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CARTE BLANCHE - Françoise Bourdin : "Mais a-t-on fait le bien ? A-t-on été quelqu’un de bien ?"

Françoise Bourdin en 201 à Paris
Françoise Bourdin en 201 à Paris
© Maxppp - Olivier Corsan

A l'occasion de la parution prochaine de son nouveau livre "Le meilleur est à venir", l'écrivaine à succès était l'invitée d'Augustin Trapenard dans l'émission Boomerang. Pour sa carte blanche, elle a lu un texte inédit sur le temps qui passe.

"Les années passent, et chacun sait qu’elles passent vite. Or voilà qu’un matin, on se réveille soudain hanté par une question cruciale : « Ai-je tout accompli ? » Les rêves, les folles ambitions de sa jeunesse quand on n’avait peur de rien et qu’on croyait tout possible…

Oh, bien sûr, on a fait des choses, et pas toujours facilement : un mariage avec la belle robe blanche comme dans les contes de fée, croyant que c’était pour la vie, des enfants, une carrière… Mais a-t-on fait le bien ? A-t-on « été » quelqu’un de bien ? Une bonne personne, une personne heureuse et qui rend heureux ?

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Le temps a coulé, comme le sable entre ses doigts

Et happé par le quotidien, par ses devoirs et ses petits plaisirs, par tout ce qu’on s’invente pour être celui ou celle à qui il faut ressembler pour créer une belle image… Quelle image ? Celle de la mère parfaite, de la femme Warrior, de la clé de voûte familiale ? Sportive accomplie, écolo avant l’heure, déléguée des parents d’élèves, membre de la S.P.A ? 

51 min

On croit être indispensable, et on s’aperçoit un beau jour – plutôt un sale jour – qu’on est tout petit, tout fragile, tout démuni, et que malgré tout ce qu’on se raconte, on n’a pas fait grand-chose. Oh, bien sûr, on a hurlé avec les loups pour de bonnes causes, qu’on n’a pourtant pas pris à bras le corps.

En cherchant à tout réussir, curieusement on s’est égaré. 

Mais les heures passent, en grignotant l’un après l’autre l’un de nos trente mille jours. Car une longue vie de quelque 80 ans, ce n’est que ça : trente mille jours. Combien de gâchés, de perdus ?

Quand ces questions nous taraudent, il est temps de revenir à l’essentiel". 

Puisqu’on ne peut pas arrêter l’horloge, on peut au moins s’apaiser, savourer tous les petits bonheurs quotidiens et même les provoquer, réparer nos oublis, devenir utile aux autres, saisir l’instant et comprendre que l’image d’un arc-en-ciel, d’un cheval qui galope dans un pré ou d’un oiseau qui s’envole est infiniment plus précieuse que sa propre image.

Ecouter la carte blanche de Françoise Bourdin : 

La carte blanche de Françoise Bourdin

2 min

ECOUTER | Boomerang avec Françoise Bourdin