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Cinq ans de #MeToo : de Angèle à Sex Education, comment le mouvement s'est imposé dans la pop culture

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En chanson comme dans les séries, la lutte contre les violences faites aux femmes est de plus en plus présente.
En chanson comme dans les séries, la lutte contre les violences faites aux femmes est de plus en plus présente.
- Captures d'écran "Balance ton quoi"/Angèle et "Sex education"/Netflix

Angèle, Sex Education, Scandale... Depuis l'émergence de #MeToo il y a cinq ans, le mouvement s'est imposé dans la pop culture. Des chanteuses dénoncent leurs agresseurs, des séries racontent le quotidien des victimes. Quant aux films, ils reviennent sur les grandes affaires.

Au début du mois d'octobre 2017, deux articles mettaient en cause le producteur de cinéma Harvey Weinstein, déclenchant une vague de témoignages de victimes de violences sexistes et sexuelles partout dans le monde. Une bascule dans la prise de parole des femmes et dans le traitement des violences, jusque dans la pop culture : désormais, le mouvement se raconte au cinéma, les violences sont dénoncées en musique ou évoqués dans des séries à succès. Si le sujet était peu traité il y a 10 ans par les artistes et réalisateurs grand public, il est aujourd'hui impossible de passer à côté, tant certaines chansons notamment, ont fait le tour du monde.

Quand des chansons deviennent des hymnes #MeToo

Certaines chansons sont devenues des hymnes #MeToo, scandées fièrement dans les manifestations de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, en France notamment. D'autres ont permis aux chanteuses de révéler en musique les abus subis.

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Le 5 octobre 2018, un an après le début du mouvement sur les réseaux sociaux, sous le #balancetonporc en France, la chanteuse Angèle sort le titre "Balance ton quoi". Très rapidement, il se retrouve sur les radios, les réseaux sociaux. Le refrain est repris en cœur par les manifestantes dans les cortèges féministes. "Balance ton quoi. Même si tu parles mal aux filles, je sais qu’au fond t’as compris. Balance ton quoi, un jour peut-être ça changera. Balance ton quoi. Donc laisse-moi te chanter, d'aller te faire en, hmm…" : ces paroles, la chanteuse bruxelloise les écrit après avoir été importunée dans le métro de la capitale belge. "Un mec m'avait mal parlé et j’ai eu un petit sentiment de haine et d’envie de justice", explique-t-elle à l'émission 50 minutes inside, sur TF1, en février 2020.

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"Sous mon sein la grenade" : voici un autre refrain de chanson scandé pendant les manifestations en France. La chanteuse Clara Luciani sort ce titre à la fin de l'année 2017 (dans l'album "Sainte-Victoire"), en pleine explosion du mouvement #MeToo partout dans le monde. "Hé toi. Qu'est-ce que tu regardes ? T'as jamais vu une femme qui se bat ?" Les paroles, qui dénoncent le harcèlement de rue, passent alors sur toutes les radios.

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Parfois, la musique permet également aux chanteuses de dénoncer leur agresseur. En janvier 2018, trois mois après les révélations de l'affaire Harvey Weinstein et le début de #MeToo, la chanteuse Kesha a imposé le mouvement aux Grammy Awards, rendez-vous incontournable de la chanson aux États-Unis. Sur scène, elle y a interprété aux côtés notamment de Camila Cabello, "Praying", titre de son album "Rainbow", dans lequel elle revient sur les agressions qu'elle dit avoir subies de la part de son ancien producteur, Dr Luke. Elle l'a accusé de viol en 2014, des accusations que la justice américaine rejettera deux ans plus tard.

Si l'interprète de "TikTok" n'a pas remporté de prix ce soir-là aux Grammy Awards, c'est bien d'elle et de sa prise de position contre les violences sexistes et sexuelles dont on a parlé sur les réseaux sociaux et dans les journaux. "Tu m'as fait vivre l'enfer. J'ai dû apprendre à me battre pour moi-même. Nous savions tous les deux toute la vérité que je pouvais dire", chante-t-elle notamment dans ce titre, qui a ému aux larmes toute une partie du public. "À ceux qui voudraient essayer de nous faire taire, nous offrons deux mots : c'est fini", avait déclaré l'autre chanteuse Janelle Moréno avant l'arrivée sur scène de Kesha.

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Comme Kesha, la chanteuse québécoise Cœur de Pirate a fait le choix de la musique pour dénoncer un viol conjugal. Dans "Je veux rentrer", issue de l'album "En cas de tempête, ce jardin sera fermé", Béatrice Martin dénonce le viol conjugal qu'elle a subi quelques années auparavant. "Le mouvement #MeToo a fait ressortir chez moi des choses que j’avais vécues", explique-t-elle à Daphné Burki en 2018, sur Europe 1. "Je me suis dit qu’il était temps que j’en parle sinon j'allais exploser."

