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Ce que l’on sait de l'empoisonnement de l'oligarque russe Roman Abramovitch

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Roman Abramovitch lors d'un match de son club de football de Chelsea, début mars 2022
Roman Abramovitch lors d'un match de son club de football de Chelsea, début mars 2022
© AFP - Ben STANSALL

Après les révélations du Wall Street Journal, des proches du milliardaire Roman Abramovitch confirment que celui-ci a bien ressenti les symptômes d'un empoisonnement.

Il est censé jouer les intermédiaires entre Moscou et Kiev : l'oligarque russe Roman Abramovitch pourrait avoir été empoisonné courant mars, après une réunion en Ukraine. Le milliardaire, propriétaire du club de football anglais Chelsea, a fait partie des oligarques russes sanctionnés par l'Union européenne et le Royaume-Uni. Réputé proche de Vladimir Poutine, il a pourtant proposé son aide à l'Ukraine. Plusieurs sources indiquent qu'il a souffert de symptômes, dont il s'est remis aujourd'hui pour continuer à participer aux négociations.

Du chocolat et de l'eau

Roman Abramovitch, ainsi que deux autres hauts responsables de l'équipe de négociateurs ukrainiens, se sont rendus à Kiev le 3 mars dernier après avoir été à la frontière biélorusse, rapporte le Wall Street Journal. Selon des sources proches citées par le journal, les trois ont développé des symptômes : yeux rouges, pleurs continus et douloureux, ou encore mains et visage qui pèlent. Une autre source "au courant de cette situation" explique également que le milliardaire a perdu la vue pendant quelques heures et qu'il présentait des difficultés pour se nourrir. Des informations confirmées depuis par l'AFP.

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Le site d'investigation Bellingcat donne également des détails sur les faits : "Nous pouvons confirmer que trois membres de la délégation des pourparlers entre l'Ukraine et la Russie, dans la nuit du 3 au 4 mars, ont ressenti des symptômes concordant à un empoisonnement par armes chimiques." Soulevant l'hypothèse d'une ingestion de poison, le journaliste révèle que les trois hommes n'ont mangé que "du chocolat et bu de l'eau dans les heures précédant l'apparition des symptômes". Toutefois, un quatrième membre de la délégation en a également consommé, sans pour autant être affecté.

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Saboter les discussions ?

"Ils sont devenus totalement aveugles le lendemain", rapporte de son côté le Financial Times, qui cite un proche du président ukrainien, Volodymyr Zelensky. La vue d'Abramovitch a ainsi "totalement disparu" pendant quelques heures selon cette source, alors que les deux autres n'ont souffert que d'une perte de vue partielle. Deux des victimes, Roman Abramovitch et Rustem Umerov, ont tout de même dû recevoir des traitements médicaux en Turquie le lendemain de la rencontre, ajoute le journal. Malheureusement, précise Bellingcat, trop de temps s'est écoulé avant que les victimes ne puissent être examinées, et donc pour qu'un poison puisse être détecté.

On ignore donc encore qui est à l'origine de l'empoisonnement (les Russes ou les Ukrainiens), ni même la méthode utilisée. Une source du Financial Times précise que le poison utilisé n'est "clairement pas le novichok", la substance utilisée par le Kremlin contre plusieurs dissidents comme Alexei Navalny ou encore l'ancien espion Sergei Skripal. Bellingcat, qui cite des experts et médecins, indique sur Twitter que "le dosage et le type de poison utilisé était probablement insuffisants pour mettre en danger des vies, et a été utilisé probablement pour faire peur aux victimes". Une version partagée par les sources du Wall Street Journal, pour qui les tenants "d'une ligne dure à Moscou" sont suspectés d'avoir "voulu saboter les discussions pour mettre fin au conflit". À contrecourant, un responsable américain cité par Reuters a émis des doutes sur ces empoisonnements, parlant plutôt de "facteurs environnementaux".

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Aujourd'hui, leurs vies ne sont pas menacées. Lundi, l'un d'eux, Rustem Umerov a même tweeté pour donner des nouvelles de son état de santé : "Je vais bien". Il incite également à ne pas faire confiance à "toute information qui n'est pas vérifiée" dans la "guerre de l'information" en cours. Lui, comme Abramovitch participent encore aux négociations.

Le Kremlin confirme ce mardi que l'oligarque russe joue le rôle de médiateur, "pour établir des contacts entre les parties russe et ukrainienne" sans pour autant être membre officiel de la délégation russe. Il a été approché par l'entourage du président Zelinsky, en raison de ses origines ukrainiennes. Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov rejette la thèse de l'empoisonnement. "Ces informations ne correspondent bien sûr pas à la réalité", assure t-il, "cela fait partie de la guerre de l'information."