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"Cela peut être mortel" : une campagne de prévention alerte sur le danger des piles boutons pour les enfants

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Les hôpitaux parisiens (l’AP-HP) ont lancé une campagne de sensibilisation le 1er octobre.
Les hôpitaux parisiens (l’AP-HP) ont lancé une campagne de sensibilisation le 1er octobre.
- Jean-François FREY

Les autorités sanitaires ont lancé au début du mois d’octobre une campagne de sensibilisation pour inciter les parents à davantage de prudence envers les piles rondes au lithium. Celles-ci peuvent être avalées par des enfants. Le nombre d’accidents a été multiplié par quatre en 20 ans.

C’est un vrai danger, une petite pièce qui peut être mortelle et que trop de parents ignorent. Aussi appelées "piles boutons", les petites piles rondes au lithium, présentes dans les télécommandes, les jouets, les montres et les ustensiles de cuisine peuvent avoir de graves conséquences quand elles sont ingérées par un enfant. En 20 ans, le nombre d’accidents a été multiplié par quatre. Les hôpitaux parisiens viennent de lancer une campagne de sensibilisation. "En dix-huit mois, du 1er juillet 2021 au 30 juin 2022, nous avons relevé 50 cas d’ingestion par des enfants dans les hôpitaux franciliens de l’AP-HP", précise au Parisien la professeure Florence Campeotto, pédiatre spécialiste en gastro-entérologie à l’hôpital Necker-Enfants malades, à Paris.

Appeler directement le 15

Au printemps dernier, Zadig a eu beaucoup de chance. Ce petit garçon de trois ans a avalé une pile au lithium. Pourtant, sa mère, Camille, avait averti ses trois enfants la veille. "Un petit moment de prévention" comme elle le raconte. Mais le lendemain, chez la nounou, Zadig avale une petite pile, de la taille d’une pièce de cinq centimes. "On a appelé les pompiers directement, qui sont venus très rapidement", raconte Camille. L’enfant passe une radio. En fonction de l'endroit où la pile s'est logée, ce n’est pas le même médecin qui intervient.

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L'objet sera resté un peu moins de deux heures dans son corps. Une intervention rapide, mais avec des dégâts : les médecins découvrent cinq centimètres de nécrose dans l’œsophage de l'enfant. Zadig restera dix jours à l’hôpital, avec une sonde gastrique, qu'il a gardée deux semaines supplémentaires après le retour à la maison. "Pendant un mois, il n'a pas pu ni manger ni boire", se souvient Camille, néanmoins soulagée, car son fils "n'a pas eu de séquelle à long terme".

Une méconnaissance des dangers

Si la mère de famille témoigne, c’est aussi pour alerter les autres parents. "Ce qui m'a vraiment étonnée, c'est que la plupart des gens que je croisais faisaient une comparaison entre la pile et un Lego ou une pièce de monnaie. C'est ça qui m'a fait peur, ce manque de connaissance collective. Personne ne sait qu'une pile, c'est extrêmement dangereux, au bout de deux heures, cela peut être mortel."

"La pile peut provoquer des brûlures dès 30 minutes après l’ingestion", ajoute Camille Joly, du Samu pédiatrique de l’hôpital Necker. "L'enfant peut également s'asphyxier", ajoute la spécialiste. Si votre enfant avale une pile ronde, il ne faut surtout pas le faire vomir, ni lui donner à manger, à boire ou des médicaments. Il vaut mieux l’asseoir et le rassurer en attendant l’arrivée des secours.

Des stickers sur les piles

La marque de pile Duracell s’est associée à la campagne de sensibilisation. Depuis plusieurs années, elle mène des changements sur ses produits. Duracell a par exemple modifié son emballage en 2018, pour le rendre "inviolable", d’après Marion Le Bastard, sa responsable marketing. "Il y a une double coque en plastique dans laquelle la pile est enfermée, qui ne peut être ouverte par un enfant. Chacune est emballée individuellement. Comme ça, la deuxième pile ne traîne pas dans le tiroir." Duracell a également collé un sticker au goût très amer sur la petite pile. "Le but est de provoquer un effet de rejet si l'enfant met la pile à la bouche", précise Marion Le Bastard. Pour aider les parents, la Haute autorité de Santé a publié un communiqué détaillé, avec les bons réflexes.