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Compter les hirondelles de Loire-Atlantique pour mieux les protéger

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Les populations d'hirondelles ont perdu 40% de leurs effectifs depuis la fin des années 80 en France
Les populations d'hirondelles ont perdu 40% de leurs effectifs depuis la fin des années 80 en France
© Radio France - Béatrice Dugué

Que sont les hirondelles devenues ? Leurs populations ont diminué d'environ 40% en France en 30 ans. L'Association pour la connaissance et la recherche ornithologique de Loire-Atlantique (ACROLA) cherche à vérifier où en sont les effectifs aujourd'hui. Et à mettre en place ensuite, des mesures de protection.

L'Association pour la connaissance et la recherche ornithologique de Loire-Atlantique lance, jusqu'en juillet prochain, un comptage des hirondelles dans le département. Une démarche de science participative, joliment baptisée "les ailes du printemps". Vous êtes invités à signaler les nids d'hirondelles que vous voyez sous vos appentis et autres dessus de fenêtres. Vous pouvez préciser s'ils étaient là les années précédentes ou non.

Un HLM à hirondelles

Quelles soient des hirondelles "rustiques" (à gorge rouge)", ou "de fenêtre" (à gorge toute blanche), elles souffrent de la destruction de leurs habitats : vieilles granges réhabilitées, nids détruits. Cela est vrai en France mais aussi dans les pays d'Afrique d'où elles arrivent. 

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Chez Vincent Miault, agriculteur au hameau du Vieux Pont à Donges, elles se plaisent manifestement. "C'est un HLM à hirondelles ici", rigole-t-il, pendant qu'Hubert Dugué, ornithologue à l'ACROLA, compte les nids. "Ici, un troisième... là un quatrième... Il y en a un derrière vous où j'ai vu des petits", glisse Vincent Miault. Au total, on dénombre une bonne demi-douzaine de nids maçonnés ou en cours de construction dans l'atelier. 

L'agriculteur a même ménagé un petit trou dans la porte en zinc pour permettre aux hirondelles de rentrer quand elle est fermée. Elles volettent, manifestement pas trop effarouchées par la présence des deux hommes. "On voit bien que la présence humaine ne les dérange pas trop", raconte Vincent Miault. "Peut-être qu'elles savent aussi qu'on ne leur fera pas de mal. Cela m'est arrivé d'en trouver coincées ici dans ce local, et de les prendre tranquillement pour les relâcher, qu'elles arrêtent de se cogner dans les carreaux". Certains des nids tiennent en appui sur des poutres ou sur les barres lumineuses.

Hubert Dugué ornithologue à l'ACROLA, présent l'opération de comptage des hirondelles de juin-juillet 2020
Hubert Dugué ornithologue à l'ACROLA, présent l'opération de comptage des hirondelles de juin-juillet 2020
© Radio France - Béatrice Dugué

Une espèce protégée

Cette abondance est toutefois un peu trompeuse. Les beaux mois de mars et avril ont, hélas, asséché toutes les mares du secteur et différé l'éclosion des insectes, constate Hubert Dugué : "Vous, les agriculteurs, vous aviez besoin d'eau. C'est bien : il pleut en ce moment. Mais là, maintenant, il faudrait à nouveau qu'il fasse beau pour qu'il y ait des insectes." L'ornithologue voit les hirondelles tourner, traîner longtemps sur les marais pour trouver le peu d'insectes qu'il y à manger.

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Il regrette en parallèle la destruction des nids par certains propriétaires qui ne supportent pas les déjections des petits oiseaux. "C'est une espèce protégée", rappelle-t-il. Pendant que les hirondelles continuent de tourner pour aller nourrir leurs petits, le scientifique ajoute : "Œuvrons pour que demain elles soient encore dans notre paysage et dans notre ciel". Et pour cela, les compter est un bon début. 

Votre contribution est attendue sur le site de l'ACROLA.

Un nid d'hirondelle en cours de construction dans une grange
Un nid d'hirondelle en cours de construction dans une grange
© Radio France - Béatrice Dugué