CD, vinyle, streaming : le marché de la musique en France en hausse, presque au niveau d'il y a 15 ans

Publicité

CD, vinyle, streaming : le marché de la musique en France en hausse, presque au niveau d'il y a 15 ans

Par
Avec 5,2 millions d’unités vendues en 2021, le vinyle confirme encore sa popularité
Avec 5,2 millions d’unités vendues en 2021, le vinyle confirme encore sa popularité
© AFP - Sandrine Marty / Hans Lucas

En 2021, le marché de la musique enregistrée en France continue de reprendre des couleurs avec une croissance à deux chiffres, dopée par les revenus du streaming toujours plus importants, mais aussi par un rebond du marché physique. Le CD créé la surprise avec des ventes en hausse (+10%), une première depuis 20 ans.

À force d'entendre que "c'est le retour du vinyle" ou plus récemment "c'est le retour du CD" comme une incantation, l'industrie musicale voit son souhait de dépasser l'ère maudite de la crise du disque presque exaucé. Encore loin des niveaux de son âge d'or (en termes de ventes, on retrouve le niveau d'il y a 15 ans, soit deux fois moins qu'avant la crise), la filière reprend de belles couleurs depuis cinq ans, à l'image du bilan 2021 du marché de la musique enregistrée en France, publié par le Syndicat national de l'édition phonographique. "On est encore en train de remonter la pente en réalité. Mais on ne boude pas non plus notre plaisir, on a une année extrêmement positive", commente le directeur général du SNEP, Alexandre Lasch. Le marché est certes déjà en progression continue depuis 2017, mais il n'avait pas connu une croissance à deux chiffres depuis 20 ans : +14,3%, avec 861 millions d'euros de chiffre d'affaires (contre 753 millions d'euros en 2020). Deux raisons à cette poussée : la consolidation du streaming et un rebond des ventes physiques.

La non-mort du CD

Les supports physiques ne sont pas morts. Loin de là. On le savait pour le vinyle, on le découvre pour le CD. La croissance du chiffre d'affaires du physique est plus importante que celle du numérique, +21%. L'année 2020 est à laisser de côté, compte tenu de la fermeture des disquaires pendant trois mois avant que les biens culturels ne finissent par être considérés comme essentiels. Mais si on compare à l'année 2019, on est à peu près au même chiffre d'affaires : "Avant la pandémie, chaque année ou presque, on était en recul marqué sur le segment physique, entre -5%, -10%, et -15% chaque année. Là, on a une stabilité". 

Publicité

Le vinyle attire toujours celui qui veut collectionner le bel objet, avec 5,2 millions d’unités vendues en 2021. C'est trois fois plus qu'en 2016, et représente 78,9 millions d'euros. Mais une partie de cette somme l'année dernière est en partie due à la hausse ahurissante des prix de certains vinyles, décidée par les majors de l'industrie musicale à cause, justifiaient-elles, de la hausse des prix des matières premières. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Le CD, quant à lui, peut dire merci à Orelsan. "Evidemment, il y a des locomotives, des artistes qui surperforment et qui produisent un mouvement d'entraînement sur tout le reste. Quand vous allez à la FNAC acheter votre CD d'Orelsan ou le vinyle d'Angèle, vous avez l'opportunité de voir le reste et de repartir avec plusieurs albums", souligne Alexandre Lasch. En 2021, on a donc pu observer une hausse des ventes de CD. Voila quelque chose qu'on n'imaginait par réécrire un jour, tant le support a été victime de la crise. Pour la première fois en 20 ans, les ventes ont progressé, d'environ 10%. Le DG du SNEP veut y voir un phénomène durable : "Quand on regarde les classements des meilleures ventes et le poids notamment des CD dans ces classements. On voit que ce sont souvent les supports. On voit souvent des répertoires jeunes et que le support physique, il intéresse aussi la jeune génération. Là encore, c'est extrêmement positif."

Un royaume pour le stream

Le marché de la musique enregistrée voit le numérique prendre toujours plus de place. Il représente désormais 70% du total des ventes contre seulement 20% en 2011. Une situation qui n'a rien de surprenante, le marché numérique "continue à progresser au rythme attendu" reconnaît Alexandre Lasch : 

Il n'y a pas particulièrement d'effet d'entraînement sur le numérique, lié aux deux ans de crise sanitaire. On avait de toute façon un marché numérique en croissance avant la pandémie". 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

C'est effectivement le cas depuis 2005, aux premiers coups durs de la crise du disque qui ont poussé la naissance de ce marché, mais aussi à partir de 2018, l'année de bascule, quand le chiffre d'affaires du numérique a dépassé celui du physique. 

Les abonnements payants aux services de streaming, d'ailleurs, représentent aujourd'hui plus de la moitié des revenus des ventes de musique. Un marché porté par les plus jeunes, mais qui touche progressivement les tranches d'âge supérieures, suivant ainsi l'ordre naturel des choses. On dénombre dix millions d'abonnements payants en France, ce qui correspond, avec les offres d'abonnements duo ou famille, à 14 millions d'utilisateurs dits premium. En comptant les utilisateurs sans abonnements (qui contribuent au chiffre d'affaires par la publicité), on arrive à 22 millions d'utilisateurs, ce qui signifie dans tous les cas que les marges de progrès de ce marché sont encore importantes. 

"Si vous rapportez le nombre d'abonnements à la population âgée de plus de dix ans en France, on arrive à 17% du marché. Mais si on se compare avec un marché qui est plus mature, comme les Etats-Unis, ce chiffre est de 29% aux Etats-Unis. Donc on a des marges de progression. Et aux Etats-Unis, le marché n'est pas encore non plus arrivé à maturité, le chiffre des abonnements continuer à progresser et à progresser rapidement".

Le phénomène TikTok

Le réseau social, qui a pris son envol grâce à la pandémie, fait une entrée remarquée dans l'écosystème de la musique. En 2021, les Français écoutaient en moyenne chaque semaine 16h36 de musique (et même plus de 22h pour les 16-24 ans), les deux tiers du temps en streaming (audio et vidéo), dont 1h30 via les courtes vidéos de TikTok. Selon le SNEP, 77% des utilisateurs de l'appli découvrent des artistes et des musiques de cette façon.

"Aujourd'hui, TikTok, c'est un Français sur quatre qui l'utilise tous les jours. Et ce n'est pas seulement les ados puisque quand on regarde de près, les plus de 55 ans sont déjà 1 sur 10 en France à utiliser TikTok régulièrement. On a un vrai changement d'habitudes. La passion des Français pour la musique les pousse à tester et à enrichir systématiquement leur expérience musicale, que ce soit via TikTok, via le -live-stream, via les jeux vidéo. Et ça, c'est extrêmement positif pour l'avenir puisque ce sont de nouveaux usages qu'on s'en à convertir en revenus pour le futur."