Publicité

CARTE - Quels sont les 17 départements toujours touchés par des alertes sécheresse en décembre ?

Par
Le lac de Broc, dans les Alpes-Maritimes, début octobre.
Le lac de Broc, dans les Alpes-Maritimes, début octobre.
© Maxppp - PHOTOPQR/NICE MATIN

La période de sécheresse n'est toujours pas terminée, puisque 17 départements français font toujours l'objet de restrictions d'usage de l'eau. C'est la troisième plus longue période de sécheresse que la France ait connue.

Il fait froid, il pleut, et pourtant, la France n'est pas encore sortie de la période de sécheresse. En effet, ce lundi 5 décembre, 17 départements sont toujours concernés par une alerte sécheresse, plus ou moins importante, sur une partie de leur territoire. Les sols n'ont donc pas fini de souffrir, et la sécheresse, qui dure depuis le mois de mars, est la troisième la plus longue que la France a connu. En 1989 et 1990, le pays avait enchaîné 17 mois de sécheresse. C'était neuf en 2005.

Des alertes en place parfois jusqu'en mars 2023

Au plus fort de la sécheresse cet été, la quasi-totalité des 96 départements étaient en alerte. Cinq mois plus tard, 17 font toujours l'objet de restrictions d'eau par endroits, qu'ils soient en "alerte simple", en "alerte renforcée", ou "en état de crise". Neuf autres départements sont placés en "vigilance", c'est-à-dire que la population est simplement invitée à faire attention à sa consommation.

Publicité

Les Alpes-Maritimes, le Var et les Bouches-du-Rhône, sont en alerte "crise" sur certaines parties de leur territoire au moins jusqu'à mi-décembre. Dans certaines zones de ces départements, il est donc toujours interdit d'arroser de nuit comme de jour les espaces verts et les terrains de sport. Les industriels et les agriculteurs doivent eux réduire de 60 % leur consommation.

Dans les autres zones où la situation est moins critique, les préfectures ont pris des arrêtés d'"alerte" ou d'"alerte renforcée", qui impliquent des restrictions plus ou moins sévères lors de l'arrosage, du lavage des voitures ou de l'irrigation. Si la plupart des alertes devraient être levées d'ici fin décembre, certaines préfectures, comme celle de l'Ain ou des Deux-Sèvres, ont choisi de pouvoir les maintenir jusqu'en janvier voire mars 2023.

Des nappes souterraines toujours pas rechargées

Pourquoi de telles restrictions, alors que la pluie semble de retour sur la plupart du territoire ?  Dans les Alpes-Maritimes, comme dans la plupart des départements touchés par les restrictions, la préfecture met en avant "des débits, cours d'eau et les niveaux des nappes anormalement bas". Or, les nappes sont essentielles pour notre consommation d'eau potable et pour la vie aquatique. Il a très peu plu dès septembre 2021, il y a plus d'un an. Les précipitations ont été ensuite "significativement déficitaires pendant les mois d'avril, mai, juin, juillet, septembre, octobre et début novembre". Résultat : le département souffre d'un déficit de pluie "de 40 % à 60 % par rapport à la normale (cumul de 240 à 470 mm par rapport à une normale de 585 mm)", c'est le deuxième niveau le plus bas depuis 1959.

En Ille-et-Vilaine, qui est en alerte simple, les pluies d'octobre n'ont pas suffi à "stabiliser les niveaux des barrages, permettre la reprise franche des écoulements dans les cours d’eau et la recharge des nappes", explique la préfecture. "Les barrages continuent donc de se vider malgré les dernières pluies", poursuit-elle. La préfecture veut aussi limiter la consommation par précaution, pour "reconstituer des réserves d’eau pour l’année 2023, en particulier l’été".

Le Service géologique national alertait d'ailleurs début novembre sur le fait que "les niveaux des nappes à l’entrée de l’hiver 2022-2023 sont nettement inférieurs à ceux de l’année dernière, deux-tiers des nappes affichant toujours des niveaux sous les normales mensuelles". Il recommande de "limiter les prélèvements en eau" pour se préparer à 2023.

Des précipitations particulièrement faibles cette année

En 2022, d'après Météo France, la pluviométrie annuelle devrait présenter en moyenne un déficit de 15 à 25 % par rapport à la normale constatée entre 1991 et 2020. Avec deux mois record en mai (-60 %) et juillet (-85 %), qui sont les mois les plus secs enregistrés depuis le début des mesures en 1959. Sur les onze déjà écoulés de 2022, huit ont connu des taux de précipitations inférieurs aux normales saisonnières.

Météo France précise également que cette sécheresse s'explique globalement par un déficit pluviométrique, puis par les fortes chaleurs qui ont favorisé le phénomène d'évapotranspiration des sols.