, "toutes les procédures légales ont disparu" .

► ► ► ALLER PLUS LOIN | Un mois de contestation, d'arrestations et de torture