Cannabis thérapeutique : près de 1500 patients ont été suivis et accompagnés depuis un an en France

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Cannabis thérapeutique : près de 1500 patients ont été suivis et accompagnés depuis un an en France

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Le 8 janvier 2022 à Angers, un plant de cannabis dans les locaux de la société "LaFleur", un laboratoire pharmaceutique spécialisé dans le cannabis thérapeutique
Le 8 janvier 2022 à Angers, un plant de cannabis dans les locaux de la société "LaFleur", un laboratoire pharmaceutique spécialisé dans le cannabis thérapeutique
© AFP

Depuis un an, la délivrance de cannabis thérapeutique à usage médical par les pharmaciens est expérimentée en France. Nous sommes à la moitié de ce test, qui s'achèvera l'année prochaine. Depuis mars dernier, près de 1500 patients ont été suivis et accompagnés.

Fin mars 2021, débutait une expérimentation sur la délivrance par les pharmaciens de cannabis thérapeutique à usage médical. Cette expérimentation est réalisée dans un cadre contrôlé et limité auprès de patients souffrant de maladies graves. Après un an de test, l'heure est venue de tirer un premier bilan : près de 1500 patients ont déjà été inclus, accompagnés et suivis par 1522 professionnels de santé participants. Parmi eux, on compte notamment 914 médecins et pharmaciens en "structures de référence", 105 médecins généralistes et 521 pharmaciens en officines de ville. 

Le cadre de l’expérimentation est défini par la Direction générale de la santé et la mise en œuvre et le pilotage opérationnel sont réalisés par l’ANSM (l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament). Cette expérimentation dure deux ans. 

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"C'est vraiment un médicament qui apaise les patients douloureux"

Laure Copel est responsable du pôle soins palliatifs à l'hôpital Diaconesses Croix Saint-Simon à Paris. En un an, elle a prescrit du cannabis thérapeutique à environ une vingtaine de patients. Il est administré tout d'abord "sous forme d'huiles essentielles et donc les patients avalent des gouttes." "L'avantage c'est que ça dure longtemps, c'est une durée d'action qui va permettre d'être préventif puisque l'on fait trois prises par jour et cela couvre toute la journée." L'autre voie d'administration proposée à certains patients, consiste à "inhaler de la poudre de fleurs de cannabis. Là, pour le coup cela ressemble à une vapoteuse comme on peut en avoir avec les cigarettes électroniques mais là c'est une durée d'action qui est courte." 

La plupart des patients à qui Laure Copel prescrit du cannabis thérapeutique souffrent "de maladies graves, chroniques, souvent cancéreuses." "On le propose surtout à des patients qui ont un inconfort généralisé. C'est un médicament qui agit à plusieurs niveaux et apaise divers symptômes. C'est vraiment un médicament qui apaise les patients douloureux et permet à ces patients de prendre moins de médicaments de types opiacés, moins de médicaments contre l'angoisse, qui fait qu'ils améliorent leur qualité de vie." La responsable du pôle soins palliatifs le constate_, "les patients se sentent mieux"_ mais précise que "ça ne remplace pas les médicaments antalgiques puissants que l'on est parfois obligé d'utiliser. Mais on se rend compte que les patients en prendront moins."

L'objectif de l'expérimentation : "montrer que le circuit du produit pouvait être sécurisé"

Laure Copel ajoute qu'il s'agit d'une "famille de médicament complexe et compliquée à prescrire et franchement il vaut mieux être aidé et accompagné pour la mise en route du traitement." Pour terminer, le docteur précise que "dans l'expérimentation, l'objectif n'était pas du tout scientifique. L'objectif était de montrer que le circuit [de distribution - Ndlr] du produit pouvait être sécurisé."

Cette expérimentation sur le terrain sera accompagnée par la remise d'un rapport. D'après l'ANSM, "ce rapport doit être remis 6 mois avant la fin de l’expérimentation, soit le 26 septembre 2022, par le Ministère de la santé au Parlement. Il a pour objectif d’apporter des éléments sur les conditions d’une généralisation du cannabis médical en France."