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Ces traitements efficaces pour se libérer d'un trouble obsessionnel compulsif (TOC)

Ces traitements efficaces pour se libérer d'un trouble obsessionnel compulsif (TOC)
Ces traitements efficaces pour se libérer d'un trouble obsessionnel compulsif (TOC)
© Getty - PeopleImages

Le trouble obsessionnel compulsif (TOC) est une maladie psychiatrique dont il est possible de se débarrasser. Quels sont les traitements pour se libérer de ses idées fixes et ne plus se laisser emprisonner dans ses pensées obsessionnelles et pathologiques ?

Les psychiatres Antoine Pelissolo et François Lelord vous prescrivent les traitements les plus efficaces aujourd'hui pour surmonter votre trouble obsessionnel compulsif. Ils étaient les invités de l'émission "Grand bien vous fasse" présentée par Ali Rebeihi : 

Un TOC, qu'est-ce que c'est ?

Antoine Pelissolo en donne la définition médicale : "ce sont des comportements, des images mentales, des pensées qui s'imposent à vous, avec cette impression d'urgence qui vous pousse à faire des choses sous la contrainte, pour éviter un soi-disant dommage, un danger pour les autres comme pour soi-même. Pour combler cette impression, la personne sujette s'impose des actions (de vérifications par exemple) en répétitions qui deviennent obsessionnelles et compulsives, pour combler un besoin de contrôle personnel excessif. 

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C'est toute une mécanique mentale dominée par des idées intrusives, incontrôlables qui produisent de l'anxiété. Tout l'objectif consiste à retrouver sa  liberté d'agir sans contraintes.

Comment soigner un trouble obsessionnel compulsif ?

La bonne nouvelle, c'est que c'est un trouble qui se soigne bien.

Antoine Pelissolo rappelle combien il est vraiment important, en premier lieu, de partager cette souffrance et de se faire diagnostiquer, pour tenter de le soigner le plus efficacement possible. Pour se faire, voici ce qu'il est aujourd'hui proposé :

  • Les médicaments, dans certains cas (mais pas en premier lieu)

AP : "Il faut les réserver à des formes assez sévères qu'on ne peut pas traiter par des psychothérapies. Les médicaments qu'on utilise, ce sont les antidépresseurs d'une certaine famille et pas n'importe lesquels. 

Ça fait plus de 30 ans qu'on sait qu'ils sont efficaces.

Les sérotoninergiques sont les antidépresseurs les plus courants aujourd'hui : le paroxétine et le citalopram… Qui, quand ils sont bien prescrits, dans le cadre d'un encadrement et un suivi médical, peuvent être très efficaces. Mais au prix d'une prise régulière sur une assez longue durée (plusieurs mois au minimum). 

On réserve vraiment cette option à des patients qui en ont vraiment besoin

  • Les thérapies comportementales et cognitives 

Ce sont les psychothérapies qu'il faut préconiser en priorité. Soit les thérapies comportementales et cognitives. Les deux psychiatres expliquent en quoi elles consistent. Le combat principal étant d'essayer de prendre du recul par rapport à son TOC : 

FL : "Des études ont montré qu'elles étaient efficaces, mais sans doute parce que le principe de fond consiste à confronter les gens à ce qui les rend anxieux assez longtemps, et de manière assez contrôlée, pour que, à un moment, l'anxiété diminue de façon conséquente. 

On demande aux patients de s'exposer de manière graduée à ce qu'il leur fait peur (saleté, portes fermées, vérifications et actions à répétitions en tous genres au cas par cas…). Pour quelqu'un qui va vouloir se laver les mains en permanence, la prévention consiste à mettre ses mains dans quelque chose qui peut lui paraître sale, et lui enjoindre de ne pas aller se laver les mains immédiatement, jusqu'à ce que, finalement, son anxiété diminue significativement". 

Antoine Pelissolo d'ajouter que c'est vraiment une technique qui peut paraître inquiétante et anxiogène pour les patients, mais que c'est en les confrontant à cette peur que la prise de conscience et le traitement aura leur effet : 

AP : "Il faut vraiment apprendre à se confronter avec la réalité. Relativiser sur les bonnes choses comme la bonne santé et l'idée qu'il n'arrive que très rarement des catastrophes. C'est une forme de recalibration, de temporisation des obsessions qui vont permettre d'établir de nouvelles connexions dans le cerveau et cela de manière progressive. 

On sait que la personne pourra guérir quand elle aura changé, à minima, ses comportements.

▶︎ Rappelons que selon l'Organisation mondiale de la santé, le TOC est l'un des troubles les plus invalidants de santé mentale. L'OMS estime aussi qu'il figure parmi les 20 premières maladies causant une invalidité chez les personnes âgées de 14 à 44 ans. On estime entre 2 à 3  % le nombre de personnes atteintes d'un TOC dans la population générale. Une maladie qui débute avant 25 ans dans 65 % des cas. Chez 30% à 50% des patients adultes qui ont un TOC, le trouble aurait débuté pendant l’enfance (INSERM). 

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