Désormais, les séries aussi parlent des violences sexuelles

Plusieurs séries, dont certaines au succès retentissant, ont fait le choix de raconter le harcèlement ou les violences conjugales. Elles mettent en lumière ce que subissent les femmes au quotidien, chez elles, dans les transports en commun ou au travail.

Dans la série à succès Sex Education, l'épisode 7 de la saison 2 met en scène le harcèlement sexuel dans le bus. La jeune victime, Aimee, traumatisée, ne veut plus prendre les transports en commun. Elle surmonte finalement ses peurs grâce à ses amies. Une façon, là encore, de prendre position contre les violences sexuelles, dans une série regardée par des millions de jeunes.

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La série policière Unbelievable, sortie deux ans après le début du mouvement #MeToo, est elle adaptée d'une histoire vraie, se basant sur une enquête journalistique récompensée par le prix Pulitzer. Dans cette mini-série, on suit l'adolescente Marie, dans un commissariat, qui assure avoir été ligotée puis violée par un homme chez elle. Mais très vite, la victime devient accusée et finit, sous la pression, par dire qu'elle a menti. Sauf qu'au même moment, à des kilomètres de là, deux policières enquêtent sur un violeur, au mode opératoire semblable.

La série découpée en huit épisodes raconte notamment l'extrême difficulté et le courage qu'il faut aux victimes pour témoigner, mais également le manque d'écoute de l'institution policière face aux victimes de viol.

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Dans "H 24 - 24 heures dans la vie d'une femme", Arte diffuse, en 2021, 24 mini-films chocs contre les violences faites aux femmes. Emprise, féminicide ou codes vestimentaires sexistes : cette "série manifeste", dénonce en se basant sur des faits réels, "les diverses formes d’abus dont peuvent souffrir les femmes à chaque heure du jour et de la nuit", précise Arte dans la présentation de la série. On peut y voir un mari qui bat sa femme sur un parking et une femme qui intervient ; une victime qui porte plainte 25 ans plus tard ; une autre femme insultée sur les réseaux sociaux ou des footballeuses victimes de violences sexistes et lesbophobes.

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Des films pour raconter les affaires

Le mouvement #MeToo s'est rapidement imposé sur grand écran. À la suite des milliers de témoignages et des dizaines d'affaires révélées publiquement, plusieurs réalisateurs ont décidé de traiter le sujet dans des films ou des documentaires, revenant sur l'affaire Weinstein ou d'autres dossiers parfois plus anciens.

C'est un film très attendu qui sort au tout début de l'année 2023 : celui qui retrace le travail d'investigation de Megan Twohey et Jodi Kantor, qui ont révélé l'affaire Harvey Weinstein. Les deux journalistes du New York Times ont enquêté pendant des mois, brisant des années de silence autour des agressions sexuelles dans le milieu du cinéma américain. Dans "She Said", la réalisatrice Maria Shrade raconte les coulisses de cette énorme enquête qui lancera le mouvement #MeToo (initié en 2007 par Tarana Burke) partout dans le monde. Un film adapté du livre du même nom, publié par Megan Twohey et Jodi Kantor en 2020. Elles ont reçu le prix Pulitzer pour cette enquête.

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Sorti en 2020, le film "Scandale" raconte lui la chute du patron historique de la télévision Fox News, Roger Ailes, destitué trois ans plus tôt après de nombreuses accusations de harcèlement et agression sexuelle à son encontre. Si cette affaire date d'avant #MeToo, elle n'aurait peut être pas été racontée si le mouvement n'avait pas eu lieu. Le long métrage revient sur le dépôt de plainte, en 2016 (et donc un an avant #MeToo), de l'ancienne présentatique Gretchen Carlson à l'encontre de Roger Ailes, pour rétrogradation abusive après qu'elle a refusé ses avances. Son témoignage en avait déclenché plusieurs autres, allant du chantage sexuelle à l'agression sexuelle.

Les agissements de ce patron de presse, mort en 2017, ont été racontés dans d'autres œuvres : la série "The Loudest Voice", sur Canal +, et le documentaire "Diviser pour mieux régner : la vie de Roger Ailes".

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Quelques mois après le retour du mouvement #MeToo, d'autres réalisateurs ont décidé de raconter sur grand écran les violences sexistes et sexuelles. C'est le cas du film "The assistant", qui retrace sur une seule journée la vie de l'assistante d'un grand producteur, passée notamment à subir ses colères sans jamais recevoir de soutien de ses collègues. Pour le réaliser, la documentarise australienne Kitty Green a rencontré de nombreuses assistantes de grands patrons, dans plusieurs domaines.

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Sans oublier le documentaire "Gloria Allred : l'avocate des femmes", qui raconte en 2018 la vie de cette grande avocate féministe, très célèbre aux États-Unis. Depuis plus de 40 ans, elle défend les femmes victimes de viol, de harcèlement sexuel, de discrimination ou d'abus de pouvoir. Elle a notamment défendu des accusatrices d'Harvey Weinstein, de Donald Trump et de Bill Cosby.