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Comment les vaccins peuvent s'adapter aux variants du Covid-19

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Les laboratoires expliquent qu'il faut 60 à 100 jours pour sortir un vaccin adapté à de nouveaux variants
Les laboratoires expliquent qu'il faut 60 à 100 jours pour sortir un vaccin adapté à de nouveaux variants
© AFP - Fabian Sommer / DPA

L'arrivée du variant Omicron rebat les cartes des vaccins, car son grand nombre de mutations fait douter de la capacité des vaccins actuels à le neutraliser. On saura dans quelques jours s'il est nécessaire d'adapter les vaccins. Si c'est le cas, comment fait-on, et combien de temps cela peut-il prendre ?

On le sait, les vaccins actuels contre le Covid-19 ont été fabriqués sur la base du virus originel, avant même l'arrivée du variant Delta (mais sont restés en grande partie efficaces contre ce dernier). Avec le variant Omicron, les choses sont moins sûres : il compte plus de mutations sur la protéine Spike, ce qui fait planer le doute sur l'efficacité des vaccins actuels.

Si cette différence d'efficacité est avérée, que devront faire les laboratoires ? Pour que leurs nouveaux vaccins soient efficaces, ils devront cibler les parties de la protéine Spike sur lesquelles les mutations sont apparues.

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Une période de tests à effectuer

Dans le cas d'un vaccin à ARN Messager, il suffit donc de modifier la séquence d'ARN que l'on injecte au patient, pour qu'elle code non plus la protéine Spike originale, mais la protéine Spike mutée. Cette étape n'est pas longue, elle prend une quinzaine de jours tout au plus.

Mais alors pourquoi les industriels, Pfizer et Moderna, parlent-ils de 60 à 100 jours pour s'adapter ? C'est parce que la deuxième étape est plus longue : il faut fabriquer le vaccin en grande quantité, le tester, vérifier qu'il n'y a pas de toxicité chez l'homme, et tout cela prend du temps, même si on ne refait pas tous les essais cliniques de A à Z.

"Même s'il y a très peu de risques que ce soit toxique, ce petit bout que l'on va mettre, il faut vérifier son innocuité avant de l'utiliser. Même si ce ne sont que 10% nouveaux dans quelque chose qui est à 90% déjà utilisé, il faut vérifier", explique Frédéric Altare, immunologiste.

Vers des vaccins ciblant plusieurs protéines ?

Les vaccins ARN sont les plus simples à adapter, car les autres technologies, qui nécessitent de fabriquer des particules virales, sont forcément plus longues.

Autre piste, si des variants coriaces étaient appelés à se multiplier : les vaccins dits pluri- ou multivalents. Ces vaccins pourraient cibler plusieurs protéines Spike à la fois, mutées de différentes façons. Ils pourraient aussi cibler d'autres protéines du virus, de sorte que si l'une d'entre elles s'est modifiée, l'organisme pourra en reconnaître d'autres, qui, elles, n'auront peut-être pas muté. Plusieurs laboratoires dans le monde sont déjà en train d'y travailler.