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Climat : "Tout se joue aujourd'hui" selon Christophe Cassou, co-auteur du rapport du GIEC

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Pour Christophe Cassou, climatologue et co-auteur du rapport du GIEC, des mesures "fortes et immédiates" sont nécessaires pour endiguer le changement climatique.
Pour Christophe Cassou, climatologue et co-auteur du rapport du GIEC, des mesures "fortes et immédiates" sont nécessaires pour endiguer le changement climatique.
© Maxppp - Julien Boitel

Un changement climatique sans précédent, une concentration de gaz à effet de serre en augmentation continue, une fonte des glaces en accélération : le dernier rapport du GIEC publié lundi matin tire la sonnette d'alarme sur la crise climatique en cours. Décryptage avec l'un des co-auteurs du rapport Christophe Cassou.

Christophe Cassou est climatologue, directeur de recherche au CNRS et membre du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Il a participé à l'écriture du sixième rapport du groupe, dévoilé ce lundi, qui pointe un changement climatique "sans précédent" causé "indiscutablement" par les activités humaines. La concentration de gaz à effet de serre n'a jamais été aussi forte depuis au moins deux millions d'années et le seuil de +1,5°C devrait être atteint autour de 2030, soit 10 ans plus tôt que prévu par rapport aux précédentes prévisions.

FRANCE INTER : Avec ce nouveau rapport, est-on désormais certain de la responsabilité de l'Homme dans la crise climatique actuelle ?

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CHRISTOPHE CASSOU : "C'est une conclusion très forte de ce rapport. Les activités humaines sont, sans équivoque, responsables des changements en cours. C'est un fait établi. Sur la période 2010-2019, on observe une augmentation de température de 1,1°C et la totalité de ce réchauffement est due aux activités humaines. Aujourd'hui, ces changements sont observables sur l'ensemble des régions du monde et sont en train de s'intensifier. Le rythme est sans précédent depuis au moins 2000 ans et la dernière décennie est probablement la plus chaude depuis au moins 100 000 ans".

Existe-t-il aujourd'hui des solutions pour contrer ce phénomène ?

"Même si certains changements sont irréversibles, notamment l'élévation du niveau de la mer, le réchauffement des océans ou la fonte de certains glaciers, tout n'est pas perdu. Le rapport montre qu'il est encore possible de limiter le réchauffement climatique à +1,5°C par rapport à la période préindustrielle, mais cela demande des actions immédiates, fortes et soutenues dans le temps. Tous les secteurs doivent être mobilisés à l'échelle mondiale".

Cela signifie que la balle est désormais dans le camp politique, notamment avec la COP26 qui aura lieu à Glasgow en novembre prochain ?

"Nous sommes effectivement dans une période cruciale car tout se joue aujourd'hui. Désormais, ce sont nos actions de maintenant qui conditionnent le niveau de réchauffement du milieu et de la fin du siècle. Il n'y a plus de temps à perdre et il n'est plus question de tergiverser. Il y a aujourd'hui des phénomènes qui sont une réalité, non seulement pour nos sociétés humaines mais également pour les écosystèmes terrestres et marins."