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Champions Cup de rugby : La Rochelle ou l'incroyable fièvre jaune et noire

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Les supporters rochelais mobilisés comme jamais avant la finale de Coupe d'Europe
Les supporters rochelais mobilisés comme jamais avant la finale de Coupe d'Europe
© Radio France - Fanny Lechevestrier

Le Stade Rochelais disputera samedi sa toute première finale de Champions Cup de rugby. Ce sera dans l'antre de Twickenham, face au Stade Toulousain. Les Rochelais, encore en ProD2 il y a sept ans, qui impressionnent aujourd'hui par leur niveau de jeu et par la ferveur qui entoure le club depuis des années.

À la veille de la finale de Champions Cup ce samedi, finale de la Coupe d'Europe de rugby qui opposera le Stade Toulousain au Stade Rochelais, dernier épisode de notre série sur France Inter "Sur la route de la finale", avec une immersion dans le monde des supporters rochelais. Ici, à La Rochelle, c'est toute une ville qui vit en jaune et noir, les couleurs du club. 

Ce vendredi, ne pouvant aller supporter leur équipe en Angleterre, ils s’étaient donné rendez-vous par dizaines, en plein après-midi, à l’aéroport de La Rochelle, chants à la gloire de leur équipe, fumigènes et écharpes de sortie, pour accompagner leurs joueurs. Mais c'est toute une ville qui vibre et pousse aujourd'hui derrière son équipe de rugby. 

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Les drapeaux s'affichent en haut des tours du port et aux fenêtres de nombre d'appartements, l'Hôtel de ville arbore des calicots jaune et noir et ce message : "Ensemble, vibrons avec les jaune et noir." Impossible pour les joueurs d'échapper à cette ferveur. Le troisième ligne Kevin Gourdon, l’un des plus anciens du club, ne cache pas son émotion mais il n'est finalement guère surpris : "C'est vrai que, quand je suis allé emmener mes enfants à l'école en début de semaine, j'ai vu que les arbres étaient en jaune et noir, que les drapeaux étaient sortis de partout. Toute cette effervescence est incroyable. Cela nous booste plutôt que de nous paralyser. De toute façon, on le sait, cette ville a le cœur qui bat en jaune et noir", a-t-il expliqué en début de semaine, en conférence de presse. 

Même les tours du Port affichent les couleurs jaune et noir du club
Même les tours du Port affichent les couleurs jaune et noir du club
© Radio France - Fanny Lechevestrier
L'Hôtel de Ville mobilisé derrière son club de rugby
L'Hôtel de Ville mobilisé derrière son club de rugby
© Radio France - Fanny Lechevestrier

Jaunes et noirs, de la tête aux pieds

Et confirmation de ce cœur qui bat en jaune auprès des supporters, tous vêtus de la tête aux pieds en jaune et noir, et ce nous, disent-ils, c'est ainsi chaque week-end de match : "On est des purs vaccinés jaune et noir de la tête aux pieds, du caleçon à la chaussette", nous montre Éric. Le Stade Rochelais, on l'a "jusque dans la peau", ajoute Brigitte. "Moi, je suis tatouée le Stade Rochelais, le logo du club sur mon bras." "Le Stade, c'est un état d'esprit, une manière de vivre le rugby, de partage", renchérit Jean-Pierre. Avec une passion qui se transmet de génération en génération

Tous et toutes (car il y a, c'est à relever, de très nombreuses supportrices) vous racontent la même histoire, celle d'une passion développée dès le berceau : "Moi, je suis née dedans, par rapport à mon père", déclare Sylviane. "Je viens de toute petite, je venais avec mon papa", nous explique cette abonnée, la soixantaine dynamique, et d'ajouter : "Même ma petite fille a un manteau jaune et elle n'a que 3 ans !" Ce que nous confirme, un peu plus loin, une autre supportrice : "Moi, mon petit-fils n'a que huit mois mais il a déjà sa tenue jaune et noir et, très vite, il viendrai lui aussi au stade Marcel-Deflandre."

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"Leur club, pas celui d'une entreprise"

Et pour Pierre Venayre, ancien joueur du Stade Rochelais, aujourd’hui directeur général du club, il y a une explication à ce sentiment d’appartenance exacerbé, à cet attachement viscéral : "C'est que ce n'est pas le club d'un seul propriétaire. Ici, c'est un club qui appartient à de nombreux actionnaires, ce qui permet aux gens de s'identifier très facilement au club. C'est leur club ! Pas celui d'une entreprise."

Et c'est vrai, si l'on prend le président Vincent Merling, malgré sa fortune personnelle, il n'est actionnaire qu'à hauteur de 5% : une centaine d'autres partenaires, issus de toute la Charente-Maritime, complètent l'actionnariat. Sans compter, ajoute Pierre Venayre, "que l'on est en quasi situation de monopole sur une grande zone de chalandise, il n'y a pas beaucoup de concurrence en matière d'offres sportives professionnelles".

Au-delà de la Coupe et d'un premier grand trophée pour le club, les supporters n’attendent qu’une chose : pouvoir enfin retourner au stade et reprendre l’incroyable série en cours de 55 matchs consécutifs à guichets fermés.

Les calicots fleurissent dans toute la ville de La Rochelle
Les calicots fleurissent dans toute la ville de La Rochelle
© Radio France - Fanny Lechevestrier