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Comment l'Éducation nationale prend en charge l'élève Mila

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C'est une vidéo sur le réseau social Instagram qui a déclenché le flot d'insulte.
C'est une vidéo sur le réseau social Instagram qui a déclenché le flot d'insulte.
© Radio France - Victor Vasseur

Le tribunal correctionnel doit juger treize prévenus pour "harcèlement moral en ligne" à l'encontre de Mila. Cette adolescente iséroise avait publié une vidéo polémique sur l'islam en janvier 2020. Voici comment l'Éducation nationale accompagne l'élève.

La vidéo virale avait engendré un déferlement de haine. Des insultes, des menaces, du harcèlement. Treize prévenus comparaissent ce jeudi après-midi à Paris pour menaces de mort ou harcèlement contre Mila. En janvier 2020, cette adolescente originaire d’Isère s’était lâchée sur les réseaux sociaux. Depuis la diffusion de cette vidéo, elle a reçu plus de 100 000 messages haineux. Mila a aujourd’hui 18 ans et sa vie a changé. Que devient-elle ? Que fait l'Éducation nationale pour l'accompagner ? Certaines informations doivent rester confidentielles mais nous avons pu retracer son parcours. 

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Le nom de son lycée tenu secret 

En janvier 2020, Mila redouble sa classe de seconde au lycée Léonard de Vinci à Villefontaine dans l'Isère. Mais après sa vidéo contre l'islam, il lui est impossible d'y retourner. Le nom et l'adresse de l'établissement circulent sur les réseaux sociaux. La jeune fille suit les cours à distance quelques semaines, pendant que l'Éducation nationale cherche à la rescolariser. Une solution est trouvée en février. Le nom de son nouvel établissement est tenu secret pour des raisons de sécurité. Il s'agissait de l'école des pupilles de l'Air, un lycée de l'Armée de l'air à Montbonnot, près de Grenoble à plus d'une heure de Villefontaine. 

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Mila y est interne de février à novembre 2020, jusqu'à ce qu'elle donne par mégarde le nom de cet établissement sur les réseaux sociaux. Le ministère des Armées considère alors qu'elle ne peut plus y rester sans faire courir un risque aux 750 élèves. Le père de Mila accuse le lycée militaire de s'être débarrassé de sa fille au premier prétexte. L'instruction à domicile semble désormais la seule solution. Mila dit elle-même qu'elle n'a jamais aimé l'école, souffrant de problèmes de concentration. 

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Un inspecteur et six enseignants dédiés

En janvier 2021, le rectorat de Grenoble qui la suit décide de travailler avec elle et sa famille sur son projet d'orientation. Elle est en classe de première technologique mais ne souhaite pas poursuivre dans cette voie. Elle veut intégrer une nouvelle filière à la rentrée prochaine. Le rectorat déploie depuis février une équipe pour l'accompagner dans cette réorientation : un inspecteur pédagogique dédié est chargé chaque semaine d'établir l'emploi du temps de Mila et six enseignants interviennent à tour de rôle soit à son domicile soit à distance. 

Un programme sur-mesure est proposé à la jeune fille. Les professeurs qui viennent de différents établissements, tous volontaires, ont été minutieusement choisis. Ces cours doivent permettre à Mila d'avoir le niveau pour la filière qu'elle vise. Une filière qu'elle pourrait suivre éventuellement en apprentissage l'année prochaine. Mais pour l'instant aucune décision n'a été prise : la jeune fille, qui vient d'avoir 18 ans, doit-elle revenir dans un établissement scolaire ? Le rectorat est prudent car les décisions judiciaires et la parution d'un livre écrit par Mila pourraient relancer les vagues de harcèlement qu'elle subit. Publié prochainement, son livre est intitulé "Je suis le prix de votre liberté".