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Chine : les espoirs d'assouplissement de la politique zéro Covid douchés par les annonces des autorités

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Un policier équipé de vêtements de protection garde l'entrée du bâtiment dans lequel un résident a été testé positif au Covid-19, à Macao, le 1er novembre 2022.
Un policier équipé de vêtements de protection garde l'entrée du bâtiment dans lequel un résident a été testé positif au Covid-19, à Macao, le 1er novembre 2022.
© AFP - Eduardo Leal

La politique zéro Covid ne va pas s’arrêter tout de suite en Chine. Les autorités sanitaires ont tenu un discours très ferme samedi après-midi lors d’une conférence de presse, après plusieurs jours de rumeurs faisant état d’un allègement des restrictions.

Les images montrant des employés d'une usine chinoise de fabrication d'Iphone fuyant la quarantaine imposée après des cas de Covid ont fait le tour du monde en début de semaine. Et d'autres vidéos de ce genre risquent encore de nous parvenir. Car les autorités chinoises ont annoncé samedi maintenir la politique zéro Covid, contrairement à ce que laissaient croire les rumeurs ces derniers jours sur un éventuel allègement à l'issue du congrès du parti communiste.

Ces rumeurs avaient fait bondir les marchés, anticipant une possible ouverture de la Chine. Le pays est la dernière grande économie à appliquer un protocole sanitaire radical, en vigueur depuis bientôt trois ans, avec des confinements à répétition, des tests PCR à grande échelle et une quarantaine obligatoire à l'arrivée de l'étranger.

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Vendredi, un ancien haut responsable du contrôle des épidémies avait bien annoncé des changements à venir mais les autorités ont anéanti tous les espoirs. Depuis quelques jours, les restrictions ont même tendance à devenir de plus en plus fortes.

La Chine s'en tient de manière "indéfectible" à sa politique zéro Covid

Le message de la Commission nationale de la santé a été très clair : la Chine veut continuer "de donner la priorités aux personnes et aux vies", a expliqué son porte-parole, Mi Feng. Pékin "s'en tiendra indéfectiblement à la politique globale du zéro Covid". L'allègement de cette politique n'est certainement pas pour aujourd’hui car les autorités estiment que la situation face à l’épidémie est en ce moment "plus sombre et complexe que jamais".

Même s’il reste très faible, le nombre de cas augmente - 3600 cas supplémentaires ce samedi, contre 2000 mercredi - ce qui pousse le régime communiste à multiplier les confinements. Le nombre de personnes en quarantaine est désormais au plus haut depuis la fermeture de Shanghai au printemps dernier. Cela représente des dizaines de millions de personnes, enfermées dans plus de 50 villes désormais. Dans la plupart des régions, les habitants sont soumis à de dépistages permanents, au moins trois fois par semaine.

Une cabine de dépistage installée dans la rue, à Pékin.
Une cabine de dépistage installée dans la rue, à Pékin.
© Radio France - Sébastien Berriot

Des critiques de plus en plus vives après la mort d'un petit garçon

Ces restrictions sont de plus en plus critiquées par la population, surtout lorsque cela se fait au détriment de la santé. Cette semaine, un petit garçon de trois ans intoxiqué au monoxyde de carbone est mort parce que sa résidence était confinée et que le comité de quartier a refusé de le laisser partir à temps à l'hôpital. Ce décès a provoqué la consternation et la colère de très nombreux internautes. "Trois ans de pandémie ont été sa vie entière", écrit par exemple un internaute. Dans une réponse inhabituelle publiée dans un communiqué, la police a présenté ses excuses.