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Les Français vont moins au cinéma à cause des plateformes, selon une étude

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L'attrait des très nombreuses séries notamment pousse de plus en plus de jeunes à déserter les salles de cinéma
L'attrait des très nombreuses séries notamment pousse de plus en plus de jeunes à déserter les salles de cinéma
© AFP - Silas Stein / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP

Les spectateurs ne sont pas tous revenus dans les salles de cinéma depuis la fin des mesures sanitaires. La baisse de la fréquentation est souvent mise sur le dos des plateformes de streaming vidéo. Selon une étude, la concurrence est réelle : 12% des abonnés aux plateformes ne vont plus au cinéma.

La crainte des professionnels du cinéma est belle et bien justifiée. La crise sanitaire qui a débuté en mars 2020 a bien eu des effets sur les habitudes de consommation des amateurs de film, et par extension sur la fréquentation des salles de cinéma : 41% des abonnés à un service de vidéos par abonnement vont moins souvent - ou même plus du tout pour certains - au cinéma selon une étude de l'Ifop, commandée par l'Association française des cinémas d'art et essai (Afcae).

Tous les services de SVOD comme Netflix, Disney+, Prime, etc. sont donc bien une véritable concurrence aux exploitants, et une concurrence qui gagne du terrain. "On est dans une situation très particulière. La fréquentation des cinémas connait une baisse par rapport à la période d'avant la pandémie qui est de l'ordre de 30-35%", s'inquiète François Aymé, le président de l'Afcae.

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12% des abonnés n'y vont plus du tout

Si on prend les choses dans l'autre sens, il peut-être rassurant de voir que 54% des abonnés à l'une des plateformes de SVOD disent ne pas avoir changé leurs habitudes de fréquentation des salles obscures, aller au cinéma au même rythme qu'auparavant. Ils sont même 5% à y aller plus souvent.

Mais ils sont 29% à avouer s'y rendre moins souvent, et même 12% a les avoir totalement désertées depuis qu'ils peuvent avoir accès à des catalogues de films énormes à travers les différentes plateformes sans avoir besoin de quitter leur domicile.

Et la crise du Covid-19 a bien été un moment de bascule pour certains d'entre eux : 35% des personnes interrogées ont souscris leur abonnement pendant l'une des deux périodes de fermetures des salles de cinéma (mars-juin 2020 et octobre-avril 2021).

Les conclusions vont dans le sens des précédentes études d'impact déjà publiées, notamment le rapport du CSA et de la Hadopi, dévoilé en mars 2021, qui montrait qu'au printemps 2020, 46% des internautes français étaient abonnés à au moins une offre de streaming légal, soit 10 points de plus qu'en 2019.

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De plus en plus de sérivores

L'étude donne également à comprendre le profil de ces abonnés aux plateformes de VOD : sans surprise, ils sont plutôt jeunes (entre 15 et 49 ans) mais plus nombreux chez les 35-49 ans (29%), ils sont actifs (31% de CSP+ et 33% de CSP-) et, plus intéressant, ils vivent à 46% dans des villes de plus de 100 000 habitants où l'offre de salles de cinéma est pourtant très importante.

Les raisons qui poussent de plus en plus de monde vers Netflix et les autres plateformes sont connues : le fait d'avoir du "à la demande", pas de pub, des grands catalogues de films, ou encore la sédentarité grandissante.

Mais ce qui explique également la bascule plus importante vers les services de streaming, c'est l'intérêt grandissant d'un public pour les séries. "L'énorme domination des séries est un indicateur frappant", note François Aymé. Si seulement 4% des personnes interrogées sont abonnées exclusivement pour les séries, elles sont 48% à plébisciter ces services "essentiellement" pour visionner des séries et "parfois" des films. Un pourcentage qui atteint 55-56% chez les jeunes.