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"C'est mon cœur qui parle" : Nicole, 73 ans, a remis sa blouse d'infirmière pour vacciner contre le Covid

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Nicole, 73 ans, donne de son temps pour vacciner au centre d'Issy-les-Moulineaux.
Nicole, 73 ans, donne de son temps pour vacciner au centre d'Issy-les-Moulineaux.
© Radio France - Cecilia Arbona

Après une longue carrière d'infirmière aux urgences, Nicole Denizot n'a pas hésité à ressortir sa blouse blanche pour participer à la campagne de vaccination en Île-de-France. Mais la septuagénaire "ne veut pas être payée" pour ce don de temps. "Je fais ça pour le bien de la population, c'est tout ce qui m'intéresse."

Depuis un an, on n'a sans doute jamais autant parlé des soignants. La crise sanitaire du Covid a braqué les projecteurs médiatiques sur eux, en particulier les infirmiers, les infirmières. Elle a surtout illustré leurs (mauvaises) conditions de travail, leur épuisement et aussi, très souvent, leur dévouement. Un mot qui qualifie le geste de Nicole Denizot, 73 ans, ex-infirmière. Retraitée depuis plusieurs années, ancienne infirmière des urgences en Île-de-France, elle a ressorti sa blouse pour s'engager, à titre gracieux, dans la campagne de vaccination. 

"Depuis l'âge de huit ans, j'ai dit à mes parents que je désirais être infirmière", raconte-t-elle à France Inter. Plus de 60 ans plus tard et malgré une longue carrière de quatre décennies, cette fille d'ouvrier, mère de deux enfants et également grand-mère, n'a pas perdu la vocation.

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Accueillir, rassurer, vacciner... 

Pendant la première vague, Nicole, qui habite Vanves (Hauts-de-Seine) près de Paris, n'a pas pu prêter main forte car elle sortait elle-même hospitalisée pour une opération du genou. "Je n'étais pas en état de faire quoi que ce soit." Mais une fois rétablie, la septuagénaire, qui ne pouvait pas se retrouver en première ligne à cause de son âge, ne pouvait pas rester sans rien faire. Depuis le début de l'année, elle participe donc à la campagne nationale de vaccination. 

J'étais ravie de remettre ma blouse blanche.

Et il n'a pas fallu attendre longtemps pour que Nicole soit de nouveau sur le pont. Un coup de fil à un médecin avec qui elle a longtemps travaillé à l'hôpital de Clamart et la voilà qui commence à vacciner, "ravie de remettre [sa] blouse blanche". D'abord le personnel d'une des maisons franciliennes de l'association "Perce neige", puis dans un centre de vaccination d'Issy-les-Moulineaux. "C'est important, il faut en sortir et plus de gens seront vaccinés, plus vite on s'en sortira", estime l'infirmière retraitée, qui porte un regard critique sur les restrictions d'âge jusqu'alors imposées par le gouvernement. 

Avec ses airs de danseuse de flamenco, sa chevelure brune, ses bijoux colorés, Nicole Denizot prend plaisir à accueillir au mieux celles et ceux qui viennent se faire vacciner. "Il faut rassurer les gens, les accueillir avec le sourire, c'est ma mission." Elle ajoute d'ailleurs : "J'ai été vaccinée à l'AstraZeneca et je n'ai eu aucun problème !"

Jusqu'alors, Nicole occupait sa vie de retraitée en réalisant des animations dans les maisons de retraite, avec un ami pianiste.
Jusqu'alors, Nicole occupait sa vie de retraitée en réalisant des animations dans les maisons de retraite, avec un ami pianiste.
© Radio France - C. A.

"Je ne veux pas être payée"

Jusqu'alors, Nicole occupait sa vie de retraitée en réalisant des animations dans les maisons de retraite, avec un ami pianiste. Passionnée de chanson française, elle maîtrise le répertoire de Serge Reggiani, Charles Aznavour, Alain Barrière ou Mike Brant. Le don de soi, d'une autre façon. 

Désormais, engagée dans la lutte contre le coronavirus, Nicole Denizot ne reçoit aucun salaire pour chaque journée passée à prêter main forte. Propriétaire de son appartement, avec une retraite qu'elle juge "confortable" et qui lui permet de vivre correctement, elle estime ne pas en avoir besoin, contrairement à celles et ceux qui travaillent encore :

C'est mon cœur qui parle, on a tous besoin de la vaccination. Je ne veux pas être payée, je fais ça pour le bien de la population, c'est tout ce qui m'intéresse.

Son ancienne blouse, toujours propre et repassée, est prête à servir, rangée dans son sac à main. Depuis le début de la campagne, elle assure avoir vacciné plus de 200 personnes, selon les comptes qu'elle tient dans un petit carnet. Elle note aussi, consciencieusement, quel type de vaccin elle administre. Un engagement qui suscite la fierté et l'admiration de ses proches, dit-elle. "Et si on a encore besoin de moi, je continuerai avec ma blouse d'infirmière", ajoute Nicole, qui a déjà proposé ses services pour l'été : "Je serai là jusqu'à la fin de la vaccination, je n'ai rien de prévu pour les vacances."