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Caroline Hayek lauréate du prix Albert-Londres pour ses reportages à Beyrouth après l'explosion

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Les reportages de Caroline Hayek prennent place à Beyrouth, ville dévastée par l'explosion du port en août 2020
Les reportages de Caroline Hayek prennent place à Beyrouth, ville dévastée par l'explosion du port en août 2020
© AFP - Idiris Okuduci / ANADOLU AGENCY

Le prix Albert-Londres, qui récompense chaque année les meilleurs reportages journalistiques, a été décerné ce lundi à Caroline Hayek, journaliste pour L'Orient-Le Jour, quotidien francophone libanais. Il récompense ses reportages réalisés à Beyrouth après l'explosion du port, en août 2020.

La journaliste franco-libanaise Caroline Hayek est la nouvelle lauréate du très prestigieux prix Albert-Londres, remis ce lundi au cours d'une cérémonie à la Bibliothèque nationale de France. Caroline Hayek travaille pour le grand quotidien francophone libanais L'Orient-Le Jour. La distinction, qui couronne ce qui se fait de mieux en matière de journalisme francophone, récompense sa série de reportages dans un Beyrouth en pleine déliquescence depuis les dramatiques explosions du port le 4 août 2020. 

Pour sa 83e édition, le prix coïncide avec la commémoration des 140 ans de la loi sur la Liberté de la Presse. Caroline Hayek est fière, comme Albert Londres au début du siècle, de "porter la plume dans la plaie". "Je suis encore sous le choc", a-t-elle confié à France Inter. "C'est une reconnaissance immense personnellement, mais aussi pour le journal, L'Orient-Le Jour, qui se bat vraiment pour rester présent. Pas mal de médias au Liban sont en train de mettre la clé sous la porte", explique-t-elle. 

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A la rédaction, ça a été pris comme une récompense pour tout le monde, les gens ont sauté de joie. 

"Ils vous ouvrent la porte même s'ils n'ont rien"

"On va continuer, ce n'est que le début de la crise", rappelle-t-elle. Les reportages de Caroline Hayek prennent place dans un Beyrouth où "près de 75% de la population est passée sous le seuil de pauvreté, mais où les gens vous ouvrent la porte de chez eux, même s'ils n'ont rien". Elle raconte l'un de ses reportages dans le quartier de la Quarantaine, l'un des plus pauvres de Beyrouth, voisin du port, où "une famille m'a ouvert la porte, servi des biscuits, du thé, alors que la grand-mère m'expliquait qu'elle servait des patates à la petite parce qu'ils n'avaient rien à manger. Rien que ces petites scènes, c'est porter la plume dans la plaie", dit la journaliste. 

Ils rêvent tous d'aller en Europe, pour eux la France est un paradis... et en même temps, ils disent "Ce pays ne nous donne rien, mais on l'aime". 

Comme tous les lauréats du prix Albert-Londres, Caroline Hayek remporte une dotation de 3 000 euros. A ses côtés, deux autres titres ont été décernés : celui du meilleur livre pour "Les serpents viendront pour toi" (ed. Les Arènes Reportage) par Emilienne Malfatto, et celui du meilleur reportage audiovisuel pour Léo Mattei et Alex Gohari pour "On the line, les expulsés de l'Amérique" diffusé par France Télévisions. Cette année, le prix a battu un record du nombre de candidatures, avec pas moins de 90 productions qui ont postulé pour le prix du meilleur reportage de presse écrite (dont neuf avaient été retenus en phase finale), 19 livres et 35 reportages audiovisuels (seulement pour la télévision, la radio en étant exclue). Seul critère restrictif pour les candidats et candidates, pour postuler au prix Albert-Londres, il faut avoir moins de 41 ans.