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"C'était le Titanic" : dans le camp de Valérie Pécresse, les critiques fusent après le meeting du Zénith

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Valérie Pécresse donnait son premier grand meeting de campagne ce dimanche à Paris
Valérie Pécresse donnait son premier grand meeting de campagne ce dimanche à Paris
© AFP - Stephane Rouppert / NurPhoto

Ce devait être le discours de sa vie. Après une semaine difficile, Valérie Pécresse tenait son premier grand meeting dimanche à Paris. A la recherche d’un second souffle dans une campagne qui patine, la candidate de la droite a tenté de fendre l’armure mais, dans son camp, les critiques fusent.

Tout commençait bien. Une heure avant le début du discours de la candidate, le Zénith est plein. Quelque 7 500 militants ont fait le déplacement selon les organisateurs. Il leur faut même ouvrir une seconde salle (le Cabaret sauvage, à quelques centaines de mètres) pour abriter des centaines de personnes n’ayant pu entrer dans la grande salle de concert parisienne. Drapeaux bleu blanc rouge, T-shirts floqués aux couleurs de la candidate, DJette aux manettes d’une table de mixage : l’ambiance est là, l’enthousiasme aussi. “On va gagner ! On va gagner !” scande la foule, avant de reprendre “Valérie présidente !

Comme promis, personne d’autre que Valérie Pécresse n’a les honneurs de la scène. C’est donc dans la fosse que débutent les prises de parole. C’est “le moment Valérie” insistent plusieurs proches. Interpellé sur le pouvoir d’achat, Xavier Bertrand fait le job. Comme depuis des semaines qu’il sillonne la France pour faire campagne pour la candidate, ce dimanche le président des Hauts-de-France mouille la chemise : “La droite courageuse elle est dans cette salle avec Valérie Pécresse, elle n’est nulle part ailleurs.” Une réponse aux attaques, 24 heures plus tôt, d’Eric Zemmour. Le candidat Reconquête accusait la candidate LR “de ne pas être de droite”. 

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"Loin des chemises trempées de Nicolas Sarkozy"

15h30, Valérie Pécresse entre en scène. Un long bain de foule. “Je l’ai sentie très tendue, mais on peut imaginer la pression qu’elle avait sur les épaules”, raconte un parlementaire qui a croisé son regard quelques minutes avant son arrivée au pupitre. Une nuée de drapeaux s’agite dans la salle. “Vous m’avez manqué” commence la candidate, aidée par deux prompteurs. Dès les premiers mots, les visages de certains élus assis dans les premiers rangs se tendent. Famille, sécurité, immigration, santé, pouvoir d’achat : Valérie Pécresse a beau parler à sa droite - quitte à reprendre le lexique de l’extrême-droite en affirmant “Pas de fatalité, ni au grand remplacement, ni au grand déclassement- très vite, de premiers SMS s’échangent. “Manque de souffle” écrit l’un, “ton robotique” répond l’autre. “On est loin du Sarkozy qui finissait ses meetings la chemise trempée” admet un soutien “mais on ne la changera pas”.

En fin de discours, Valérie Pécresse tente de fendre l’armure. “Vous êtes en droit de savoir qui je suis”, lance-t-elle au public. Père, mari, enfants. La candidate raconte son parcours, la genèse de son engagement politique, les moments difficiles, comme la mobilisation contre sa réforme des universités “Cela a été dur, 9 mois de manif. Mes enfants harcelés à l’école. La réforme est passée, personne n’a osé revenir dessus.” Un exercice comparable à celui de Marine le Pen une semaine plus tôt ? Valérie Pécresse ne va pas aussi loin. “Ces cicatrices je ne vous en parlerai pas car elles n’appartiennent qu’à moi et aux miens. Avec cette pudeur je ne transigerai pas.” 

Au micro, pas question de tacler la candidate. Le moment est trop important, les intentions de vote dans un mouchoir de poche avec Eric Zemmour et Marine le Pen. “Les militants sont sortis boostés”, assure un député. “Elle a fendu l’armure, elle a parlé d’elle, il fallait le faire” réagit l’élu Sébastien Huygues. Mais en coulisses, les critiques vont bon train.Où est l’animal politique pour combattre Macron, Le Pen et Zemmour ?" s’interroge un parlementaire. "C’était le Titanic" renchérit un autre, qui ne cache pas sa crainte de nouvelles défections. Beaucoup de cadres ont aussi choisi le silence.