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Ce que dit la circulaire de Jean-Michel Blanquer qui interdit (une partie de) l'écriture inclusive

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Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale
Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale
© AFP - Ludovic MARIN

C'est désormais officiel : l'écriture inclusive est proscrite à l'école. La circulaire adressée jeudi par Jean-Michel Blanquer aux recteurs et rectrices d'académie et aux personnels de l'Éducation nationale est publiée ce vendredi au Journal officiel. Elle interdit l'écriture basée sur le point médian.

C'est un document qui a été adressé jeudi aux recteurs et rectrices d'académie, aux directeurs et directrices de l'administration centrale, et plus largement aux personnels de l'Éducation nationale. Dans cette circulaire signée par Jean-Michel Blanquer, il est question, d'après le titre, des "règles de féminisation dans les actes administratifs du ministère". Mais plus globalement, ce document, paru vendredi au Journal officiel, concerne l'utilisation de l'écriture inclusive. 

Le texte est introduit par une citation de l'académicienne Hélène Carrère d'Encausse, qui affirme que "l'écriture inclusive, si elle semble participer au mouvement [de lutte contre les discriminations sexistes], est non seulement contre-productive pour cette cause même, mais nuisible à la pratique et à l'intelligibilité de la langue française". Ainsi, le ministre de l'Éducation nationale rappelle ensuite l'objectif de l'école de promouvoir l'égalité entre les filles et les garçons, "prélude de l'égalité entre les femmes et les hommes", mais dit que "ces objectifs ne doivent pas être pénalisés par le recours à l'écriture dite "inclusive" dont la complexité et l'instabilité constituent autant d'obstacles à l'acquisition de la langue comme de la lecture". 

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Pas de point médian mais plusieurs adjectifs

Concrètement, le ministre affirme que "la conformité aux règles grammaticales et syntaxiques est de rigueur", et en conclut donc que l'écriture inclusive - dans sa forme la plus visible et la plus controversée aujourd'hui, c'est-à-dire celle qui utilise le point médian ("les enseignant·e·s") est proscrite dans le cadre de l'enseignement. Trois arguments sont utilisés pour justifier cette interdiction : cette façon d'écrire modifie "le respect des règles d'accords usuels attendus dans le cadre des programmes d'enseignement" d'une part, elle "constitue un obstacle à la lecture et à la compréhension de l'écrit" d'autre part. Enfin, si l'on en croit Jean-Michel Blanquer, elle n'est pas si "inclusive" car "une telle écriture constitue un obstacle pour l'accès à la langue d'enfants confrontés à certains handicaps ou troubles de l'apprentissage". 

Résultat : la circulaire recommande plutôt "l'usage de la féminisation des métiers et des fonctions". Même chose dans les documents administratifs, où le ministre renvoie à un document du CNRS sur la féminisation des noms de métiers (un document datant... de 1999), et appelle à ne pas utiliser l'écriture inclusive et plutôt privilégier des formes développées qui mettent au même plan le masculin et le féminin ("les enseignants et les enseignantes"). Il existe en effet plusieurs acceptions du concept "d'écriture inclusive", et seule celle utilisant le point médian est concernée par cette circulaire, comme le note la linguiste Laélia Véron.

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En revanche, les règles d'accord n'ont pas vocation à changer, si l'on en croit cette circulaire, et le principe du masculin qui l'emporte sur le féminin dans l'accord des adjectifs reste en vigueur.